Priscien, Π, ὁ, p. 67; XI, éxitio
2. Bekker, Anecdota gr., p. 882 : ἸΙχραλάβωμεν τὰ νῦν χαὶ τὸν ᾿Απολλωνίου ὅρον ἐντελῶς ἔχοντα" “Déua ἐστι μέρος λόγου ἐν ἰδίοις μετασχυματισμοῖς διαφόρων χρόνων δεχτιχὸν (ϑειχτιχὸν ?) μετ᾽ ἐνεργείας À πάθους, προτώπων τε καὶ ἀριήμῶν παραστατιχόν, ὅτε χαὶ τὰς
“Ψυχῆς διαθέσεις δηλοῖ, Priscien, sur ce sujet, s'écarte beau-
d’Apollonius ; et si nous n'avions pas d'autre auteur que ui à consulter, nous connaîtrions mal la doctrine de son maître : « Verbum est pars orationis cum temporibus et modis, sine casu , agendi vel patiendi dethcutivum. Hac enim finitione tam finita quam infinita verba comprehenduntur. Neutra enim quæ
dicuntur, absoluta et deponentia omnimodo naturaliter vel in actu sunt, vel in passione, » Lib. VIIL, ἐνέείο, Mais c’est évis ν᾿
148 APOLLONIUS DYSCOLE, — CHAP. V.
Ces lignes vont s’éclaircir tout de suite par le commentaire, d’ailleurs un peu trop admiratif, du scholiaste :
«Cette définition est de tout point excellente, sans excès ni défaut. Si Apollonius dit que le verbe exprime les divers temps par des formes qui lui sont propres, c'est à cause des adverbes de temps, qui eux aussi désignent les époques de la durée, comme aujourd'hui, demain, hier, mais qui ne les expriment pas par des changements dans leur propre forme. Or, il faut remarquer avec soin que, dans le verbe, cest un même mot, qui se changeant et se transformant, s'adapte aux temps, aux personnes el à toutes les idées accessoires du verbe: j'écris, j'écrivais, J'écriwts, tandis que dans la classe des adverbes, les mots sont différents pour exprimer des temps différents. Apollonius ajoute que le verbe représente [68 personnes et les nombres, et cela seulement lorsqu'il exprime aussi les dispositions, c’est-à-dire les divers états de l'âme ; il veut par là que l’on y comprenne les infinitifs qui, n’exprimant aucun mouvement de l'âme, ne représentent ni les personnes, ni les nombres. Les commentateurs * confirment cette expli-
demment à limitation d’Apollonius qu'est écrite cette définition du verbe dans un opuscule conservé par le manuscrit de Coislin, n° 387 (Cramer, A4recd. Par., vol, IV, p. 216): Ῥῆμά ἐστι μέρος λόγου ἄπτωτον, ἐν ἰδίοις μετασχηυατισμοῖς διαφόρους χρόνους δηλοῦν, μετ᾽ ἐνεργείας ἢ πάθους ἢ οὐδετέρου, προσώπου σημαντικχοῦ (corrigez : προσώπων σημαντικόν), ὅτε τὰς τῆς ψυχῆς διαθέσεις δηλοῖ, Définition reproduite, avec une légère variante (ἔστι δὲ avant προσώπου), dans la Syntaxe de Michel Le Syncelle, dont il sera parlé plus bas, à la fin de notre chapitre σαὶ.
1. Où ὑπομνηματισταί. Témoignage que nous avons relevé et explique ci-dessus, p. 41.
cation, et ils disent qu'Apollonius insiste sur ce sujet pour que nous comprenions les iufinitifs ;;armi les verbes, les infinitifs étant des mots qui precisément n'expriment pas les états de l'âme et ne distinguent pas les personnes. »
Apollonius, en eflet, suivant, à cet égard, une opinion des Stoiciens, voyait dans linfinitif Pessence même du verbe; il y trouvait l'idée verbale dans toute sa pureté, sans la complication des personnes, des nombres et des dispositions de l'âme. Attribuant au verbe, pour caractère propre, de marquer l'activité ou la passivité', il montre au moyen d’une analyse très-subtile, que linfinitif, simple signe de l'activité ou de la passivité, est compris dans toute expression verbale à un mode personnel. Ainsi : « Tryphon se proméne, » est pour ; « Je détermine ou je déclare Tryphon se promener ; » la locution optative περιπατοίη Τρύφων esl pour εὔχομαι περιπατεῖν Τρύφωνα ; enfin l'impératif : « Que Tryphon se promène, » est pour « J'ordonne Tryphon se promener.» EL voilà pourquoi, selon lui, linfinitif n'a ni personnes, ni nombres, ni terminaisons pour exprimer les divers états de l'âme : c'est qu'il exprime le fait, qui est un et invariable”, Nous dirions au-
4. Synt., I, 3 : Τοῦ ῥήματος ἀναγκαίως πρόχειται τὸ ὄνομα, ἐπεὶ τὸ διατιθέναι χαὶ τὸ διατίθεσθαι σώματος ἴδιον, τοῖς δὲ σώμασιν ἐπί-χεῖται À θέσις τῶν ὀνομάτων, ἐξ ὧν ἡ ἰδιότης τοῦ ῥήωχτος, λέγω τὴν ἐνέργειαν χαὶ τὸ πάθος. De là vient qu'il appelle, à l'exemple des Stoïciens, l’infinitif ῥῆμα γενιχόν ou γενιχώτατον, le verbe par excellence. Syac., ΠῚ 13. Priscien, VIH, 13; XVII, 4.
2. Synt., 1, 8, et 1|, Ὁ. Dans le premier de ces deux passages, περιπατεῖ Τρύφων est résolu en : ὡρίσατο περιπατεῖν Τ᾿ ρύguva, οἱ pas δρίζομαι π᾿. T. Il en est de mème pour les exemples s ts, sans qu'on s'explique bien ici l'emploi de l'ao
150 APOLLONIUS DYSCOLE. — CHAP, V.
jourd’hui qu'il exprime l’idée de l’attribut , laquelle est étrangere, par sa nalure , à toutes ces modifications.
Au reste, comme l'idée d’un fait, πρᾶγμα, n’est pas étrangère à celle du temps, il est naturel que l'infinitif marque les divers moments de la durée, et que, par exemple, il prenne un redoublement pour exprimer le parfait ou l’action accomplie.
Tryphon, au contraire, se fondant sur le caractère abstrait de l’infinitif et sur ce que, précédé d’un article , il prend souvent le rôle d’un véritable substantif, se refusait à l’admettre parmi les modes du verbe; il ne voulait l'appeler que rom de verbe ou nom verbal, ὄνομα ῥήματος.
La question était donc posée déjà, dans les écoles anciennes, comme elle l’a été depuis par nos grammairiens ; mais ceux-ci ont le mérite de l'avoir résolue par une distinction qui d’ailleurs était facile, Ils ont observé que le nom abstrait désigne l’action ou la maniere d’être, sans aucune idée accessoire , tandis que l'infinitif la désigne comme existant dans un sujet quelconque ἡ. Mais, en général, cette idée du
riste. Au contraire, dans le second passage , le mode personnel employé par Apollonius est au présent, ce qui est beaucoup plus naturel. Remarquez d’ailleurs que δρίζομαι répond naturellement en grec au nom du mode indicatif ἔγχλισις δριστιχή.
1. Synt., II, 15: Περὶ où (drapeupdrou) πᾶσαν dxpléetav εἰσηνεγχάμεθα ὡς ἔστι γενικώτατον τῶν ἄλλων ῥημάτων" πρὸς οἷς χαὶ διπλασιάζεται, ὅπερ ἴδιον ῥημάτων. ὡς ἐν τῷ γεγ ραφένα: χαὶ τοῖς δινοίοις.
2. Silvestre de Sacy, Gramm. M Ρ. 152, troisième édition, Court de Gébelin, Hést. nat. de la parole, p. 309, éd. Lanjuinais « Ce mode est d’une nature différente des autres; 1] ne se lie point comme ceux-là d’une manière déterminée à l’une où l’autre des personnes, mais simplement avec l’idée indéter-
sujet grammatical semble n'avoir jamais été neltement déterminée par les anciens. Apollonius n'a, pour l'exprimer, aucun mot particulier dans son style de grammairien; le mot ὑποχείμενον n'y répond pas exactement, car il 5 ‘applique aussi bien à l'objet de la pensée qu'au sujet du verbe ou de la proposition. L'idée du complément ou régime n'a pas non plus chez lui d'expression propre; il ne distingue d'ordinaire le sujet et le régime que par leur place respective ou par la différence de leurs flexions casuelles', comme on le voit fréquemment, surtout dans les passages que nous aurons bientôt occasion de citer. Mais, si imparfaite quelle soit pour le fond et pour la forme, sa théorie du verbe ne mérite pas moins d'être examinée avec attention. S'il n'a pas marqué nettement la différence du nom abstrait et de l'infinitif, et s’il attribue à ce dernier mot une importance exagérée dans le système de la conjugaison, cela vaut mieux encore, je pense, que de l'assimiler à un adverbe, comme avaient fait avant lui quelques grammairiens. Cette idée étrange est réfutée dans un chapitre de la Syntaxe, que mous citerons en entier, parce qu'il met bien en lumière les procédés souvent étranges de la méthode d'Apollonius, et parce qu'il nous fait pénétrer plus avant dans sa doctrine sur le verbe’,
minée et générale de personnalité... » Il est vrai que cet auteur
ajoute bientôt : « Supposant toujours l’idée de personne, mais
n'étant accompagné d'a des trois personnes, l'infinitif de
vient un mot abstrait qu’ ut considérer comme un nom, » 1. Voyez toutefois, Srae., 1, 32, où il désigne le sujet par le
mot εἰ le régime par celui de patient; et, plus bas, p. 155. 2. Sr + 43.
152 APOLLONIUS DYSCOLE. — CHAP. V.
« Quelques grammairiens doutent si l’infinitif est un mode et même s’il fait partie du verbe. Pourquoi, en effet, les infinitifs ne seraient-ils pas plutôt des adverbes dérivés du verbe ἢ 1l y ἃ quelques raisons à l'appui de cette idée.
« Les verbes ont pour attribut essentiel d'exprimer la disposition de l'âme, ce qui manque aux infiniüfs, et de recevoir des terminaisons diverses pour les nombres et les personnes, propriété dont l'infinitif est également privé; voilà aussi pourquoi le participe, qui n’a aucun des caractères que Je viens de dire, n’est point admis dans la classe des verbes. En effet, ce n’est pas le changement des temps ou a différence des voix, qui suffira pour ranger l’infinitif parmi les verbes, puisque ces propriétés lui sont communes avec le participe, qui, tout en les possédant, n’est pas pour cela une partie du verbe.
« Mais enfin , quelle serait la raison d’en faire un adverbe ?
« C'est que, tandis que l’on ne peut rapporter deux modes de suite à une seule et même personne, comme par exemple dans : Γράφεις λέξαις, ou dans telle autre construction également impossible, nous disons, au contraire : Θέλεις γράφειν ‘. Or, c'est une propriété de l’adverbe de se placer avant ou après le verbe auquel on le rapporte; et, en effet, les deux
1. Macrobe, de Differentiis et societatibus græct latinique verbi,
c. 19, p. 323, éd. Bip. « Infinitum modum, quem ἀπαρέμφατον dicunt, quidam Græcorum inter verba numerare noluerunt, quia nullius ἐγχλίσεως verbum, verbo alterius junctum, efficit sensum : quis enim dicat : Bouhotunv λέγω. ... aparemphatum vero, cum quolibet modo junctum, facit sensum : Θέλω yo4- Ἢ
locutions précédentes sont comme celles-ci: Ἑλλυνιστὶ λέγω, λέγω ἑλληνιστί, GÙ ἑλληνιστί avec λέγω complète un sens, comme fait γοάφειν avec θέλεις. De méme que les adverbes s'accordent avec tous les nombres, de même on peut dire avec un infinituf : Γράφειν Du ou θέλομεν. De même que les infinitifs sont indifférents à la distinction des personnes : Ἑλ)ληνιστὶ λέγω ou λέγεις, de méme on peut dire avec un infinitif : l'oigeu θέλω où θέλεις. D'un autre côté, siles adverbes se dérivent quelquefois des verbes, comme ce même mot ἑλληνιστί se dérive d'Emile, rien n'empêche que γράφειν ne se rattache de cette facon à γράφω ; la différence des temps ne s'y opposera pas, car ce genre d'adverbes peut exprimer les variétés du temps, comme on le voit aussi dans les participes. Davs les participes, en effet, à γράφω correspond γράφων, à ἔγραψα, γράψας, et de la même manière à γράφω répond γράφειν, à ἔγραψα répond γράψαι.
« On peut réfuter toutes ces raisons.
« D'abord, en ce qui concerne les constructions comme θέλω γράφειν et autres semblables, ce n'est pas une règle générale de ne jamais rapporter des modes différents à une même personne, car nous faisons bien rapporter un subjonctif et un impératif à la même personne dans : ᾿ὰν ἀναγινώσχης, πρόσεχε, st lu ls, fais attention. Ajoutez que la construction infinitive n’est pas non plus d'un usage général; car on dit bien : Je préfère lire, ou j'aime écrire ; mais on ne dira pas : Je ris écrire ni Je boite écrire, ce qui serait permis si l'infinitif un simple adverbe. Or voici la raison de cette différence entre les deux construclions. Parmi les verbes , les uns comprennent l'idée d'un sur lequel reposent le mode indicatif et
les autres modes, comme dans : j’écris, je rame, je frappe. D'autres verbes n’expriment qu'une simple intention sans acte, comme dans : 76 veux, je désire. Ce qui manque à ces derniers est complété par l’addition d’un signe de l'acte, et ce signe n’est autre chose que l'infinitif en question, qui est la forme la plus générale du verbe : Je veux-marcher où je veux-écrire'. Ceux, au contraire, qui dans leur définition renferment l’idée de l'acte même, n’ont pas besoin de s’adjoindre un infinitif,. Frapper étant compris dans 76 frappe, il est superflu d'y joindre le signe d’un autre acte, comme dans : Je frappe écrire. 1] n'en est pas de même dans : Je veux écrire.
« Comme nous l'avons dit, le mode infinitif est la forme la plus générale du verbe, puisqu'il manque nécessairement des caractères discutés ci-dessus. D'abord, il n'a pas le nombre*, qui n’est point une propriété inhérente au verbe, mais un caractère accessoire des personnes qui prennent part à l'acte marqué par le verbe. L’acte en lui-même est unique,
4. Synt., 1Π, 13, p. 228 : Τῶν ῥημάτων ἃ μέν ἐστιν ἐμπεριεχτικὰ πραγμάτων ἐφ’ ἃ xal ἣ δριστιχὴ ἔγχλισις ἀπερείδεται χαὶ af ὑπόλοιποι, ὡς τὸ γράφω, ἐρέσσω, τύπτω ἃ δὲ αὐτὸ μόνον προαίρέσιν ψυχῆς ὁρίζεται, ἐλλείποντα τῷ πράγματι, ὡς τὸ θέλω, βούλομαι, προθυμοῦμαι" ἃ δή, ὡσπερεὶ χενὰ ὄντα, ἀναπληροῦται τῇ τοῦ πράγματος παραθέσει, ὅπερ oùx ἄλλο τί ἐστιν ἢ τὸ προχείμενον ἀπαρέμφατον, γενικώτατον καθεστὸς τῶν ἄλλων δημάτων.... θέλω περιπατεῖν, βούλομαι γράφειν. De là le terme προαιρετιχὸν ῥῆυα, très-usité chez Apollonius et chez les autres grammairiens grecs.
2. ᾿Αναγκαίως λείπουσα τοῖς προδιχαπορηθεῖσι, τῷ πουρεπομένῳ ἀριθμῷ, ὅς, etc. On croirait que l’auteur commence l’énumération de ces qualités accessoires, mais il abandonne ce tour de phrase et reprend, deux lignes plus bas : Αὐτὸ γὰρ τὸ πρᾶγμα ἕν ἐστι τὸ γράφειν, τὸ περιπατεῖν, ὅπερ ἐγγινόμενον ἐν προσώποις ποιεῖ τὸ περιπατῶ, τὸ περιπατεῖτον, τὸ περιπατοῦσιν.
écrire, marcher ; en s'appliquant à des personnes , il produit περιπατῶ, περιπατεῖτον, περιπατοῦσιν. Eneffet, il n'est pas vrai que le verbe soit par lui-même susceptible des personnes; elles n'y sont qu’une propriété accessoire. C'est le sujet agissant qui peut être à la première, à la seconde ou à la troisième personne; mais le verbe lui-même se rapporte indifféremment à toutes les personnes et à tous les nombres. On peut même dire que le verbe n'exprime pas en lui-méme les dispositions de l'âme, mais que c'est la personne agissante qui exprime ses dispositions par le moyen du verbe; de sorte que les verbes qui n'ont pas encore reçu la forme personnelle |c'està-dire les infinitifs,] n'expriment pas non plus les dispositions de l'âme particulières aux personnes. Au contraire, le propre du verbe, c'est d'exprimer par ses transformations la différence des temps et celle des trois voix, active, passive et moyenne. Or, ces propriétés se trouvent dans ce que j'appelle le verbe le plus général, dans linfinitif.
« Mais si l'infinitif est indéterminé, comment peut-il déterminer toutes ces choses? [Le voici|" :
« On peut concevoir le nom, en général, dans sa
4, Ἐπεὶ εἴπερ τὸ φύσει ἦν ἀπαρέμφατον, πῶς ταῦτα παρεμφαίνει: “Ἔστι γοῦν ἐπινοῦσαι, εἴς, Les mots ἐπεὶ εἴπερ me semblent corrompus, car l’auteur cherche évidemment à expliquer comment le mode indéfini par excellence peut exprimer et définir les divers temps et les diverses voix, Pour cela, il va comparer les deux modifications dont l'infinitif est susceptible, avec les cas et les genres dont un un est susceptible ; de même, maintenant, qu'un nom passe du primitif au patronymique ou au possessif, de méme, selon la pensée d’Apollonius , le verbe passe de l'infnitif aux autres modes; de même , en effet , que le primitif pliqué dans les formes nominales qui en dérivent,
forme primitive ou commune", avec les modifications accessoires du cas et du genre qui lui conviennent; on peut le concevoir plus spécialement dans le sens patronymique ou possessif, ou dans les autres sens ; et personne n’oserait refuser d'admettre comme nom celui qui n’est ni patronymique ni possessif, ou quelque chose de pareil. C’est de la même manière que nous admettons l'indicatif, l'optatif et les autres modes | personnels], comme des espèces du verbe général, [c’est-à-dire de linfinitif,] qui luimême ne cesse pas d’être verbe parce qu'il n’exprime aucun de ces sens particuliers.
«On peut encore démontrer la chose comme il suit ? :
« Tout mot dérivé se résout en deux éléments, le mot primitif et un mot qui a même sens que la la terminaison. Ainsi Ἑχτορίδης équivaut à Ἕχτορος el υἱός, γοργότερος ἃ γοργὸς μᾶλλον " ἵππων équivaut a
de même linfinitif est impliqué dans les autres modes. Je lis donc dans le grec ὅπερ εἴπερ ou ὅπερ ei, et je traduis d’après cette correction. La traduction latine de Portus dit : « Nam si natura esset infinitum, quomodo hæc indicaret? Licet ego nomen, etc. » Ce qui rend la liaison des idées fort obscure. D’ailleurs γοῦν n’est pas synonyme de οὖν, mais il annonce ordinairement soit les exemples qu'on va citer, soit une restriction où domine la force de la particule γέ. Voyez Synt., IV, 10, éritio; de PAdv., p. 540, etc.
1. ᾽ν θέσει ἰδία χαταγινόμενον ἢ χοινῇ. Cf. Syrt., IT, 11 : Οὐ δυνάμενα διαψεύσασθαι τὴν ἰδίαν θέσιν τῶν ὀνομάτων, τὰ δήματα ἐπισπᾶται αὐτὰ ἐχ τρίτου χατὰ τὸπρῶτον, ὅτε φαμὲν ᾿ Τρύφων ὀνομάζομαι. 1,19 : Ἔν θέμασι χαταγίνεσθαι. IT, 6 : Διὰ τοῦτο οὖν À ἐμοῦ οὐ χλιθεῖσα, γενομένη δὲ ἐν θέματι. Π1, 28 : Καὶ αὐτοὶ οἱ σύν- Ôsouor ἐχ τῆς ἰδίας παρεμιψάσεως τὴν θέσιν τοῦ ὀνόματος ἀνεδέ-ξαντο, etc.
2, J’abrége un peu le texte de ce passage.
[οἴχεμα!] ἵππους συνέχον. Il serait inutile de multiplier les exemples, le principe étant évident. Or c'est de la même maniere que tout mode se résout en un infinitif plus un mot ayant le même sens que la terminaison de ce mode. Ainsi περιπατοῖμι équivaut à ηὐξάμην περιπατεῖν. Comment donc exclure de la classe des verbes linfinitif qui fait le fond de tous les autres modes ?
« Je n'oublie pas que, dans un autre écrit, d'accord avec quelques grammairiens, j'ai admis l'indicatif comme le premier des modes. Mais un examen attentif de cette question m'a fait changer d'avis, sans méconnaitre toutefois que nous commencons la conjugaison par l'indicatif, non parce qu'il est le premier, mais parce qu'il est le plus en vue, le plus usité, le plus utile à nous montrer les coincidences de terminaisons, les alongements et les figures dont le verbe peut être affecté; sans voir non plus une objection dans cette circonstance que le mode infinitif est moins riche en avantages de ce genre : en effet, les mots primitifs, [et l'infinitif est un de ces mots primitifs,| sont toujours moins abondants en formes que les mots dérivés. »
A ces observations sur l'indicatif, Apollonius ajoute
1. Τὰς ἐγγινομένας συνεμπτώσεις. C’est le sens ordinaire du verbe συνεμπίπτειν et du nom συνέμπτωσις, qui en est dérivé, dans Apollonius. Par exemple, le génitif pluriel de l’article offre une συνέμπτωσις τῶν γενῶν, Voir la Syntaxe, 1, 21; I, 21 ; HI, 25, etc. Ici Apollonius vent dire sans doute que l'indicatif présent se confond, à la première personne du singulier , avec le subjonctif ; à la troisième personne du pluriel , avec le datif pluriel masculin du participe, etc. Les mots συνεμ πίπτοντα sont donc à peu près la même chose que les διόφωνα (Syar., 1, 7; I, * 25 initio) et les ὁμώνυμα, Sur le caractère de l'indicatif, Apollonius Ὁ" plus bas (HE, 29 à la fin) la méme observation.
un peu plus bas que ce mode se peut employer interrogativement et qu'alors 1] change de nom pour s'appeler ἐπερώτησις ΄.
Le nom de l'optatif, εὐχτική, est dérivé du nom même qui signifie un vœu, εὐχή; le sens de ce mode est le même que celui de l'adverbe εἴθε. Aussi quand on ajoute εἴθε à un optatif, il y a pléonasme, à peu près comme lorsque l’on ajoute vai à un indicatif. Au contraire on peut placer εἴθε devant un indicatif, on obtiendra ainsi le sens d’un optatif. Ainsi le vœu s'exprime de deux manières, par l’adverbe, qui en est comme le signe propre, ὄνομα εὐχῆς, et par le mode du verbe, qui exprime en outre l’idée d'une action. De même l’idée de supériorité ou d’intensité, s'exprime par les mots βελτίων, ἄριστος, ἀμείνων, et elle s'exprime aussi par la terminaison des adjectifs, dans λευχότερος, γλυχύτερος. De même l’idée exprimée par ἀλλοθεν se retrouve dans la finale du mot ἰλιόθεν, mais ce dernier renferme, en outre, celle d’un lieu déterterminé. De même enfin dans γράφω le pronom ἐγώ se trouve compris avec le nom de l’action et les circonstances accessoires de temps, de mode, etc. Il y a toutefois des adverbes d'intensité, comme ἄγαν, qui ne répondent à aucune terminaison offrant le même sens. En effet, τάχιστος équivaut à μάλιστα ταχύς, mais il n'y ἃ pas de mot qui réponde à ἄγαν ταχύς". Si Apollonius avait connu la langue latine, certainement il n'eût pas omis de dire ici que, dans cette langue, le comparatif équivaut souvent au
1. Synt., ΠΙ, 24 : Τὴν ἐγχειμένην κατάφασιν ἀποθαλοῦσα μιεθίσταται καὶ τοῦ καλεῖσθαι δριστιχή " εἰς γὰρ ἐπερώτησιν τῶν πραγμάτῶν ἐγχωρεῖ.... καὶ γίγνεται οὕτως ἐπερώτησις.