Observations reproduites en partie par Priscien, XVII
ticaux, aujourd'hui familiers à l'intelligence de nos plus jeunes écoliers.
« L'adjonction de deux articles à un même mot n'est pas inadmissible. On peut dire ὁ rarho ὁ ἐχείνου, et dans cette locution il est évident que les deux articles se rapportent à πατήρ ; comment, en effet, le pronom ἐχείνου, qui, de sa nature, n’admet pas l’article , pourrait-il admettre, étant au génitif, un article au nominatif ? Il en sera de même si c’est un nom qui est au génitif : Ὁ δοῦλος ὁ τοῦ Ἀριστάρχου πρὸς ἐμὲ ἦλθεν, « L'esclave d’Aristarque est venu vers moi.» Là, en effet, le génitif ᾿Αριστάρχου ἃ son article propre, qui est τοῦ; les deux autres articles se rapportent donc à un seul nominatif; d'où il résulte que dans ὁ πατὴρ ὁ ἐμός le second article ne se rapporte pas nécessairement au pronom ἐμός ; » ce que l'auteur a déjà démontré d'une autre manière dans le chapitre précédent... « Quand le pronom se place avant le nom, il ne peut recevoir qu'un article. Exemple : ὁ ἐμὸς ἀγρός où δοῦλος. Mais quand c’est le nom qui commence, alors il peut y avoir deux articles, comme dans ὁ δοῦλος ὁ ἐμός, chacun de ces deux articles marquant une relation différente. Ainsi ὁ δοῦλος veut dire : tel esclave dont l'idée est préconcue, et non pas un autre; et ὁ ἐχείνου l'esclave de tel maitre dont l'idée est préconcue, et non d'un autre... De là aussi, en pareil cas, l'emploi de trois articles, comme dans ὁ gîos ὁ τοῦ ἀνθρώπου : le premier montre qu'il ne s'agit pas d'un autre ami que de l'ami déjà connu; le second, qu'il n'est pas l'ami d'une autre personne que de la personne déjà connue, et c'est à celle personne que se rapporte le troisième article τοῦ, Dans la locution : ὁ πατὴρ ὁ τούτου, on n'ajoute pas l’article τοῦ, ni dans la
locution : ὁ πατὴρ ὁ éxeivou, parce que les pronoms ἐχείνου et τούτου, étant démonstratifs, ne peuvent, comme nous l'avons vu, recevoir l’article. Il en est de même dans les constructions comme : ὁ πατὴρ ὁ ἐμός. En effet, le pronom possessif ἐμός implique un pronom personnel avec lequel même il peut s’échanger, comme dans ὁ πατήρ po’. Ajoutons qu'un adjectif déclinable s’attachant à un nom appellatif et prenant l'arucle au commencement de la phrase, interdit l'insertion de l'article devant le nom appellaüf. Ainsi on peut dire : ὁ ἄνθρωπος ὁ ἀγαθός, mais non pas ὁ ἀγαθὸς ὁ ἄνθρωπος....; et voici évidemment la raison de cette différence. Puisque les noms adjectifs se rapportent aux noms substantifs, et non pas ces derniers aux adjectifs (par exemple, ἄνθρωπος n’appelle pas λόγιος, mais λόγιος appelle ἄνθρωπος), il arrive que la relation que renferme ὁ λόγιος a pour objet ἄνθρωπος ; et de même qu'après λόγιος on ne peut pas répéter le même adjectif λόγιος, de même on ne peut pas, dans ὁ λόγιος ἄνθρωπος, répéter l’article devant ἄνθρωπος, la relation [que cet article exprimerait | ayant déja été exprimée par l’épithète λόγιος. » Voilà encore une de ces démonstrations dont le tour est obscur, mais qui, au fond, sont parfaitement justes. Dans ὁ ἄνθρωπος ὁ λόγιος, les mots ὁ ἄνθρωπος montrent qu'il s’agit d'un certain homme; ὁ λόγιος le détermine mieux encore par l'idée d’éloquence. Maïs si ὁ λόγιος sont d’abord énoncés, la répétition du mot ὁ devant ἄνθρωπος reste sans objet et sans effet, puisque ἄνθρωπος est déja doublement déterminé. Les règles de la syntaxe grecque ne sont donc pas ici l'œuvre