‹ Apollonius DyscoleChapitre 54 sur 90 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

DES PARTICULES INDÉCLINABLES.

δ΄ 1. De la Préposition.

Apollonius a, comme écrivain , le défaut de résumer rarement ses démonstrations en un petit nombre de propositions claires et précises ; or, comme il dispute beaucoup contre les opinions des autres grammairiens, on est fort exposé à se perdre avec lui dans un dédale d’objections et dé réponses qui ont tous les inconvénients du dialogue, sans en avoir jamais le charme. Nulle part ce défaut n’est plus sensible que dans le quatrième livre de la Syntaxe, où nous devons chercher aujourd'hui à peu près tout ce qui reste de la doctrine d’Apollonius sur les Prépositions, son traité περὶ Προθέσεων étant perdu. L'auteur s'y montre, comme ailleurs, observateur ingénieux et subtil, mais logicien inquiet, préoccupé quelquefois de distinctions toutes superficielles, sans aller au fond des choses ; visiblement embarrassé par les caractères de la langue et même par les habitudes de l'écriture grecque, qui contrarient souvent les efforts de son esprit analytique.

Nous autres modernes, nous nous accoutumons dès l'enfance à voir, dans tous nos livrés, chaque mot séparé de ceux qui l'accompagner où par un espace très-sensible ou par un signe de ponctuation ; nous ne comprenons pas comment un grammairien

grec croyait devoir démontrer que χατὰ Κτησιφῶντος forme deux mots et non pas un seul; que dans περὶ Ἀπολλωνίου la particule ne tient pas au mot suivant, tandis qu'elle y tient dans περιδόλου, et qu'il v a juxtaposition, παράθεσις, dans le premier cas, composition, σύνθεσις, dans le second”. Il faut pour cela nous souvenir que pendant longtemps l'écriture, chez les Grecs , ne fut ni ponctuée ni accentuée, et que lors méme qu'elle le fut dans les inscriptions , l'usage se perpétua dans les livres de he point séparer les mots et de n'y mettre ni points ni accents. Aristophane de Byzance avait depuis longtemps complété et coordonné le système des signes qui marquent l'accent, l'aspiration, et les pauses de la prononciation ; mais ces signes n'élaient pas Comme chez nous d'un usage universel et régulier”. Les lecteurs, alors, avaient donc besoin de quelque effort pour distinguer ce que confondait l'écriture. A qui aurait-on besoin d’expliquér aujourd'hui que la préposition he peut se juxtaposer à un nominatif ét que, les trois mots IN.4των, βαίνει et ἐν étant donnés, on n'en peut tirer : ἐμπλάτων βαίνει, mais Seulement Πλάτων ἐμξαίνει᾽ 2 Apollonius perd beaucoup de peine et de temps à des démonstrations de ce genre.

Néanmoins, ses chapitres sur la préposition, éelairés cà et là par quelques rapprochements, soit avec

1. Syne., IV, 3, p. 310 et p, M5, éd. Bekker, remarques que l’on retrouve dans les Scholies sur Denys le Thrace, p. 226.

2. Voyez Naück, #ristophanis Byzantii fragmenta.... Malis, 1848 ; Montfaucon, Palrographia græca, VE, 4 et suiv.; Villoison, Anecdota græca, Index , au mot Aecenñtus, et, plus haut, notre chap. 1, p. 29-81.

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