‹ Apollonius DyscoleChapitre 77 sur 90 · Arcadius, p. 141 : νωσχε δ᾽ ὅτι οὐδὲν προταχτιχὼν ty · texte numérisé non relu

Arcadius, p. 141 : νωσχε δ᾽ ὅτι οὐδὲν προταχτιχὼν ty

4° Ils portent naturellement l'accent aigu, c'est ce

que prouve le témoignage formel des anciens. En effet : |

Les quatre formes de l’article, δ, #, ot, αἵ sont formellement données pour des paroxytons par Jean d'Alexandrie, Tovixà rapαγγέλματα, p. 22.

ἘΠ (sans doute comme son équivalent poétique αἰ), par Arcadius , Περὶ Tovov, p. 180, et par Jean d'Alexandrie, p. 32 et 40.

Ἔς ou εἷς, par Arcadius, p. 180, et Jean d'Alexandrie, p. 25.

Ἔν ou εἶν, par Arcadius, p. 180, et Jean d'Alexandrie, p. 25,

Ἔχ ou ἐξ, par Arcadius, p. 180, et Jean d'Alexandrie, p. 25.

Où, οὐχ, οὐχ, par Arcadius , p. 180.

Ὥς, par Apollonius, De l’Adverbe, p. 581-583; Arcadius, p. 182, et Jean d'Alexandrie, p. 31.

Di, par Jean d'Alexandrie, p. 31. Cf. Schol. Hom. sur l’Iliade IT, 144 ; XIV, 499.

2° Ils ne perdent pas tout à fait leur accent; ils l'inclinent seulement, par un affaiblissement sensible, vers la syllabe initiale du mot suivant, et cela comme toutes les prépositions et autres signes de rapport, comme #, πρός, ὑπό, καί, elC., Qui, primitivement oxytons, ne s’écrivent guêre avec leur accent primitif, parce qu’ils sont presque toujours unis au mot suivant par la prononciation, et qu'ils abaissent leur accent, ἐγχλίνονται OU βαρύνονται, pour marquer cette union, ainsi que l’attestent les grammairiens, par exemple, au sujet de la particule ἤ΄.

4. Schol. Ven. ad Iliad. T”, 46 : Ἢ τοιόσδε ἐών]... ᾿Ἔνταῦθα δὲ ἐγχλίνεται 6 σύνδεσμος, ὁμοίως τῷ "« Ἦ καὶ Auéorn αὐτὴν ὁδὸν ἄγγελος ἔλθω » (Odyss. IE, 198). — Schol. ad Odyss. Z, 119.:.Θ:ός νύ τις ἢ βροτός ἐσσι. Τὸν À 6 Ἀσκαλωνίτης περισπᾶ ἐρωτηματιχὸν γομίζων. Οἱ δὲ ἐνέχλιναν, ὡς εἰ ἔλεγεν “ εἴτε θεὸς εἴτε ἄνθρωπος. — CI. ad Iliad, &, 264 : Ὕπνε, τίη δὲ σύ, etc.] Ὃ ᾿Ασχαλωνίτης βαρύνει (écrit sans accent?) τὸν n° ἄμεινον δὲ περισπᾶν. Sur le fond de la question, voir Lehrs, Quæstiones epicæ , p. 50 et suiv.

D'un autre côté, de méme que certains monosyllabes, comme πρό et ξύν, ordinairement écrits avec l'accent grave , pour s'unir mieux à leur complément qui les suit, s'écrivent pourtant quelquefois avec l'aigu, ou, par une sorte d’anastrophe, renforcent leur accent (disent les grammairiens ) lorsqu'ils suivent leur complément au lieu de le précéder, comme dans : Ἀρτέμιδι ξύν — οὐρανόθι πρό; de méme ἐς, ὡς reprennent l'accent aigu lorsque, sans changer de sens, ils changent seulement de place dans la phrase, et l’on écrit ἀγορὴν ἔς, au lieu de ἐς ἀγορήν, —— ὄρνιϑες ὥς, au lieu de ὡς ὄρνιθες ᾿. À cet égard encore, il y a donc ressemblance parfaite entre les enclinomenes et les prétendus proelitiques.

Mais si toutes ces particules sont simplement des enclinomènes, comment se fait-il que , par privilége, douze d’entre elles s'écrivent sans aucun signe d’accent dans la continuité du discours, tandis que les autres s’écrivent avec l'accent grave? Voici la raison fort simple qu'on peut, je crois, donner de cette excepuon.

Quand un mot polysyllabe ἃ plusieurs sens , l'accent peut, en se déplaçant, marquer, au moins en partie, celte variété de signification. Exemples : Διοςγενής, adjectif, né de Jupiter, — Διυγένης, nom propre, Diogène ; πείθω, verbe, je persuade , — πειθώ. substantif, la persuasion où la déesse de la Persuasion; τιμῶν, participe, honorant, — Τίμων, nom propre, Tümon; νόμος, loi, — νομός, pdturage. Mais si l'homonymie a lieu dans les monosyllabes, comme

1. Voir les témoignages des grammairiens, recueillis dans Lebrs, Quæstiones epicæ, p. 97-100.

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ὁ, ἡ, εἰ, etc., l'accent ne peut plus servir, par son déplacement, à éviter cette confusion de divers sens. Que reste-t-il donc à faire? Ou bien 1] faut en chanser le signe, quand cela est possible, comme pour πῶς, périspomène et interrogatif, qui se distinguait de πώς enclitique et indéterminée ; ou bien on pourra supprimer l'accent dans un cas et l'écrire dans un autre : c'est ce dernier usage que les copistes grecs adoptèrent, peut-être d’après le conseil de quelque srammairien’, et sans avoir toujours l’excuse d’une absolue nécessité. Ainsi ils distinguërent :

Ὅ, À, οἵ, at, articles, οἱ ὅ, #, οἵ, αἵ, pronoms.

Ὥς avec le sens relatif, et ὥς avec le sens absolu.

Εἰς préposition, et εἷς, deuxième personne du singulier de eiut, ou εἷς adjectif numéral.

’És, préposition, et ἕς, impératif de nu.

Ἔν, préposition et ἕν, adjectif numéral.

Εἰ conjonction, et εἶ, deuxième personne du verbe εἶμι, ou εἶ, adverbe dorien pour ἧ.

Ai, si, conjonction, et αἴ, interjection, ou comme l’appelaient les Grecs, ἐπίῤῥημα σχετλιαστιχόν,

Où, négation prépositive , où employé sans verbe ni adjectif, surtout à la fin d’une phrase, et οὗ, adverbe de lieu ou génitit du pronom ὅς, à, 0.

Ἔξ, préposition, et ἕξ, nom de nombre,

La particule ἐχ ne donnait lieu à aucune confu-

4. Grarmm. ap. Hermann, de Emend, rat., p. 464 : Τὸ εἴτε παροξύνεται" ἐν δὲ τῇ συνεπείᾳ τόνον où δέχεται, εἶ θέλεις, εἰ Gobher. C’est, à ma connaissance, le’seul texte ancien qui mentionne cette suppression de l’accent sur un des prétendus ärova. Quant à la note d’Aristarque sur l’Zliade, Z 289, où Goettling (Πρ. Lehre vom Accent der griech. Sprache, $ 60, p. 389) croit voir quelque allusion à la πρόχλισις de l’article, je pense qu’elle n'offre rien de semblable : Eocdv οἱ] Ἢ διπλὴ ὅτι ἐγχεχλιμένως ἀναγνωστέον οὕτως δύο τόνοις, χαίτοι πυῤῥιχιακῆς οὔσης τῆς λέξεως, ἵνα μὴ ἄρθρον νοηθῇ τὸ οἱ ἀλλ᾽ ἀντωνυμία.

Sion; mais elle aura suivi l'exemple de son équivalent ἐξ. La particule φή pour ὡς, si tant est qu'elle soit bien authentique, se distinguait déjà de 4% pour ἔφη, en ce que φῇ portait le circonflexe au lieu de aigu; on ne voit donc pas pourquoi elle aurait perdu son accent. Quant à l'aspiration qui, outre l'accent, distingue encore εἷς de εἰς, ἔς de ἐς, ἕν de ἐν, ἕξ de ἐξ, οὐ de οὐ, on remarquera qu'Aristote luie n'en tient pas compte dans l'opposition qu'il établit entre les deux orthographes de la particule οὐ. 1] est donc probable que dès lors le son de l'aspiration était très-affaibli, et que c'était l'accent surtout qui servait à distinguer, par sa présence ou son absence, les deux valeurs de chacun de ces monosyllabes.

En résumé, selon la doctrine des anciens, les mots que nous avons trop facilement appelés ἀτονα οἷν προχλιτιχά sOnt des monosyllabes oxytons qui s'unissaient étroitement au mot suivant dans la phrase et qui, pour cette raison, auraient dû s'écrire avec l'accent grave, mais s'écrivaient sans aucun accent, afin qu'on les distinguât mieux de mots semblables par la forme et différents par la sigoification.

Au reste, il y avait peut-être sur ce sujet une lacune à signaler dans la théorie des grammairiens grecs. On pouvait faire ressortir, ce qu'ils indiquent seulement en passant, cette force particulière de la συνέχεια OU συνέπειχ OU σύμφρασις, qui, dans la continuité du discours , fait presque un seul mot de deux mots, en modifiant quelquefois , outre l'accent final du mot, la consonne méme qui le termine. Ainsi, dans les documents épigraphiques

dont quelques-uns remontent jusqu’au temps de Péricles, on trouve:

Τολλογον pour τὸν λόγον. — Τολλόγιστον pour τῶν λογιστῶν. Corpus Inscr. Græc., n. 76. ἣν

Eapro, pour ἐάν που, --- οταμπερ, pour ὅτανπερ; ---- eumoher pour ἐν πόλει. Jbid. |

Eyxvxlor pour ἐν χύχλῳ, Corpus, n. 160.

Τομπολεον pour τῶν πόλεων, Et τομφορον, pOUr τὸν φόρον. Cor- PUS APT 0:

Ἐμποτειδαιαι pour ἐν Ποτειδαίᾳ, et ἐμπυλοι, pour ἐν Πύλῳ. Corpus , n. 111.

Τεμμυσιαν pour τὴν Μυσίαν. Corpus, n. 143.

Et même dans les textes poétiques :

Μεμπολις pour μὲν πόλις, — μεμῴσυχας, pour μὲν ψυχάς, — ἐμπρομαᾶγχοις pour ἐν προμάχοις. Corpus, n. 170.

L'adjectif se trouve ainsi réuni au substantif dans : Ηιερογχρεματον pour ἱερῶν χρημάτων. Corpus, n. 55. Par une assimilation plus remarquable encore :

Ἐσσαμοι se lit pour ἐν Σάμῳ. Corpus, τι. 54, et eycayo pour ἐκ Σάμου. Corpus, n. 55.

Ἰύσσιδωνι pour ἐν Σιδῶνι. Corpus, n. 87.

Ἐσσιγγοι pour ἐν Σίγγῳ. Corpus, n. 171.

Ειστηλας pour εἷς στήλας. Corpus, n. 93.

Ειστηληι pour ἐν στήλη. Corpus, n. 213, par le changement de evç en εἰς comme dans le participe τιθείς pour tibévci.

Ces variantes orthographiques sont des témoignages, précieux par leur naïveté, de la prononciation usitée dans les plus beaux siècles de la Grèce, au centre même de l’atticisme. Elles permettent de croire que l’accent final disparaissait presque complétement du mot rattaché à un mot suivant ; elles ne

1. Exemples réunis par M. Franz, Elementa Epigrapluces gracæ, p. 126, 127.

e Ὄ eo DE L'ACCENT, DE L'ASPIRATION, ETC, 29%

rouvent pas que la disparition de cet accent fütcomeusée par une élévation de la voix sur l'initiale du second mot. Apollonius est, en cela, d'accord avec l'autorité des monuments. Dans le traité du Pronomg nous apprend que la locution dorienne ὁδεῖν pour ὁ δεῖνα était considéré par quelques grammairiens comme un seul mot, et que l’on avait méme admis, énitif, τουδεῖνος avec un seul accent, comme forà un trisyilabe analogue à sw%vo". 1] fallait pour cela que l'union de l’article avec le nom auquel il se rapporte füt très-intime dans la prononciation des Grecs. Bien plus, au milieu de sa théorie, si juste d'ailleurs, sur l'accentuation des mots composés, le même Apollonius écrit cette singulière remarque : « Dans χαταγράφω l'accent ne montre pas s'il y a deux parties du discours ou s'il n'y en ἃ qu'une. Les mots semblables, comme ἀποίχον, xaragépovros, et tous les autres de ce genre sont sujets au même doute , par exemple : ἀποψέ, ἀποδίς et les conjonctions χαθότι, διότι (où je démontrerai qu'il v a une préposition) et beaucoup d'autres”. » Pour les mots qui se conjuguent ou se déclinent , le grammairien se tire d'embarras en remarquant 1° que, s'il y a simple juxtaposition, le second élément ne peut prendre qu'une seule terminaison, comme dans χατὰ Κτυσιφῶντος, ὑπὲρ Ἀριστάρχου, tandis que dans la composition la particule initiale devient indifférente au cas du mot qui la suit, comme dans χαταφέροντος, χατα-

4, P, 73-76 M. Οὐ πιθανὸν οὖν χαὶ τουδεῖνος ὡς σω- Àñ vos προφέρεσθαι,

2. Svnt. IV, 14, p. 304. Il promettait de s'expliquer ailleurs sur ce sujet avec plus de détail : ‘Yrlo ὧν τῆς ἀχριδείας προὐδέμεθα ἐχθέσθαι. ,

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φέροντι, χαταφέροντα; 2° que, dans le premier cas, l’article peut être inséré entre la particule et le nom, χατὰ τοῦ Κτησιφῶντος, Landis que, dans le second cas, cette insertion de l’article est impossible’. Voilà des arguments que l’on peut juger mal choisis, mais peu importe pour le sujet qui nous occupe : ce qui est décisif contre l'opinion de M. Hermann, c’est que nulle part, en cette occasion, Apollonius ne parle d’une action quelconque de la syllabe finale de παρά, ὑπέρ, etc. , sur la syllabe initiale du mot suivant.

En général, quelque imparfaite que nous semble la théorie des accents chez les grammairiens grecs, et quelque désordre qu'elle présente dans les compilations et dans les manuels qui nous l'ont transmise, on n’y doit toucher qu'avec beaucoup d'attention et de réserve. Rien, sur de telles matières, ne peut suppléer pour nous à l'expérience et à l'observation directe des faits”. Les chapitres d’Apollonius sur l’anastrophe nous en fournissent plus d’une preuve. Ainsi nous ne saurions pas sans lui que l'aspiration subsistait devant l’omicron, dans le mot διότι, comme elle se montre dans le mot χαθότι, et que, par conséquent, ces deux mots ne doivent pas être pris pour de véri-

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