‹ Apollonius DyscoleChapitre 78 sur 90 · Synt. IV, 3, p · texte numérisé non relu

Synt. IV, 3, p

2. Hermann, Z. c. 1, 15, p. 68 : « Neque grammaticis fidem abrogare, neque eorum præcepta satis tuto ubique sequi licet. Fidem 115 abrogare periculosum est, propterea quod eos videmus summa diligentia veterem pronuntiationem conservasse. Ubique autem eorum præcepla sequi nimia videtur superstitio esse, quando quidem ista præcepta haud raro ipsa sibi repugnant. » Hermann a-t-il toujours tenu le milieu entre ces deux excès ἢ Sur quelques-unes de ses innovations dans la métrique, voyez A. 1. H. Vincent, dans les Notices et Extraits des Manuscrits, tome XVI, p. 199-203.

@r DE L'ACCENT, DE L'ASPIRATION, ÉTC. ὦ -

tables composés ; nous ne saurions pas que ce phénomène d’une aspiration intérieure se retrouvait dans quelques mots simples, mais particuliers au dialecte laconien”. C’est lui qui nous fait remarquer la force de l'esprit rude dans les syllabes initiales On sait qu'il avait écrit un livre entier sur ce seul sujet = de l'aspiration, et nous avons vu qu'en examinant les formes dialectiques de l'article ὁ, ἡ, +6, il faisait bien ressortir le rapport de l'esprit rude avec la consonne qui en tient la place dans les nominatifs comme τοῖς ταί POUr οἱ, æi°.

L'influence de l'accent sur la quantité lui a suggéré aussi quelques observations dont on voit les conséquences se développer après lui dans la poésie grecque. Il remarque que chez les Éoliens la syllabe accentuée tend à abréger les syllabes qui la suivent ; ce fait l'eüt déjà frappé davantage, s'il avait -connu la langue latine, où l'accent fuyait les finales comme dans le dialecte éolien. Mais c'est surtout dans le

1. Synt. IV, 5, p. 319. Ahrens (de Dialecto dorica, ὃ 9, p. 74, 75), à propos de cette aspiration intérieure qui, dans les mots doriens remplacait quelquelois le Σ, rapproche avec raison du témoignage ci-dessus d’Apollonius, un article de l £rrmologicon Magnum, p. 391, 15, qui contient de curieux renseignements sur ce sujet, et qui semble emprunté au περὶ Πνευμάτων d’Apollonius. Cf. Syne. 1, 24, 25; de la Conj., p. 509, même observation sur εἰσό ( εἰς 4), de l'Ade., p. 612; et surtout un important témoignage de Tryphon sur le mème sujet, dans Athenée, IX, p. 397 E.

2. Synt. 11, 17 p. 190 : Ἢ δασεῖα où ϑέλει ἀφαιρεῖσθαι. Une scholie sur ce‘passage (dans Bekker, p. 387): Οὐδέποτε #heo νασυὸς δασυντιχός" εἴτε (1. εἴγε) τὸ ἅπας οὐδέποτε δασὺ ἀφαιρεῖται, ÆEtymol. M., p. 641, 40 : ᾿Απολλώνιός φησιν ἐν τοῖς πνεύματι τὸν δασεῖαν ἐπιχρατεῖν, ὁ ἐμός-οὐμός, ἃ ἔπαθον-ἤπαθϑον, ete.

3, Plus haut, chapitre 1v, S 3, p. 129-192.

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passage du latin aux langues qui en sont dérivées que se montre l’action dissolvante de l'accent tonique sur la quantité qu'il finit presque par détrôner. Au reste, on trouve, même en dehors de l’accentuation éolienne , des traces de cette substitution d’un principe à l’autre. L’abréviateur de la Prosodie d’Hérodien, Arcadius, signale déjà des pieds métriques « commençant à la syllabe accentuée. » Dans les deux dernières syllabes de τυφθέντα il trouve un trochée ἀπὸ τόνου: dans les deux dernières de μεταμέλει un iambique ἀπὸ τόνου, et de même un spondée dans les deux dernières syllabes de ’Arocidne!. On croit voir pondre là cette versification que les Grecs du moyen àge ont appelée politique et qui sacrifie, sans réserve, la quantité à l'accent? Au xiv° siècle, Maxime Planude* signale quelques passages d’'Eschyle, de Sophocle, d'Euripide et d’Aristophane, où les accents

1. Arcadius, de Accentibus, p. 139, 140. Sur la lutte de l'accent et de la quantité, voir les recherches de M. Benloew : De l’Accentuation dans les langues indo-européennes (Paris, 1847 ), et aussi le précieux Mémoire de J. B. Mablin, sur ces deux questions : « 1° Pourquoi ne peut-on faire des vers français sans rimes ? 2° Quelles sont les difficultés qui s’opposent à l’introduction du rhythme des anciens dans la poésie française ? » (Paris, 1815).

2. Dialogues sur la Grammaire , dans les Anecdota græca de Bachmann, t. II, p. 98-100 : ᾿Αλλὰ γὰρ αἰσχύνη καὶ γλώττῃ ταυτὶ προφέρειν" πολιτιχούς τινας αὑτοῖς χαλουμένους στίχους ποιοῦσι, μέτρον μὲν ἅπαν ἐν τοῖσδε λῆρον ἡγούμενοι, τόνους δὲ δύο περίπου τὰ μέσα χαὶ τὸ τέλος τηροῦντες, καλῶς ἔχειν σφίσι τὸν στίχον φασί. ...... Τὸ μέτρον ὡς ποῤῥωτάτω ἐξετόξευσαν, ὡς μηδ᾽ ἴχνος αὐτοῦ παρὰ τοῖς στίχοις ἐμφαίνεσθαι, μόνου δὲ τοῦ εἱρμοῦ τῶν τόνων ἀντεποιήσαντο " χαὶ νῦν οὐδὲν ἀποδεῖν δοχοῦσι σώματος ἐρήμου Ψυχῆς ( ψυχὴ γὰρ στίχου τὸ μέτρον) μόναις κειρίαις ἐνειλημιένου. Cf. Henrichsen : Ueber die sogenannten politischen Verse bei den Griechen (trad. du danois en allemand par Friedrichsen), Leipzig, 1839, in-8.

se sont naturellement arrangés de manière à former de véritables vers politiques , et il s'indigne de ce que l'ignorance ou la paresse ait changé en une règle nouvelle pour la poésie ce qui n'a été, chez les anciens, qu'une exception et presque un effet du hasard. Au lieu de gémir sur la barbarie de ses contemporains, combien il eût mieux mérité de nous , si, dans les nombreux écrits dont son érudition pouvait user alors et qui sont aujourd'hui perdus, il eût cherché la trace et marqué les progrès d’une révolution, déjà depuis longtemps accomplie en Grèce, et qui devait s'étendre à plusieurs littératures de l'Occident , je veux dire la substitution d'une métrique fondée sur l'accent à l'ancienne métrique fondée sur le principe de la quantité! De tels changements ne se font pas brusquement, et sil est trop tard pour les déplorer quand ils sont irréparables , il est toujours intéressant d'en rechercher les causes et d'en raconter l’histoire.

$ 2. Théorie des formes grammaticales et étymologie.

Si quelque idée marque nettement le caractère de méthode moderne dans l'étude des langues, c est l'idée du radical ou de la racine opposés à leurs a/fixes ; c’est l'analyse du mot considéré comme un étre organique qui a ses parties essentielles et ses parties accessoires, qui suit une loi certaine de développement et de transformation , et qui, par conséquent , a son histoire naturelle comme la plante ou l'animal. De là cette théorie des formes, appelée en allemand Formenlehre, d'un nom dont l'expressive brieveté

manque à notre langue; de là ces traités de la formation et de la composition des mots, où l'organisme grammatical des langues classiques se développe aujourd'hui, dans un cadre régulier, avec toute la précision d’une science posilive ’.

Apollonius Dyscole n'a ni la profondeur ni la sûreté des nouvelles méthodes, mais il en devance plus d’une fois les procédés, et il semble en avoir pressenti quelques axiomes. On a vu plus haut, dans notre deuxième chapitre, les principes généraux qu'il applique à l’analyse de la langue grecque, et dans les longues recherches que nous avons résumées d'après ses écrits, on a pu souvent remarquer chez lui un très-juste sentiment de la valeur des formes grammaticales; par exemple, dans les passages où il signale sans hésiter certaines terminaisons adverbiales comme équivalant à des prépositions; ou lorsqu'il reconnait le sens d’un adverbe dans la terminaison de plusieurs modes du verbe?. Nous pou-

4. Voir, par exemple, les Grammaires latines de Ramshorn (2° ed., Leipzig, 1830) S 80-88 ; et de Zumpt (6° éd. Berlin, 4834), chap. 1x1; les Grammaires grecques de Buttmann (2° éd., Berlin, 1830), 5 118-121; et de Kuehner (Hanover, 1834), S 367-384 ; le livre de W. Pape intitulé : Etymologisches Woerterbuch der griechischen Sprache , zur Uebersicht der Wortbildung nach den Endsylben geordnet (Berlin, 1836), et le Traité de la formation et de la composition des mots dans la langue grecque, par M. Ad. Regnier (Paris, 1840) ; — la Grammaire allemande de K. F. Becker (Francfort sur le Mein, 1836), t. I, S 27-82; la Grammaire sanscrite de Bopp (2° éd., Berlin, 1845), 8. 527- 614 ; enfin la Grammaire comparée du sanscrit, du zend, du grec, etc. par le même auteur, $ 778-1016 { V° et VI® parties de l'ouvrage, Berlin, 1849-1852).

2. Voyez plus haut chapitre v, p. 158, 159, et chapitre vi, S1, p. 186, note 1.

vons multiplier les preuves de cette finesse d'observation.

Ainsi, selon Apollonius, le nom commun tient de fort près au verbe, et, comme le verbe, il exprime le fait ou l'action , d’où il résulte que si la préposition peut faire partie d’un verbe d'action , elle peut aussi faire partie d’un nom : « En effet, περίεργος n'est pas bien loin de περιεργάζεσθαι y Ni μέτοιχος de μετοιχεῖν, mi περίοπτος de περιύπτεσθαι ᾿. » À plus forte raison est-il aisé de comprendre que le participe, sans changer de forme, prenne quelquefois le sens d’un nom.

Tout substantif qui n'a qu'un seul cas, le nominatif, est à vrai dire indéclinable, ou, du moius, au nominatif il n'est pas encore décline”. Dans un substantif qui se décline, c'est au génitif que se subordonnent justement les autres cas, puisqu'ils en dérivent, comme, dans la conjugaison, Fimparfait se rattache au présent , et le plus-que-parfait au parfait”; cependant le génitif lui-même ne s'explique souvent qu'à l'aide du nominatif”.

Comme la déclinaison du nom, la conjugaison du

4, Syne., IV, 3:...... Ἀνάγχη πᾶσα καὶ τὰς ὀνομαστιχὰς πτώσεις ἔννοιαν ῥδηματιχὴν ὁδμολογούσας τὸ αὐτὸ τοῖς ῥήμασιν ἀναδέχεσθαι.

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