XVII, 21, p. 80. Voyez plus haut , p. 227 note
2. XVII, 20, p. 81 : « Supervacuum est igitur in re tam manifesta usus auctorum testimonia proferre. Illud tamen sciendum quod per figuram quam Græci ἀλλοίωσιν vocant, id est variationem, etc... et numeri diversi, et genera diversa et diversi casus, et tempora et personæ, non solum transitive et per reciprocationem, sed etiam intransitive copulantur, Quæ diversis auctorum exemplis, tam nostrorum quam Græcorum, necessarium esse duximus comprobare. »
3. XVII, 24, p. 95 : « Sed ad pronominis ordinandi tractationem redeamus. »
4. XVIII, énitio :.., « Ergo minime mireris si eadem exempla constructionum repetantur, cum in plerisque consimiles sint supra dictorum et dicendorum rationes, »
plutôt qu'il ne l'exagère; car il déduit assez régulierement : 4° la syntaxe des cas, depuis le nominatif jusqu’à l’accusatif et à l’ablatif; 2° la syntaxe des modes depuis l'infinitif jusqu'au subjonctif et à l’optatif; 3° la syntaxe des voix. Mais arrêté de nouveau par le grand nombre des exceptions, il renonce encore aux théories générales pour accumuler des exemples d’idiotismes grecs et latins, au milieu desquels on distingue avec peine quelques observations sur la syntaxe des particules indéclinables.
Cette richesse de citations classiques fait, à vrai dire, aujourd’hui le principal mérite des deux derniers livres de Priscien. Quant aux doctrines , à part une remarque ingénieuse empruntée au grammairien Théoctistus sur les verbes impersonnels , une observation empruntée à Donat sur l’usage du subjonctif, et quelques dénominations dont je ne retrouve pas la trace dans Apollonius*?, on peut affirmer que Priscien n'a pas suivi d'autre modèle que l’auteur de la Syntaxe; il ne le cite pas toujours en propres ter-
4. XVIII, 19, 20, p. 173 : « Ne mireris tamen omnia activa ex quacunque voce actum significantia cum transitione Romanos accusativo conjungere , cum Attici quoque tam in 618 quam in alüs constructionum plerisque idem servent, — Quam ob rem necessarium esse duximus multos et diversos usus ab auctoribus utriusque linguæ colligere omnium orationis partium , quorum exemplis gaudeant confidentiusque utantur qui laudibus utriusque gloriari student doctrinæ. »
2. XVII, 5, p. 129 : « Impersonalia omnia........ teste sapientissimo domino et doctore meo Theoctisto.. possent habere mtellectum nominativi ipsius rei, quæ in verbo intelligitur. » — XVIII, 14, p. 162 : Opinion de Donat sur le sens optatif du mot fucrit dans un vers de Virgile. — XVIIE, τ, p. 417 : « Verba quæ Græci ἰσοπαλὴ vocant, et subjecta vel superposita, quæ Græci ἐπαναδεδηχότα dicunt. »
mes, mais il le traduit presque à chaque page, sauf à corriger quelquefois l’excessive rigueur de ses assertions, comme il fait, par exemple, à propos de la première personne de l'impératif".
C'est encore la doctrine d' Apollonius qui forme le fond du manuel de Syntaxe composé à Édesse, au commencement du 1x° siecle de l'ére chrétienne, par le prêtre Michel, surnommé le Syncelle, en souvenir de la charge qu'il remplissait auprès du patriarche de Jérusalem. Bien que l’auteur, dans sa préface , cite pour autorités non-seulement Apollonius Dyscole, mais encore Hérodien, Apollonius le Jeune , les Atticistes, Arcadius et Denys de Byzance, il semble que le Dyscole a été son principal guide. Plus méthodique et plus clair, plus complet même, à quelques égards, ce manuel , trop oublié aujourd'hui, s'accorde cependant, pour les divisions et pour les définitions fondamentales, avec la Syntaxe εἰ Apollonius, comme on va le voir par la simple énumération des chapitres dont il se compose, et par quelques comparaisons signalées dans les notes ci après :
1° Introduction sur les; diverses espèces de λόγοι ou propositions ;
2° De la syntaxe du nom et des diverses espèces de noms ;
3° Des cas du nom et de leurs principaux usages ;
1. XVI, 8, p. 134 : « Imperativa primas personas singulares non habent quia nemo sibi ipsi potest imperare , περὶ figurate, quasi ad alium loquens in secunda persona se ipsum proferat. » ..., « Græci tamen ea ὑποθετιχά nominant, ete, « C'est Apollonius (Syae., ΠῚ, 25, 26) qu'il désigne, comme on l'a vu plus haut, chap. v, p. 162,
4° Du verbe et deses diverses espèces, syntaxe des mode et des temps; 5° De l’article et de ses deux espèces , le protactique et l’hypotactique* 6° Du pronom, de son origine * et de ses diverses espèces ; 7° De la préposition, considérée soit dans la composition des mots, soit dans celle des phrases, ἐν συνθέσει, ἐν συντάξει ὃ 8° Des adverbes, chapitre où se trouve citée la définition de Denys le Thrace ; 9° Des conjonctions, chapitre complété, comme le livre d’Apollonius sur le même sujet, par les reoles concernant les particules explétives.
L'ouvrage se termine, à vrai dire, par un compliment au diacre Lazare, pour qui l’auteur l'avait écrit; mais il est augmenté, dans l'édition Aldine
4. Je cite, comme exemple des emprunts que fait l’auteur à la théorie d’Apollonius, les premièr es lignes du chapitre sur l’article : Τὰ ἄρθρα προεγνωσμέγου τινὸς an σημαίνουσι * λέγοντες γάρ Ἄνθρωπος εἶπεν, ἄδηλόν τινα ἄνθρωπον λέγομεν > λέγοντες γάρ (Alde; δέ mss. οὐδ, 2557): Ὃ ἄνθρωπος ἦλθεν, Ὃ ἄνθρωπος εἶπεν, προδεδηλωμένον τινὰ λέγομεν. Comparez plus haut, chap. 1v, 3. surtout p. 117-119.
2. "Ἐπειδὴ τὸ ῥῆμα πολλάκις χαὶ ἕκαστον (Alde; χαϑ᾽ ἕκαστον. mess, 2535, 2557) πρόσωπον ἔχειν ὄνομα δεῖται εἰς ἀπαρτισμὸν τῶν χατὰ σύνταξιν λόγων, τῶν ὀνουάτων τοῖς πρώτοις χαὶ δευτέροις π' οσώποις μὴ τασσομένων (Alde et ms. 2557; συντασσομένων, Bis. 2535), ἐπινενόηται ἣ ἀντωνυμία προσώπων δεχτικὴ (Alde; δειχτική, ms. 9595 ; ἐπιδεχτιχή, ms. 9557) οὖσα, δυναμένη τάττεσθαι τοῖς ῥήυασι χατὰ πᾶν πρόσωπον. C’est la doctrine même d’Apol- Jonius exprimée presque dans les mêmes termes. Voyez Syntaxe, I, 3, p. 13, 14, Bekker; et plus haut, chap. 1v, S 2.
3. L'exemple cité par l’auteur (fol. 200, verso, Alde) : Πάντῶν δ᾽ ἔπτυσε πολὺ χάτα ἤγουν χατέπτυσεν est celui même qu’analyse Arollonius, .37γπ1., IV, 1, p. 305.
et dans plusieurs manuscrits', de quelques pages d'observations sur la syntaxe, que termine un nouvel épilogue adressé , à ce qu'il semble, au même personnage.
Tout cela reste bien loin, sans doute, de l'abondante érudition et de la subtile critique d'Apollopius, mais se rattache pourtant aux traditions de l'école grammaticale d'Alexandrie. La seule œuvre originale que le moyen äge nous offre sur la syntaxe est le petit traité de Jean Glycas, περὶ Odérnros σὺντάξεως, où sont esquissées à grand trait, sans aucun souvenir des théories alexandrines, les origines et la constitution élémentaire du langage, et où la netteté des idées contraste avec l'élégance un peu raffinée du style’. Mais ce livre, vraiment supérieur au siècle qui l'a produit, est resté sans imitateur, comme il parait avoir été sans modele. Bien que de nombreux manuscrits témoignent qu'il fut quelque temps populaire dans les écoles de l'Orient”, on le voit promptement retomber dans un complet oubli. Maxime Plauude , qui écrit peu d'années après Glycas son traité de Syntaxe, ne semble guère connaitre d'autre autorité sur ce sujet qu'Apollonius Dyscole; on peut méme considérer son ouvrage‘ comme un abrégé
1. Par exemple, dans les manuscrits de la Bibliothèque impériale , n° 2556, 2558, 2561, 2594.
2. Joannis Glycæ patriarchæ Constantinopolitani (il l'était en 1316) Opus de vera syntareos ratione tribus e codd. monac. edidit atque recensuit , prolegomena , varias lectiones, etc., adjecit Alb. Jahn, Bernæ, 1849, Ce livre mériterait une analyse et un examen particuliers , que je ne puis me permettre à propos d'Apollonius,
3, Voyez les Proléyomènes de M, Jahn, note 15.
ὁ, Publié dans les #recdota græca de Bachmann, €t. II,
des quatre livres du grammairien Alexandrin, abrégé fort incomplet, sans doute, mais qui a sur l’original l'avantage d’une clarté tout à fait méritoire en de telles matières. Il n’y ἃ nul doute qu’on ne retrouve souvent aussi les décisions d’Apollonius dans ces recueils, très-communs au moyen âge, où, sousletitre περὶ Συντάξεως τῶν ῥημάτων, sont rangés les principaux verbes de la langue grecque , avec l'indication du cas ou des cas qu’ils régissent. La Syntaxe de Théodore Gaza, si substantielle et si osbcure, et celle de Lascaris, si exclusivement empirique, relient ces travaux de l’érudition ancienne à ceux de l’érudition moderne. Mais, d’abrégés en abrégés, la science des Alexandrins est devenue tout à fait méconnaissable dans ces manuels que les professeurs de la Renaissance appropriaient à la faiblesse de leurs écoliers*?. Depuis le xvi° siècle, Apollonius est de plus
p. 106-166. Apollonius y est cité dès la première page. On remarquera surtout, p. 107, les observations sur les particules explétives ; p. 126, la théorie de l’article ; page 149, la théorie des rapports du pronom avec le nom, et surtout cette assertion : 165, l’analyse du pronom possessif, etc.
1. Bachmann, A4necdota gr., τ. Il, p. 289-315. Apollonius est expressément cité, p. 190, à propos des verbes de sensation, et p. 192, à propos de la différence entre ἐρῶ et φιλῶ, Cf. Synt., ΠΙ, 32, plus haut. p. 253. — Hermann, de Emend. ratione Gramm. gr., Ὁ. 353-491 : Περὶ τῆς Συντάξεως τῶν ῥημάτων πρὸς τὰ ὀνόματα καὶ τῶν ἄλλως μετὰ προθέσεων ἐναλλασσομένων δημάτων. Cramer, Anecd. Oxon.,t. IV, p. 275-397.De même dans la Grammaire de Lascaris (p. 237, éd. 1547) : Περὶ τῆς Ὄνομασίας τῶν ῥημάτων καὶ γενικῇς συντάξεως κατὰ παλαιούς.
2. Voyez Lascaris, préface du 111 livre de sa Grammaire, où il déclare avoir écrit les deux premiers τοῖς εἰσαγωγικοῖς “Ἑλλησι χαὶ Λατίνοις. Son 1115 livre n’a pas un caractère beaucoup plus scientifique. Une preuve nouvelle de l'attention qu’a dû porter
en plus oublié dans les écoles, même dans celles de l'Orient ; et quand , il y a quelques années , un savant professeur à l’université d'Athènes publiait dans cette ville un traité de la Syntaxe grecque en rapport avec les progrès les plus récents des études grammaticales, s'il se souvenait encore d’Apollonius, c'était moins pour lui emprunter quelques-unes de ses spéculations savantes et subtiles, que pour rendre hommage au vieil hellène, fondateur d'une science aujourd’hui agrandie et renouvelée",
Lascaris aux écrits d'Apollonius se trouve dans le Codex Regius 3245, contenant la Syntaxe, et écrit par un moine nommé Joachim, ἐχ προτροπῆς χαὶ ἀξιώσεως τοῦ διδασχάλου χυροῦ Κωνσταντίνου Λασχάρεως. C’est aujourd’hui le ms. grec, ancien fonds, n. 2547.
1. Κι. ᾿Ασώπιος, περὶ ἑλληνιχῇς Συντάξεως (Athènes, 1848. νς΄, εἰ M2 pages in-8), σελ. χή. Cf, Bernhardy, Wissenschaftliche Syntax der griechischen Sprache , où les opinions d’Apollonius sont souvent rappelées et justement appréciées, surtout p. 270, sur la théorie du pronom; p. 353, sur la théorie de linfini-