Gramm. ap. Aldum, Æorti Adonidis, fol
2, ἄγη. 1, 931, 33, 935, 987; 1,8 : LI, 6 et 92, a là in; IV, 8. Les premières pages du XI° livre de Priseien , où d’ailleurs Apollouius est formellement cité ; s'accordent si bien avee les observations éparses dans ces divers passages de la Syntaxe que l’on peut les considérer comme un resume assez fidèle de l'opinion d’Apollonius sur le participe.
3. Priscien, ΧΙ, 4, p. 528 : « Nec solum participium non ab aliqua propria vi, sed ab affinitate nominis et verbi nominatuim est, sed aliæ quoque partes orationis non ab sua vi, sed ab adjunetione quam habent ad nomen vel verbum vocabulum acceperunt, Pronomen enim dicitur quod pro nomine ponitur , ete, »
168 APOLLONIUS DYSCOLE. — CHAP. V.
n'est pourtant ni un nom, ni un verbe. Il n’est pas un nom, parce que les noms ne marquent pas le temps, comme 1ἰ fait, à l’aide de leurs propres transformations ἡ : les noms de temps marquent chacun une seule et même époque de la durée ; le participe, comme le verbe, en peut marquer plusieurs par le seul changement de sa terminaison. En outre, le parücipe a une forme active et une forme passive; enfin il se construit avec les mêmes cas que le verbe lont 1] dérive, tandis que le nom correspondant ne se construit qu avec le génitif ou tout au plus avec le datif”. D'un autre côté, le participe n'est pas un verbe, parce qu'il ne marque pas les personnes et n'exprime pas les divers états de l'âme; en d’autres termes, parce quil na pas de modes personnels ; argument qu’on s'étonne de voir allégué par Apollonius*, puisque ce grammairien considère d’ailleurs
1. « Diversorum temporum assumptio , quæ fit in propriis transfigurationibus , » dit Priscien, traduisant ἐν ἰδίοις μετασχηματισμοῖς , expression habituelle chez Apollonius. Peut-être même possédons-nous la définition de notre auteur, mais un peu altérée, dans une compilation anonyme sur le verbe, parmi les
Anecdota Oxoniensia de Cramer, vol. IV, p. 206 : Ἢ μετοχὴ καὶ τοῦ ὀνόματος μετέχει καὶ τοῦ ῥήματος. Γένει (1. γένη) μὲν καὶ πτῶσις (1. πτώσεις) ἀπὸ τοῦ ὀνόματος, ἐνέργειαν δὲ καὶ πάθος καὶ μεσότητα χαὶ διαφόρους χρόνους ἐν ἰδίοις μετασχηματισμοῖς, ἤγουν ἐν ἰδίαις πλαγίαις τῶν φωνῶν, ἔχει ἀπὸ τοῦ ῥήματος. Les mots ἤγουν jusqu’à φωνῶν paraissent une glose, pour expliquer μετασχηματισμοῖς.
2. Priscien, Zbid., p. 517 : « Omne enim nomen a quocunque verbo natum vel genitivum sequitur casum vel dativum figurate per compassionem, quam Græci συμπάθειαν Vocant, ut : amicus Abus ;0-832.. amicus tllt est. Et nota quod plerumque substantivum verbum, quod Græci ὑπαρχτιχόν vocant , solet adjungi hujuscemodi figuræ. »
3. Synt., IT, 6 : Ταῖς μετοχαῖς προσδίδωσι μὲν ἣ ἐκ τῶν Énμάτων μετάληψις γένος καὶ πτῶσιν καὶ τὸν ἐν τούτοις ἀριθμόν, ἄφαι-
l'infinitif comme la forme essentielle du verbe, et, au contraire, l'expression des divers états de l'âme, comme une fonction accessoire du verbe, rattachée à la propriété de marquer les personnes.
Qu'est-ce donc, en définitive, que le participe ? « C'est une partie du discours, qui se prend pour le verbe, d'où elle se dérive naturellement, qui a des genres et des cas comme le nom, et qui a les qualités accessoires du verbe, moins la distinction des personnes et les modes’. » Pourquoi a-til été inventé ? C’est pour que le substantif püt, à tous les cas, s accorder avec le verbe*. Tandis que, sans le
ρεῖται δ᾽ αὕτη προσώπων διάχρισιν καὶ ψυχιχὴν ἔννοιαν. III, 32 : Ἀλλ᾽ οὐδὲ αἵ μετογαὶ τὸ τοιοῦτον ἀποχλίνουσι (la proprieté de se construire avec le même cas que les verbes), χἂν ἀποβάλωσι τὸν τῶν προσώπων μερισμὸν τάς τε παρεπομένας ψυχικὰς διαθέσεις τοῖς ῥήμασιν. Et il cite pour exemples : Πυμνάζων τοῦτον, opposé à γυμναστὴς τούτου, etc. Cf. 11, 8, où il montre que le participe, en devenant substantif, comme dans ἐρωμένη, εἱμαρμένη, change aussi de syntaxe.
1. Priscien, /bid., p. 319 : « Participium est pars orationis, quæ pro verbo accipitur, ex quo et derivatur naturaliter, genus et casum habens ad similitudinem nominis, et accidentia verbo, absque discretione personarum et modorum, » Les définitions de Port-Royal (IE, 19), de Beauzée (au mot Participe, dans l'Encyclopédie, de Harris (Hermès, 1, 10), etc., sont-elles beaucoup meilleures? On lira avec plus de fruit Girard, Frats principes, 1, p. 65, et surtout S. de Sacy, Gramm, gén., p- 156.
2. Priscien, Zbid., p. 520 : « Participia inventa sunt ut quod deest verbis , id est casus compleant, conjuncta nominibus. » Apollonius, Synt., I, 3 : Καὶ ἡ μετοχὴ δὲ χατὰ τὴν δέουσαν ἀχολουθίαν χατελέχθη μετὰ τὸ ῥῆμα, τῆς τάξεως ἐμφαινούσης τὴν ἐχ τοῦ δήματος μετάπτωσιν εἰς αὐτήν, ὥςγε ἐν τῷ περὶ Μετοχῆς διὰ πλειόνων παρεστήσαμεν ὡς ἀναγχαίως αἵ μεταλήψεις τῶν ῥημάτων ἐγίνοντο εἰς
170 APOLLONIUS DYSCOLE, — CHAP. Y.
participe ; les sübstantifs ne pourraient s’employer avec lui qu’au nominatif, comme dans : « Facio ego bonus, facis tu bonus, facit ille bonus , » à l'aide du participe on peut dire régulièrement : « Bonus homo loquebatur, boni hominis loquentis orationem audivi, bono homini loquenti dedi, bonum hominem loquentem audivi. » Mais ce n'est pas la seule utilité du participe ; 1] sert encore à relier deux verbes entre eux sans avoir besoin pour cela d'une conjoncon. Ainsi on dira : « Lescens disco ÿ pour « ἰδρὸ et disco », ou : « Docente me discis 5 pour « doceo et diseis, » Ici on düit observer que si le participe est au nominatif, il se rapporte à la même personne que le verbe auquel il est joint; au contraire, si le participe est à un cas oblique, il y ἃ transition d’une personne à une autre, à moins toutefois que l’action ne soit réflécliie, comme dans: « Misereor met legentis. » D'un autre côté, de même que deux adjectifs se rapportant à la même personne doivent être réunis par une conjonction, de même plusieurs verbes ou plusieurs participes, s’ils se rapportent à la même personne, comme autant d’accidents d’une même substance, seront réunis par des conjonctions. On dira donc : « Legit et scribit doctor » ou « loquens et currens fecit. » |
Enfin, comme l’'infinitif, le participe a la propriété de se prendre pour tous les autres modes. De même que l’un peut dire : « Scribere me indico » pour «scribo » et i Scribere te étmpero ÿ pour ἃ scribe, » etc.; de même «exponens doce » est pour «ex-
4. Priscien, Zbid., p. 521 : « Quamvis ἃ indicativis deriventur verbis participia , potestate tamen et vi significationis omnes continent modos, »
pone et doce » et « utinam exponens docerern » est pour «utinam exponerem et docerem. » Nous suivons ici avec confiance le texte de Priscien abrégeant Apollonius, car nous voyons ce dernier dans deux passages de la Syntaxe‘ suivre précisément la méme méthode d'analyse, et résoudre, par exemple : Ὁ ἤτολεμαῖος γυμνασιαρχήσας ἐτιμήθη en : Ὁ Πτολεμαῖος μετὰ τὸ γυμβνασιαρχῆσκι ἐτιμήθη, et : Ὁ περιπατῶν κινεῖται en : Εἴ τις περιπατεῖ, χινεῖται, Mais si toutes ces analyses sont légitimes, et elles le sont, je crois, elles prouvent contre Priscien ét contre Apollonius lui-méme combien les Stoïciens avaient raison de rattacher le participe au verbe et de n'en point faire une classe à part, La théorie moderne, qui considere linfinitif et le participe comme des modes impersonnels, et comme les modes de la proposition subordonnée, peut done s'autoriser des observations mêmes des grammairiens anciens plus sainement interprétées *.
La doctrine d’Apollonius sur les temps du verbe nous est mal connue et se réduit aujourd'hui pour nous à quelques remarques sans valeur philosophique, pour la plupart, et d'une subtilité souvent étrange : il suflira de les résumer brièvement ici.
L'indicatif est le mode qui renferme le plus de temps”; de ces divers temps, le présent est le premier et il sert de terme de comparaison pour tous les autres *. L'idée de certains temps est analogue à