Synt. Π, 8 ; HU, 43; de ΓΜ εἶν, p. 575, 601, passim
3. De la Conj., p.526; de l'Ade ,p. 573; Synr. LI, 19: Havros πεπονθότος προὐφέστηχε τὸ δλόχληρον.
4. Synt. UE, 48 : Τὰ πρωτότυπα τῶν λέξεων ἐν ἐλάττονι χαταγίνεται ὕλη τῶν παραγώγων.
304 APOLLONIUS DYSCOLE. — (ΠᾺΡ. VII. S 2.
grecques de Port-Royal; et ils sont plus loin encore de s’élever jusqu’à la conception d’une liste de radicaux purs comme celles que, bien longtemps avant Apollonius, composaient déjà pour leur langue les grammairiens hindous, véritables chefs-d’œuvre de patience et d’exactitude qui font encore aujourd'hui l'admiration des maitres européens".
En général, si les Grecs ont porté dans l’étude de la grammaire une grande habileté de logiciens, on est forcé d’avouer qu'ils n’y portaient pas également ce que joserais nommer le sens grammatical. En erammaire comme en physique, ils suivent trop volontiers une sorte d’intuition , et ils ne savent pas assez se réduire à l'observation et à l'expérience. Au lieu d’étudier méthodiquement les mots et leurs formes diverses comme un ensemble de phénomènes naturels qui ne devaient livrer le secret de leurs lois qu'à une analyse patiente, ils se sont Joués avec les questions grammaticales, comme ils faisaient avec les mgénieuses et souvent inutiles formules de la dialectique. Aussi ont-ils pu rédiger une théorie assez complète et assez claire des parties du discours : c'était là presque un travail de logique; mais l’étymologie, qui suppose avant tout les véritables règles de la formation des mots et le sentiment de cette active fécondité qui est la vie même des langues, l’étymologie n’a jamais réussi, malgré bien des ef-
1. E. Burnouf, Commentaire sur le Yacra, vol. I, p. xxvur et suiv.; Lassen, article sur l’édition de Pänini, par Boethlingk et sur les Radices sanscriticæ de Westergaard, dans la Zeitschrift fur die Kunde des Morgenlandes, τ. IV, p. 233; À Weber, 4kademische Vorlesungen ucber indische Literaturgeschichte (Berlin,
1852), p. 24-26, et p. 198-209.
forts, à se constituer régulièrement dans les écoles grecques ni dans les écoles romaines ,
Apollonius est assurément de tous les grammairiens de l'antiquité celui qui a le mieux compris le vrai caractère de la science qu'il cultive. Mais quelque progrès qu'elle lui doive, on sent encore à chaque instant tout ce qui manque à ce vif esprit pour compléter son œuvre. Certes les étymologies d'Apollouius sont bien supérieures à celles du Cratyle ; c'est une exception chez lui que les erreurs comme celle que nous avons relevée plus haut* au sujet du mot ἄλφα. Il sait la différence d'un radical et d’une terminaison, quoiqu'il n'ait pas de terme technique dans son vocabulaire pour exprimer l'idée d'un radical ou d’une racine. Il sait que les altérations des
1. Voir surtout les premiers chapitres du V° livre de Varron, de Lingua latina, où se remarquent les premiers efforts de la critique pour soumettre l’étymologie à une véritable méthode, M. Lersch (Sprachphilosophie der Alten, 1Π| Theil), n’apprécie pas , je crois, à leur véritable valeur ni ces pages de Varron, ni les recherches et les principes d’Apollonius en matière d’etymologie.
2, Synt. ΠῚ, 26 : Τὰ εἰς 0e λήγοντα μιᾷ ἐνδεῖ συλλαδῇ τῶν εἰς ἡ θα ληγόντων χατὰ πᾶσαν ἔγχλισιν " οὐχ ἄρα χαὶ χατὰ τὸ τοιοῦτον τὸ πεποιηχώμεθα παραχείσεται δευτέρῳ τῷ πεποιῆσθε. Il en conclut que πεποιηχώμεθα est une première personne isolée , mais non pas que c’est une forme barbare, Ce texte a longtemps passé pour corrompu, et Sylburg essayait dejà de le corriger ; mais M. Bekker le justifie très-bien par la citation (p. 419) d'un temoignage de Chæroboscus, qui le confirme et le developpe, en nous donnant aussi les objections d’Hérodien. Voyez encore les Extraits anonymes publies par Cramer, Anecd. Oxon., vol, IV, p. 395, où se trouve résumée la même controverse entre A pollonius et Hérodien. — Macrobe accepte sans discussion la nouvelle forme de subjonetif ; de Differ. et societatibus græci latinique verbi, ©. xvn, τ 1, p. 261, éd. Jan.
mots ne sont pas ainsi capricieuses et sans lien l'une avec l’autre‘, et même il reconnait déjà des lois fort subtiles dans l’organisme grammatical de la langue grecque, comme, par exemple, ce principe d'harmonie qui compense, dans un même mot, les brèves par les longues et les longues par les brèves : δείρω, futur δερῶ avec un radical bref parce que la finale est longue; aoriste ἔδειρα avec un radical allongé parce que la finale est brève”. On n’a qu’à rapprocher de cette observation l'orthographe des comparatifs et superlatifs en ότερος OU ὦτερος, ὅτατος OÙ ώτατος, celle des noms féminins en οσύνη Où ὠσύνη : δῆλος-δ᾽ηλότερος, GYLOS-LYUÔTE00S ; γηθοσύνη et ἱερωσύνη; et, en fait d’aspiration, ἔχω-ἕξω, βάτραχος et βάθραχος, on comprendra toute l'importance du principe si justement signalé dans la Syntaxe d’Apollonius. Mais à côté de ces remarques, on rencontre quelquefois chez notre grammairien d’étranges erreurs. Ainsi Apollonius et Hérodien ne savent comment expliquer, chez les Attiques, les troisièmes personnes du pluriel dans Îles verbes en μι. L'un croit que τιθεῖσι vient de τίθεσι augmenté d’un &, qui produit une diphthongue par contraction en vertu de cette règle que la pénultième des troisièmes personnes doit être longue : τιθεῖσι pour τιθέασι, ζευγνῦσι pour ζευγνύασι, etc. L'autre veut
1. De lAdv., p. 550 : Καθόλου πᾶν πάθος ἐξ ὁμοίου πάθους κατορθοῦται “ ὅ γὰρ λέγων περὶ συγχοπῆς τῆς ἐν ὀνόμασι, συγκοπὴν ΕῚ / 2 \ 2 Υ͂ 2 1 δα. 2 2 se 7 ἐπιδείξει καὶ ἐν ἑτέροις ὀνόμασιν καὶ ἐν ἐπιῤῥημασιν. Le ms. porte ici ( folio 122 verso) ἐπίῤῥημα (fin d’une ligne) ῥήμασιν, par une inadvertance du copiste, que M. Bekker aggrave en lisant ἐπιῤῥύ,μασιν ῥήμασιν. On pourrait aussi corriger la lecon du ms. en écrivant : χαὶ ἐν ἐπιῤῥήμα[σιν καὶ ἐν] ῥήμασιν.