Synt., II
4, Synt., I, 3; IV, 1.
172 APOLLONIUS DYSCOLE, — CHAP. V.
celle de certains modes; par exemple, l'impératif et l'optatif sont en intime rapport avec le futur. Cela n'empêche pas que l’on puisse admettre des optatifs et des impératifs du passé, car dans l'ignorance où lon est quelquefois d'un fait accompli, on peut souhaiter qu'il se soit accompli : c’est alors l’optatif du parfait ou de l’aoriste; on peut aussi commander à quelqu'un de ne plus persister dans l’action déjà faite en partie sous nos yeux: c’est l'impératif du parfait ou de l’aoriste*. L'auteur ne paraît pas songer ici qu'entre l'impératif du présent et celui de l’aoriste, la différence est souvent moins rigoureuse, que, par exemple, λῦσον exprime seulement un ordre plus précis et plus déterminé que λύε, comme dans λύειν et λῦσαι on ne retrouve pas toujours l'opposition du présent et du passé. Il démontre ailleurs* que le subjonctif n'existe pas et ne peut exister au futur; mais il le démontre par des raisons purement étymologiques. Enfin lorsqu'il veut expliquer pourquoi &, la particule potentielle, duvsruxov , ne peut se placer devant certains temps, ou pourquoi ἐάν ne peut se construire avec un indicatif, il a recours, sur ce sujet, à des expédients presque puérils'. Si, par exemple, on dit ἐὰν ἀναγνῶ, tandis que l’on ne dit pas ἐὰν ἀνέγνων, c’est, selon lui, que ἀνέγνων ἃ la forme et le sens d’un passé tout à fait incompatible avec le sens conditionnel de ἐάν : au contraire, le mot ἀναγνῶ ressemble à un subjonctif présent , forme verbale qui admet l’adjonction de la particule ἐάν. De même
.…Synt., T1; 35.
. Synt., IL, 24.
Synt., TI, 30.
Synt., 11, 6 et 30,
à © RO .»
ἵνα, qui, signifiant afin que, implique l'idée du futur, peut se construire néanmoins avec un subjonetif aoriste, parce que dans un autre sens, celui de οὐ, il ne répugne nullement à cette construction’. On dirait que, pour Apollonius, les mots sont comme des personnages qui peuvent se tromper l'un l'autre par la ressemblance ou la diversité de leurs costumes. Nous avons déjà remarqué chez lui ce contraste d'une sagacité profonde avec une inexpérience qui rappelle les premiers âges de la grammaire. En voici un nouvel exemple, où Apollonius a le mérite de soutenir la bonne cause dans le débat engagé par ses confrères, mais où il la soutient longuement et péniblement, tandis que, pour nous autres modernes, la question serait tranchée en quelques lignes par des arguments décisifs.
Il s'agit des verbes impersonnels ou plutôt wripersonnels* dont, en eflet, l'analyse grammaticale offre d'assez grandes difficultés, parce que le sujet qu'ils sous-entendent ne se laisse pas toujours nettement reconnaitre. Tandis que les deux premières personnes sont toujours bien déterminées par leur palure même, la troisième peut s'appliquer à un grand nombre de sujets, et par conséquent, lorsqu'un verbe n'est employé qu à la troisieme personne, sans accompagnement d'un substantif, le sujet de ce verbe demeure obscur, excepté en un seul cas, disait Apollonius, qui parait suivre, à cet égard, une opinion déjà reçue avant lui parmi les grammairiens, excepté dans les verbes comme ἀστράπτει et βροντᾷ, c'est-à-