Voyez, par exemple, Hermés
9. Cest ainsi qu'il considère, p. 215, l’article comme un mot primitif, à peu près selon l’opinion de Pabbé Girard (Frais
conviail son auteur méme, aux sources de l'excellente doctrine que nous venons d'exposer.
On trouvera peut-être que je m'arrête bien longtemps sur celte controverse. Mais n'est il pas intéressant et utile de se donner quelquefois, méme en de très-petites choses, ce spectacle de l'esprit humain oubliant et rapprenant tour à tour les mêmes vérités, et sans cesse refaisant la tâche déjà faite. 1 est rare que le travail des siècles se continue sans lacune et qu'une génération reprenne la science au point précis où l'a laissée la génération précédente, L'érudition, faut-il l'avouer ? est trop souvent cause de ce mal; trop souvent, elle accumule sans choix les souvenirs et les textes, et elle dégoüte les esprits vraiment inventeurs qui ne cherchent que les idées pour sen nourrir et sen inspirer. Mais les gens d'esprit, à leur tour, sont trop dédaigneux des recherches de l'érudition ; ils ne songent pas assez quelle peine ils s'épargneraient, chaque fois qu'ils se proposent un nouveau problème, en cherchant d'abord avec plus de soin ce que d'autres ont pu en savoir avant eux.
Principes, Dise. H, p. 44), et de Court de Gébelin {Histoire naturelle de la Parole, WA,1,252), Aucontraire, M. Séguier de Saint- Brisson, qui s'est heureusement inspiré d'Apollonius (la Phitos. du Langage exposée d'après Aristole, p.102), observe avec rai son : « En placant l'article en tête des parties du discours, evidemment les grammairiens modernes se sont mépris sur la marche progressive de l'esprit humain dans la création du langage. Cette conception est venue la dernière, et plusieurs ne s'y sont jamais élevées. Pour celles qui font usage de l’article, il est facile de marquer l'époque où il s'est introduit. »
142 APOLLONIUS DYSCOLE. — CHAP. V.