Voyez plus bas, chap. vu, S
2. Cicéron, Partitiones oratoriæ, chap. vu, S 24 : « In conjunctis verbis triplex adhiberi potest commutatio, non verborum, sed ordinis tantummodo : ut, quum semel dictum sit directe, sicut natura ipsa tulerit, Invertatur ordo, et idem quasi sursum vérsus retroqué dicatur; deinde idem intercise atque permixte. » Quintilien, IX, ὁ : « Illa nimia quorumdam fuit observatio, ut
fois en termes assez précis", et 1] commence sur ce sujet une discussion qui, à vrai dire, n’aboutit pas. Apollonius, au début de sa Syntaxe, se préoccupe fort d’assimiler le langage à une imitation des actes intérieurs de la pensée*, mais cette préoccupation passagère n’a qu’un objet ou du moins n'a qu'un résultat, c’est de justifier par la logique l’ordre suivi dans les écoles pour le classement des parties du discours. La même idée revient quelquefois dans le cours de l'ouvrage sans que l’auteur en tire d'autres conséquences.
Ainsi la Syntaxe manque d'une division méthodique des faits. Accord et subordination des formes grammaticales, valeur des mots selon leur position ,
vocabula verbis, verba rursus adverbiis, nomina appositis et pronominibus essent priora, Nam fit contra quoque frequenter non indecore, etc. » Consulter, sur ce sujet, la dissertation de M. H. Weil : De l'Ordre des mots dans les langues anciennes comparées aux langues modernes (Paris, 1844).
1. Chap. v : ᾿Εϑόχει δέ μοι τῇ φύσει μάλιστα ἡμᾶς ἑπομένους οὕτω δεῖν ἁρμόττειν τὰ μόρια τοῦ λόγον ὡς ἐκείνη βούλεται. Αὐτίχα τὰ ὀνόματα ἡγούμην τάττειν πρὸ τῶν ῥημάτων᾽ τὰ υὲν γὰρ τὴν οὐσίαν δηλοῦν, τὰ δὲ τὸ συμβεόηχός ᾿ πρότερον δ᾽ εἶναι τῇ φύσει τὴν οὐσίαν τοῦ συμεθηχότος.... Πιθανὸς ὃ λόγος, ἀλλ᾽ οὐχ ἀληθὴς ἔδοξεν εἶναί μοι. Et il cite des exemples qui prouvent, en effet, le contraire.
2. Synt., 1, 1 : Σαφὲς ὅτι ἀχόλουθόν ἐστι τὸ καὶ τὰς λέξεις, μέρος οὔσας τοῦ κατὰ σύνταξιν αὐτοτελοῦς λόγου, τὸ χατάλληλον τῆς
συντάξεως δναθετααῦαι" “τὸ γὰρ ἐξ ἑκάστης λέζεως Na eo νοητὸν τρόπον τινὰ στοιχεῖόν ἐστι τοῦ λόγου" χαὶ ὡς τὰ στοιχεῖα συλλαῤδὰς ἀποτελεῖ χατὰ τὰς ἐπιπλοχάς, οὕτω χαὶ À σύνταξις τῶν νοητῶν τρόπον τινὰ συλλαδὰς ἀποτελέσει διὰ τὰς ἐπιπλοχὰς τῶν λέξεων " χαὶ ἔτι ὃν τρόπον ἐχ τῶν συλλαδῶν À λέξις, οὕτως ἐκ τῆς χαταλληλότητος τῶν νοητῶν ὅ αὐτοτελὴς λόγος. Zbid., 1, 3 : Ἔστιν οὖν À τάξις μίunua τοῦ αὐτοτελοῦς λόγου, πάνυ ἀχριδῶς πρῶτον τὸ ὄνομα θεματίσασα, μεθ᾽ ὃ τὸ ῥῆμα, εἴγε πᾶς λόγος ἄνευ τούτων οὐ συγχκλείεται.
Cf. Priscien, XVIL, 1. T. II, p. 4.
voilà trois idées, devenues élémentaires dans la science , et qui n'ont pas encore trouvé chez Apollonius leur expression philosophique. À défaut de ces trois idées, peut-on signaler dans la Syntaxe un autre principe de division régulière? Nous ne le croyons pas; mais une lecture tres-attentive de cet ouvrage laisse du moins apercevoir le fil secret qui dirige l’auteur à travers l'infinie variété des détails où il semble parfois s'égarer.
Nous avons vu que, pour lui, la proposition complète, Ἰ᾿ αὐτοτελὴς λόγος, comprend, avant tout, deux éléments, le nom et le verbe, auxquels se rattachent comme autant de parties accessoires les autres espèces de mots : les participes, parce qu'ils tiennent à la fois de la nature du nom et de celle du verbe ; les articles, parce qu'ils s'unissent aux mots déclinables ou aux infinitifs employés comme noms; les adverbes, parce qu'ils servent à modifier le verbe ; les prépositions, parce qu'elles modifient le nom et le verbe, soit par composition soit par juxtaposition ; les pronoms, parce qu'ils se meltent à la place du nom ; enfin les conjonctions , parce qu'elles servent de lien entre les verbes et entre les noms'. ἃ ce point de vue, la Syntaxe pourrait légitimement commencer par les régles de l'accord de l'article avec le nom et le pronom ; il était naturel que la syntaxe du participe, grâce au double caractère de ce mot, se
1. Synt., 1, 3, morceau analysé plus haut, chap. mi. CF. De l'Adv., p. 530, un résumé de la même théorie, qu'on retrouve aussi en substance dansles Scholies sur Denys le Thrace, p. 844, 881. Le nom et le verbe y sont tour à tour appelés τὰ £ub70ture, OÙ τὰ θεματιχώτερα, τὰ χύρια χαὶ γνησιώτατα,, OÙ τὰ χυριῶώνtata μέρη τοῦ λόγου.
plaçät entre le premier livre, où l’on traite surtout du nom, et le troisième, où l’on traite surtout du verbe ; il était naturel aussi que la conjonction vint au dernier rang, dans le quatrième livre‘, puisqu’elle a, seule entre les particules, la propriété de relier entre elles deux propositions, et que, jusqu’au milieu de ce livre, on avait surtout étudié la syntaxe des propositions considérées isolément. Apollonius luiméme résume, avec une brièveté qu’on peut dire excessive, celte conception générale des rapports grammaticaux , lorsqu'il écrit, à la fin de son troisième chapitre : |
« Puisque donc tous les autres mots se ramenent à la syntaxe du verbe et du nom, et qu'ils tirent même leur dénomination de la maniere dont ils se construisent avec ces deux espèces de mots, il faut considérer chacun d'eux selon qu'ils s’échangent avec le nom et le verbe, ou qu'ils correspondent au nom et au verbe, ou qu'ils se construisent avec lui : comme, par exemple, le pronom se prend pour le nom et se construit avec le nom, ou encore comme le participe se prend pour le verbe et se construit avec le verbe, et ainsi des autres parties du discours.»
A. Il renvoie lui-même à cette syntaxe des conjonctions dans deux passages des livres précédents : I, 43; III, 6. Cf. De PAdv., p. 531 : Εἰρήσεται dé... vives τε ἐν τῷ καθόλου σύνδεσμοι συνδέουσιν ὄνομα at δῆμα, καὶ τίνες εἰσὶ μεριχοί.
2. J'ai dû paraphraser un peu ce texte important, mais difficile (p. 22, Bekker) : Ἐπεὶ οὖν τὰ ὑπόλοιπα τῶν μερῶν τοῦ λόγου ἀνάγεται πρὸς τὴν τοῦ ῥήματος καὶ τοῦ ὀνόματος σύνταξιν, ἐξ ἧς χαὶ τὴν τῶν ὀνομάτων ἔσγε θέσιν, δέον διαλαδεῖν περὶ ἑκάστου τοῦ τε παραλαμόανομένου χαὶ τοῦ ἀνθυπαγομένου ἢ καὶ συυπαραλαμδανομένου, ὡς αἵ ἀντωνυμίαι ἀντὶ τῶν ὀνομάτων καὶ μετὰ τῶν ὀνομάτων , χαὶ ἔτι αἵ μετοχαὶ ἀντὶ τῶν ῥημάτων χαὶ μετὰ τῶν ῥημάτων, χαὶ ἐπὶ τῶν
Dans une dissertation récente sur le système de la Syntaxe d’Apollonius', M. L. Lange a recherché avec beaucoup de pénétration et heureusement mis en lumière ce rapport des diverses parties de l'ouvrage. Il va même jusqu à justifier Apollonius de sa trop tardive définition des principes, en remarquant que les premiers chapitres du troisième livre, où l’auteur explique enfin sa pensée, completent la syntaxe des pronoms, commencée avec le deuxieme livre, et préparent la syntaxe proprement dite du verbe, qui occupera le reste du troisième”. Mais M. Lange n'a pas justifié tout à fait Apollonius du reproche de désordre dans la composition de l'ensemble. On peut reconnaître que le chapitre χα du livre ΠῚ résume bien les principales questions d'une syntaxe des verbes, et que ces questions sont, en effet, traitées depuis le chapitre x1r jusqu'à la fin de ce livre : 4° syntaxe des modes, chap. χα à xxx ; — 2" syntaxe des genres, chap. xxx1; — 3° syntaxe des cas obliques, chap. xxx11, xxxHT. On peut encore excuser l'auteur de n'avoir gueére parlé des temps qu'à propos de la syntaxe de l'optatifet du subjonetif; des personnes, qu'à l’occasion de linfiniuf, etc.; mais du moins il aurait dû traiter plus complétement chacun de ces sujets, et d’ailleurs, ne demeure-tl pas évident, que,
ἑξῆς μερῶν τοῦ λόγον. Sur le sens de παραλαμθάνεσθαι, voyez Synt., 11, 3; IT, 9; sur celui de συμπαραλαμθανεσθαι, Syne., 1, 3, p. 15; LE, 43, p. 120; sur ἀνθυπάγεσθαι, Sync, I, 3, p. 21; Π, 14, p. 121; ΠΙ, 19, et 32, p. 293. De là ἀνθυκαγωγή, Srne., 1, 3 et 37,
1. Das System der Syntax des Apollonios Dyskolos , Goettin gen, 1852,