Draconis Stratonicensis Liber de Metris poeticis, p. ὁ
3. Ce traité se trouve à la suite du grammairien Ammonius , éd. Valckenaer, et dans les #recdota Oron. de Cramer, val, IV, p. 270, où l’on en lit une rédaction un peu differente de celle qu'a publiée Valckenaer, On y trouve, entre autres, le s7%ux δοιώroy, qu'Apollonius examine dans la Srataxe, III, 10,
srammaticaux du genre de ceux qu’Apollonius relève pour en donner l'explication. Mais Apollonius paraît ètre bien réellement le premier qui ait ramené tous ces travaux à l'unité, en recherchant par une analyse pénétrante les lois philosophiques de la syntaxe : c’est ce que le caractère même de sa doctrine prouve mieux encore que toute induction fondée sur les témoignages incomplets de l'histoire.
Le principe sur lequel il fait reposer toute rég{e de syntaxe et auquel il rapporte les faits suspects d’érrégularité, est un principe aussi juste qu'il était neuf alors dans la science. Comme nos idées, les mots qui les expriment se distribuent en classes où catégories, remarquables chacune par des formes particulières , et ces formes ont entre elles des rapports naturels de symétrie et de correspondance; les rapports des formes grammaticales constituent les lois de la syntaxe, et par conséquent plus ces formes sont nombreuses, plus les règles syntaxiques se multiplient, plus l'emploi de chaque mot se peut déterminer avec rigueur. Le verbe et le nom, qui ont des formes tres-variées, donnent ainsi lieu à une foule de règles; au contraire la syntaxe des particules indéclinahles est beaucoup moins compliquée. Apollonius aurait sans doute éclairci beaucoup sa doctrine, s’il eût comparé avec la langue grecque une langue moins riche en formes grammaticales, par exemple quelqu'un des dialectes sémitiques qui se parlaient si prés de lui. Aujourd’hui nous n'avons à cet égard que l'embarras du choix entre les exemples. Toutes les langues néolatines, comparées au grec, au latin ou à l'allemand, se distinguent par la moins grande abondance de
leurs formes grammaticales et lextréme simplicité de leur syntaxe.
Mais si le principe est nettement posé, les conséquences n'en sont pas déduites avec la méme rigueur. Apollonius, nous l'avons vu, ne sait pas distinguer par des termes précis le set et le régime d'un verbe; il lui faut de longues périphrases pour expliquer l'emploi des cas obliques au lieu du cas direct dans le voisinage d’un verbe‘. Aussi ne trouve-ton nulle part chez lui cette division, si élémentaire à nos veux, de la syntaxe en deux sortes de règles : les règles d'accord, et les règles de dépendance ou de régime. W est plus loin encore de connaître une troisième espèce de règles, celles de position, qui jouent un si grand rôle dans la syntaxe de plusieurs langues et particulièrement dans la nôtre. Certains faits qu'il relève l'avertissent pourtant que, même en grec, le rapport des mots ne dépend pas uniquement de leur forme, mais encore de leur place dans la phrase. S'il observe avec raison qu'aucun mot n'a été spécialement inventé pour éclairer le sens d'un autre mot, il reconnait aussi que souvent le sens d'un mot se
1. Synt., 11, 25 : "ἔφαμεν ἐν τοῖς προχειμένοις τὰς μὲν rhaγΐίας πτώσεις ἀναφέρεσθαι ἐπ᾽ εὐθείας τῶν μεταξὺ ῥημάτων, τὴν μὲν ἐνέργειαν ταῖς εὐθείαις ἀναπεμπόντων, τὸ δὲ πάθος ταῖς πλαγίαις, ὡς Διονύσιος ἔτυψε Θέωνα, Ἐγώ σε ἐτίμησα. Τὸ δὴ rain ἐγγενόμενον χατὰ τὰς πλαγίας μεθίστησιν αὐτὰς εἰς εὐθεῖαν, τῆς προχατειλεγμένης πλαγίας τρεπομένης εἰς γενιχὴν μετὰ τῆς ὑπό προθέgun Ἐγώ σε ἔδειρα, Σὺ ἐδάρης ὑπ᾽ ἐμοῦ. Cf. II, 17, 18; de l'Adv., p. 329, Voir surtout la Syntaxe, II, 16, p. 241, Voulant exprimer que l’aceusatif ne peut être que regime et non sujet d'un infinitif, il dit : Οὐχὶ οὖν καὶ τὰ ἐπαρέμφατα οἶδεν αἴτιατιχήν ; Οὐ τὴν ἐν τῷ χαθόλον, ἀλλὰ τὴν ἐμφερομένην ἐν ταῖς ὑπολοῖποις ἐγχλίσεσι "Φιλεῖ Θέωνα, ... φιλεῖν Τρύφωνα.
détermine à l'aide des mots qui accompagnent dans la phrase’. Comme tous les grammairiens grecs, il distingue des articles qui se placent avant le nom et des articles qui se placent après, et il signale les divers sens qui résultent de la position de l’article dans plusieurs locutions grecques”. Le nom même de la préposition, celui de ladverbe, et, parmi les formes verbales, le nom du sxbjonctif indiquent la propriété d’affecter dans la phrase certaines positions bien déterminées; Apollonius le sait et le montre mieux que personne. ΠΠ a, par exemple, des pages entières, et de longues pages, sur l'arastrophe ou transposition des particules ordinairement prépositives°. Bien plus, dans les phrases telles que : ᾿Εμοὶ ἐλάλησας, 11 considère comme une sorte d'irrégularité de dire : ’EldAnoac ἐμοί, sans changer le pronom ἐμοί en μοί qui aurait le même sens et qui serait une enclitique“. En général, la théorie des enclitiques, où l'on voit un même mot garder ou perdre son accent, selon la place qu'il occupe dans la phrase,
1. Synt., 1, ὃ : Οὐδὲν μέρος λόγου ἐπενοήθη εἰς διάχρισιν ἀμφι- Gohiaç ἑτέρου μέρους λόγου. IT, 20 :... ᾿[π᾿ ἄλλων μυρίων ἀμφιδόλων διακρίσεις παρέπονται ἐκ τῶν ἐπαχολουθούντων τοῖς λόγοις. IE, 21 : Ἢ προειρημένη ἀντωνυμία, οὐ σαφηνιζ"λένη διὰ τὴς Φωνῆς, δεήσεται τῆς εἰρημιέν ντάξεως, ἵνα περιγράψη τὴν συνοῦσαν dugtéoktav. On
ρημιένης συντάξεως, περιγράψη τὴ σαν ἀμφιθολίαν. pourrait citer beaucoup d’observations semblables.