S6, p. 43-46, éd. Wolf, Lipsiæ
284 APOLLONIUS DYSCOLE. — CHAP. VIIL. S 1.
exemple : « Le lieu dans lequel tu te reposes, τὸ οὐ χαταλύεις, n'est-il pas une maison ? — Oui. — Où χαταλύεις n'est-il pas la négation de χαταλύεις ἢ — Oui. — Tu as dit que la chose οὗ καταλύεις est une maison; donc une maison est une négation. » On voit clairement comment il faut résoudre la difficulté : où n’a pas le même sens, soit qu'on le prononce avec un accent plus aigu ou avec un accent plus grave”. »
La seule conclusion qui ressorte de ces deux passages, c’est que la particule οὐ, employée comme adverbe de lieu ou comme génitif du pronom ὅς, ἥ, ὅ, avait un accent plus ferme que lorsqu'elle s’employait comme négation. On comprend ainsi l'idée des critiques anciens qui corrigeaient le texte d’Homère : Le poëte ayant l’air de supposer qu'un bois de chêne peut rester exposé à la pluie sans se pourrir, on voulait lui épargner cette erreur d'histoire naturelle en lisant : οὗ « dont une partie est corrompue, » au lieu de où : « qui ne se corrompt pas. » Mais il n'y ἃ rien dans ces discussions qui laisse même apercevoir que l'accent quittt la particule οὐ et tendiît à relever la première syllabe du mot suivant καταπύθεται.
que l'accent circonflexe fût connu au temps d’Aristote δὲ que par conséquent il ait pu le lire et le signaler ainsi dans les exemplaires de l’liade. Cf. Aristote, Zbid. c. 23 : Ei παρὰ προσῳδίαν ὀξεῖαν À βαρεῖα προσῳδία λύσις εἰ δὲ παρὰ βαρεῖαν, À ὀξεῖα. ---- Dans la Poétique , c. χχιι, Aristote nous apprend que c’est Hippias de Thasos qui défendait ainsi le texte d’'Homère.
IP RAT Ὁ Παρὰ δὲ τὴν προσῳδίαν λό: γοι μὲν οὐχ εἰσίν, οὔτε τῶν γεγραμμένων, οὔτε τῶν λεγομέ ἕνων, πλὴν εἴ τινες ὀλίγοι γένοιντ᾽ ἄν, οἷον οὗτος ἈΝ ἌἌρά + ἐστὶ τὸ οὗ καταλύεις οἰχία; --- Ναί. ---- Οὐχοῦν τὸ οὐ χκαταλύεις τοῦ χαταλύεις ΑΕ ΕΙΣ APE - ἜἜφησας δ᾽ εἶναι τὸ οὗ χαταλύεις οἰκίαν " À οἰκία ἄρα ἀπόφασις. Ὥς δὴ λυτέον δῆλον * où γὰο ταὐτὸ σημαίνει ὀξύτερον τὸ δὲ βαρύτερον ῥηθέν.
Les témoignages d'Apollonius ont encore moins le sens que leur prête M. Hermann. Le premier de ces témoignages, que j'ai déjà traduit plus haut, affirme que toutes les prépositions monosyllabiques sont des oxytons et que les dissyllabiques ont l'accent aigu sur la finale, ce que confirme, entre autres témoignages , celui d’un grammairien anonyme publié par M. Hermann lui-même et cité par lui à ce propos". Dans le second passage, Apollonius traite de la locution adverbiale εἰσό, que le grammairien Héraclide déclarait accentuée contre toute analogie, lo final ne recevant jamais l'accent dans aucune partie du discours, si ce n'est par exception, comme dans ἀπό el ὑπό, qui sont des prépositions, et dans αὐτό, qui est le neutre de αὐτός. Apollonius, au contraire, jusüfie l'accent de εἰσό en remarquant que ce mot se forme d'une préposition et d'un article hypotactique juxtaposés : εἰςτῦ, « Or, dans la juxtaposition, les mots conservent leurs propriétés. La préposition εἰς, ainsi juxtaposée, ’ncline son accent aigu, comme toute préposition le fait en pareil cas, et la particule ὁ, outre son esprit rude , prend alors l'accent aigu, ce qui est le propre de tout mot non accompagné d'un autre mot. Et je dis cela, parce que tout oxytlon, rapproché d’un autre mot, change son accent aigu en un grave, comme dans : Εἰ μὴ μητρυνή | Homere, Iliade, V, 889], et autres cas semblables. De méme dans les locutions ἐξ οὖ, ἐν 6, ἀφ᾽ οὖς comme on peut aussi concevoir qu'il arrive dans le rapprochement d’un nom et d'une préposition : ἐν οἴκῳ, ἐχ Afabou, εἰς
4. P. 458 : Πᾶσα πρόθεσις ὀξύνεται, Texte reproduit p. 99, dans le chapitre de Dictionibus procliticis.
284 APOLLONIUS DYSCOLE. — CHAP. VIIL. S 1.
exemple : « Le lieu dans lequel tu te reposes, τὸ οὗ χαταλύεις, n'est-il pas une maison ὃ — Oui. — Où χαταλύεις n'est-il pas la négation de χαταλύεις ὃ — Oui. — Tu as dit que la chose οὗ καταλύεις est une maison; donc une maison est une négation. » On voit clairement comment il faut résoudre la difficulté : οὐ n’a pas le même sens, soit qu'on le prononce avec un accent plus aigu ou avec un accent plus grave”. »
La seule conclusion qui ressorte de ces deux passages, c’est que la particule οὐ, employée comme adverbe de lieu ou comme génitif du pronom ὅς, ἥ, ὅ, avait un accent plus ferme que lorsqu'elle s’employait comme négation. On comprend ainsi l'idée des critiques anciens qui corrigeaient le texte d’Homère : Le poëte ayant l'air de supposer qu'un bois de chêne peut rester exposé à la pluie sans se pourrir, on voulait lui épargner cette erreur d'histoire naturelle en lisant : οὗ « dont une partie est corrompue, » au lieu de οὐ : « qui ne se corrompt pas. » Mais il n'y a rien dans ces discussions qui laisse même apercevoir que l'accent quittât la particule οὐ et tendit à relever la première syllabe du mot suivant καταπύθεται.
que l’accent circonflexe fût connu au temps d’Aristote,.et que par conséquent il ait pu le lire et le signaler ainsi dans les exemplaires de l’Zliade. Cf. Aristote, Zbid. ce. 23 : Εἰ παρὰ προσῳδίαν ὀξεῖαν ἣ βαρεῖα προσῳδία λύσις εἰ δὲ παρὰ βαρεῖαν, à ὀξεῖα. ---- Dans la Poétique , e. χχιι, Aristote nous apprend que c’est Hippias de Thasos qui défendait ainsi le texte d’'Homère.
ΤΟ RRT | Παρὰ δὲ τὴν προσῳδίαν λό. γοι μὲν οὐχ εἰσίν, οὔτε τῶν Ὑεγραμ μένων, οὔτε τῶν λεγομέ ἕένων, πλὴν εἴ τινες ὀλίγοι γένοιντ᾽ ἄν, οἷον οὗτος Fo Ἄρά + ἐστὶ τὸ οὗ χαταλύεις οἰχία; — Ναί. — Οὐχοὺν τὸ οὐ χαταλύεις τοῦ χαταλύεις ΤΙ ιν APE — ἜἜφησας δ᾽ εἶναι τὸ οὗ καταλύεις οἰχίαν " ἣ οἰκία ἄρα ἀπόφασις. Ὡς δὴ λυτέον δῆλον * où γὰο ταὐτὸ σημαίνει ὀξύτερον τὸ δὲ βαρύτερον ῥηθέν.
Les témoignages d'Apollonius ont encore moins le sens que leur prête M. Hermann. Le premier de ces témoignages, que j'ai déja traduit plus haut, affirme que toutes les prépositions monosyllabiques sont des oxytons et que les dissyllabiques ont l'accent aigu sur la finale, ce que confirme, entre autres témoignages, celui d'un grammairien anonyme publié par M. Hermann lui-même et cité par lui à ce propos. Dans le second passage, Apollonius traite de la locution adverbiale εἰσό, que le grammairien Héraclide déclarait accentuée contre toute analogie, lo final ne recevant jamais l'accent dans aucune partie du discours, si ce n’est par exception, comme dans ἀπό el ὑπό, qui sont des prépositions, et dans αὐτό, qui est le neutre de αὐτός. Apollonius, au contraire, jusüfie l'accent de εἰσό en remarquant que ce mot se forme d'une préposition et d’un article hypotactique juxtaposés : eiç-6. « Or, dans la juxtaposition, les mots conservent leurs propriétés. La préposition εἰς, ainsi juxtaposée, /acline son accent aigu, comme toute préposition le fait en pareil cas, et la particule ὁ, outre son esprit rude , prend alors l'accent aigu, ce qui est le propre de tout mot non accompagné d'un autre mot. Et je dis cela, parce que tout oxyton, rapproché d'un autre mot, change son accent aigu en un grave, comme dans : Εἰ μὴ μητρυνή | Homere, Iliade, V, 389], et autres cas semblables. De méme dans les locutions ἐξ οὖ, ἐν 6, ἀφ᾽ οὖς comme on peut aussi concevoir qu'il arrive dans le rapprochement d'un nom et d'une préposition : ἐν οἴκῳ, x Λέσξου, εἰς
4. Ῥ, 458 : Πᾶσα πρόθεσις ὀξύνεται, Texte reproduit p. 99, dans le chapitre de Dictionibus procliticis.
oixov, locutions dont chacune offre une seule idée de lieu , équivalent à celle des adverbes λεσόόθεν, οἴκαδε, οἴκοθι *. »
᾿Ἐνεχλίνετο ἡ πρόθεσις, dit en effet Apollonius; c’est là surtout ce qui a trompé M. Hermann, en lui faisant considérer comme une véritable enclise le rapport signalé par Apollonius entre la préposition et le mot qui la suit; et il s'assure dans son opinion par le témoignage d’un grammairien anonyme, qui, après avoir déclaré que toute préposition est ὀξύτονος par nature , ajoute : Ἐν δὲ τῇ συνεπείᾳ βαρύνονται αἱ δισύλλα- Go, « mais, dans la continuité de la phrase, les prépositions disvllabes prennent l'accent grave » ou perdent leur accent. » Mais M. Hermann confond ici deux sens du mot ἐγχλίνεσθαι, et aussi deux sens du mot βαρύνεσθαι, que nul pourtant mieux que lui ne savait distinguer”. Sans doute, une syllabe qui n'a point d’accent, comme la finale du mot λόγος, ou qui perd son accent par l’enclise, comme τίς dans ἄνθρω-
1. Synt. IV, 10 : Ἄμεινον ἐχδέξασθαι ὡς ἐκ παραθέσεως προθετικῆς καὶ ἀρθριχῆς συντάξεως παρυφίστατο χρονικὴ σύνταξις, τῶν λέξεων χατὰ τὴν συνοῦσαν παράθεσιν τὰ παρεπόμενα αὐταῖς ἀναδεξα-
΄, , , \ , > 2x / / 2 / μένων. ’EvexAiveto γὰρ À πρόθεσις ἐξ ὀξείας τάσεως εἰς παράθεσιν παραλαμθανομένη, ὁ ὅπερ παρεπόμενόν ἐστι πάσῃ προθέσει᾽ ᾿βόριόν τε τὸ ü ὠξύνετο μετὰ τοῦ συνόντος πνεύματος, ὃ παρεπόμενον ἦν πάσῃ λέξει οὐχ ἐχούσῃ πρὸ (Hermann conjecture avec raison μετὰ) αὑτῆς € / - \ --ἅ- 5 ἑτέραν λέξιν. 'Γοῦτο δέ φημι ἐπεὶ πᾶσαι αἵ ὀξύτονοι ἐχφοραὶ ἐν παραθέσει οὖσαι ἑτέρων λέξεων εἰς βαρεῖαν μετατίθενται, ὡς ἐν τῷ Ei μὴ
, \ τ τς / 4 “ AL MU SS e 2 CR © μητρυιή καὶ τοῖς ὁμοίοις. Οὕτως ἔχει χαὶ τὸ ἐξ οὗ, ἐν ᾧ, ἀφ᾽ où, χαθότι ἔστιν ἐπινοῆσαι χαὶ ἐν ὀνόμασι τὸ τοιοῦτον παρεπόμενον, ἐν
# 2 / 3 Ἢ PR ἃ \ \ 2 /
οἴκῳ, ἐκ Λέσόου, εἰς οἰκον" ἔννοια γὰρ τοπικὴ ἣ ἐχ τούτων μία, ἰσοδυναμοῦσα ἐπιῤῥηματιχῇ παραγωγὴ, λέγω τῇ Λεσόόθεν, οἴχαδε, οἴκοθι. Cf. De l'Adv., p. 612.
2. Voir surtout son chapitre (1, 14, p. 65), de Accentu consopito. |
πός τις, est dite par les grammairiens βαρεῖα où βαρυνομένη, et souvent l'accent grave n'est que l'absence de tout accent. Mais on désignait aussi par le mot βαρεῖα où βαρυνομένη la syllabe finale qui, primitivement aiguë , abaissait où inclinait son accent, ἐνέχλινεν ou ἐχοίμιεζεν τὸν τόνον, pour s'unir au mot suivant dans la continuité d'une phrase, ἐν τῇ συνεπεία Où ἐν τῇ συμφράσει Où ἐν τῇ συνεχ ία΄. Or, en ce dernier sens, l’abaissement de l'accent est tout à fait distinct de l’enclise, et l'orthographe marque cette différence : au lieu d'être supprimé sur la syllabe Bxssvouévr, l'accent aigu se change alors en un signe particulier, celui que les anciens appelaient βαρεῖα προσῳδία et que nous appelons encore accent grave (*). Bien plus, dans les locutions comme ἅπαξ ἀπλῶς, ἅπαξ ἅπαντες, on tenait pour βαρυνομένη la première syllabe de ἅπαξ : elle abaissait son accent, mais elle ne le perdait pas, et la locution tout entière ne s'appelait pas un mot composé, σύνθετον, mais une simple juxtaposition”. Aristote a donc pu distinguer dans la particule οὐ, et Apollonius, dans la particule εἰς, deux prononciations différentes , l’une aiguë, l'autre grave, sans que cette dernière entrainât avec elle une véritable
1. Jean d'Alexandrie, Τονιχὰ παραγγέλματα, p. ὃ : Πᾶσα ὀξεῖα ἐπὶ τέλους λέξεως οὖσα, el μὴ ἐπιφέροιτο μετ᾽ αὐτὴν στιγμή, πάντως ἐν συμφράσει χοιμίζεται εἰς βαρεῖαν. Arcadius, p. 440, emploie pour exprimer le méme fait le mot συνέπεια, qu'on retrouve aussi en ce sens dans Apollonius (voy. plus haut, p. 270, n. 1), et dans le Traité περὶ Προσῳϑίας, attribué à Porphyre, dans les Anecdota græca de Villoison, τ. 11, p. 112. Jean Charax, publié par Bekker, Anecd, gr., p. 41150 : Αἱ μὲν γὰρ λέξεις al ὀξύτονοι, ἐν τῇ συνεχείᾳ χοιμίζουσαι τοὺς τόνους, ἐγχλινόμεναι χαλοῦνται.
2. Hérodien, περὶ Μονήρους λέξεως au mot ἅπαϊ; Bekker, Anecd, gr., p.18 et 413 ; Hérodien , Epimer., p. 178.
enclise , et sans que jamais l'accent de οὐ ni celui de εἰς se reportàt sur la syllabe initiale du mot suivant.
Bien plus, les grammairiens grecs ont formellement distingué les mots sujets à ces deux modifications de l’accent. Hérodien, pour ne citer que le plus célèbre, a écrit un petit traité περὶ Ἐγκλινομένων καὶ ἐγκλιτιχῶν χαὶ συνεγχλιτικῶν μορίων, Où il dit en propres termes que « tout oxylon qui change son aigu en srave dans la construction du discours, s'appelle ἐγχλινόμιενον, Mais que toute particule qui abaisse son accent aigu pour redresser l’accent grave d’un mot précédent [et par conséquent pour changer cet accent en aigu] s'appelle éyxhurixév'. » À quoi un autre grammairien ajoute, avec raison, que tout enclinomène n’est pas enclitique, mais que tout enclitique est enclinomène , ou en d’autres termes que les enchtiques sont une espèce dans le 2enre des enclinomênes ?.
En général, les anciens n’ont jamais compris qu'un mot précédent reportàt son accent sur le mot suivant. Comme l'a justement observé Buttmann’, ils n’ont jamais écrit ni prononcé οὐ πόταμός, οὐ κάταπύθεται
1. L’opuscule d’'Hérodien a été plusieurs fois réimprimé. Je le cite d’après le texte de Bekker, Arecdota græca, p. 1142 : ’Eyχλινόμενόν ἐστι μόριον λέξις κατὰ τὸ τέλος ὀξυνομένη, τρέπουσα δ᾽ εἷς βαρεῖαν χατὰ τὴν τοῦ λόγου σύνταξιν... Ἐγκχλιτικόν ἐστι μόριον ὃ τὴν ἰδίαν ὀξεῖαν χοιμίζον τὴν προχειμένην βαρεῖαν εἰς ὀξεῖαν μεθίστηotv.... Διαφέρει δὲ ἐγχλινόμενον ἐγχλιτιχοῦ. .... ἣ τὸ μὲν αὐτὴν μόνην τὴν ἐπὶ τέλους ὀξεῖαν duelber εἰς δαρεῖαν, τὸ δὲ χαὶ μετατίθησιν εἰς τὴν ὑπερχειμένην συλλαδήν, [ei] καὶ τὰ τοῦ λόγου ἐπιδέ- 40170.