‹ Apollonius DyscoleChapitre 82 sur 90 · Gramm. ap. Aldum , Horti Adonidis , fol · texte numérisé non relu

Gramm. ap. Aldum , Horti Adonidis , fol

2. Voyez Maittaire, Dialecti linguæ gr., p. 308, οὐ, Stura; Abrens, de Dialecto dorica, ὃ 36, p. 291-296,

3. Gramm. ap. Aldum, ÆHorti Adonidis, fol, 207 : Πόθεν τὸ sl;e... À ὡς ᾿Ἀπολλώνιος dx τοῦ ἕω, τὸ ὑπάρχω, οὗ ὁ ἐνεστὼς παθητικὸς ἔἕομαι, τὸ δεύτερον ἔη καὶ χατὰ Αττιχοὺς τροπῇ τοῦ ἡ εἰς τὴν εἰ δίφθογγον γίνεται εἶ.

308 APOLLONIUS DYSCOLE. — (ΒΑΡ, VIII. S 2.

θείκω. Déja son fils Hérodien lui objectait, à propos de ces formes verbales, d’abord que la tradition n'en fournissait aucun exemple , ensuite qu'en admettant le principe d'une telle dérivation, il n'y avait pas de raison pour ne pas former aussi des subjonctifs comme τετύφωμαι, de τετύφω, οἱ μεμνήχωμαι, de μεμνήκω΄. Hérodien pouvait ajouter que la même règle autoriserait des indicatifs comme λελύκαμαι de λέλυχα, τετύφαμαι de τέτυφα. Mais Apollonius voulait évidemment éluder les périphrases comme τεθειμένος ὦ et autres semblables; il croyait, en cela, suivre le génie éminemment synthétique de sa langue ; enfin n’avaitil pas pour lui l’analogie, au moins apparente, de πεποιήχω-πεποιήχωμαι avec ἐποίησα--ἐποιησάμην, οἱ, des deux côtés, il voyait la désinence personnelle (x, w) redoublée par une autre désinence (μαι, μην) qui ἃ la même valeur? Le barbarisme πεποιήκωμαι, si c'en était un, pouvait d’ailleurs s’autoriser de plus d’un exemple où l'usage avait consacré , chez les Grecs, des formes encore plus irrégulières. Tel est le datif τοίσδεσσι, qu'on trouve dans le dialecte épique pour τοισίδε", χεκάμμυχα PDOUT χαταμέμυχα,, et χεχάθικα pour χαθῖχα, mots populaires, il est vrai, qu’Apollonius luimême a relevés’. L'usage hésitait aussi, nous dit-il,

4, Homère, Zliade, Καὶ, 462; Odyssée, B, 165; K. 268; Ν, 258; Φ, 93.

2, Chap. 1, p. 69, où j'aurais dû faire remarquer que Plutarque (Sympos. quæst., IX, 2) avait déjà signalé l’origine phénicienne et le sens primitif du mot ἄλφα.

3. Κατὰ τὴν συνήθειαν, dit-il, Syzt, IV, 7, p. 323. On trouve dans un sens analogue ἐπιῤῥήματα χοινολεχτούμενα pour des adverbes employés dans leur forme vulgaire (κατὰ χοινὴν ou ἕλληγιχὴν γλῶσσαν ) par opposition à la forme dialectique, De l’Adv.,

entre les deux formes εἴρηχας et εἴσηχες pour la seconde personne du parfait eignxz, et entre les deux formes Ἑρμεῖ ou Egu% pour le datif du nom Eguñs'. C'est parce qu'il signale souvent ces irrégularités” et ces négligences” pour les blämer, qu'on s'étonne de le voir, à son tour, en augmenter le nombre par une invention inutile et mal justifiée.

Au sujet des subjonctifs en xwux:, on sait qu Hérodien combattait l'opinion de son père ; il l'a combattue sur bien d’autres points de la grammaire grecque. Mais nous regrettons de n'avoir d'autres témoignages de cette polémique que les citations éparses dans les scholiastes et les compilateurs , et de n'en rien trouver dans les écrits, plus ou moins complets, qui

1. Synt. IE, 10 : Ἤδη μέντοι χαί τινα τῶν χατὰ παράδοσιν où διεσταλμένην ἔχει τὴν προφοράν, τῶν μὲν δισταζόντων εἰ τὸ εἴρηχας ἑλληνικὸν ἥπερ τὸ εἴρηχες διὰ τοῦ ε, À ὥς τινες ἀποφαίνονται, Ἕομεῖ διὰ διφθόγγου, τοῦ λόγου ἀπαιτοῦντος τὴν διὰ τοῦ ἡ γραφήν. J'avertis en passant que le mot προφορά ne doit pas laisser croire que x et « eussent alors une prononciation analogue ; ce mot signifie souvent dans Apollonius ou la forme grammaticale ou l'usage qu'on en fait. Ainsi : Synr., 1, 21 : χατὰ τὴν πληθυντικὴν προφοράν, au Pluriel; 1, 8 : ἐπὶ εὐχτιχῆς προφορᾶς, à l'optatif ; ΠΙ, 27 : χατὰ παρατατιχὴν προφοράν, ἃ l'imparfait, et χατὰ προσταχτιχὴν προφοράν, à l'impératif. I est inutile d’accumuler plus d'exemples. On trouve aussi ἐχφορά employée dans le mème sens chez Apollonius , par exemple, Sync, Il, 21, p. 150; III, 24, p. 253. — Quant à la prononciation de la diphthongue εἰ, voyez plus bas, dans ce chapitre, ὃ 3, p. 319.

2. De l'Adv., p. 572: τὰ ἠλογημένα. Jbid,, p. 583 : Εἰ τὸ ὥς περιεσπᾶτο, ἠλογεῖτο dv, τοῦ ὅς dEuvouévou. CF. Syne., Il, 21, p. 157; de l'Adv., p. 614 : παράλογος réa... ἠλόγηται βαρυνόμενον.

3. Du Pron., p. 69 : To τύνη ὠλιγωρῆσθαί φασι, χαϑὸ τείνει τὸ v. Même sens du verbe ὀλιγωρεῖν dans les exemples cités plus

haut, p. 54, note 3.

nous sont parvenus sous le nom du fils d’Apollonius. Hérodien avait évidemment cherché l'originalité dans une voie un peu différente de celle qu’a suivie son père. Moins philosophe et beaucoup plus philologue, c’est le collecteur patient des curiosités grammaticales accumulées dans les livres par dix générations de commentateurs et de lexicographes ; pour la discussion des problèmes difficiles, c'est , Si Je puis ainsi dire, le premier casuiste de l'Ecole. Je soupconne même qu'il avait appris un peu de latin’, et ce pouvait lui être quelquefois un bon moyen de tancer l'ignorance de cet Apollonius si peu indulgent luimême pour l'ignorance d'autrui, Le latin, au temps de Marc Aurèle, n'était plus seulement une langue unie à la grecque par d’antiques liens de parenté. De même qu'il s'était enrichi par beaucoup d'emprunts au langage d'Homère et de Platon , et, sous le nom d’hellénismes, en avait imité jusqu’à des tours syntaxiques ; de même, à son tour, le grec subissait l'influence de la langue des vainqueurs. Hérodien accepte formellement comme des mots grecs σουδάριον, sudartum, et χελλάριον, cellarium, tout en reconnaissant leur origine romaine, et l'on comprend sa résignation lorsque l’on trouve sur un monument de la même époque, dans une inscription, rédigée

1. Hérodien, περὶ Διχρόνων, p. 359, éd. K. Lehrs (Lipsiæ, 1848) : La διὰ τοῦ œprov ὑποχοριστιχὰ παρὰ τοῖς παλαιοῖς “Ἐλλησι συστέλλει td a, ἱππάριον, φυτάριον. Ἢ μέντοι νῦν συνήθεια ἀπὸ τῆς τῶν Ρωμαίων διαλέκτου πολλὰ ἐπίσταται διὰ τοῦ a prov ἐχτεταμένα, σουδάριον λέγουσα χαὶ κελλάριον. Comparez plus haut chapitre IT, 5. 1, p. 50 et chapitre VI, S 1, p. 188.

2. Synt., II, 24 : Ἂν ἀγνοία γὰρ τοῦ λόγου τινὲς γενόμενοι ὡς ἀτριδεῖς τὰς τοιαύτας εὐθείας παρεδέχοντο. III, 30 : Νν δὲ τὸ δελεάσαν τὴν τούτων ἄγνοιαν À γενομένη ὁμοφωνία, ele.

d'ailleurs en assez bon style, τὰ βῆλα τοῦ θεάτρου (vela theatri); lorsque déjà au temps d'Auguste on voit le mot πάτρων employé, dans une dédicace en lhonneur de Jules César, comme synonyme du latin patronus'. Quintilien a déjà remarqué, au temps de Domitien, ces échanges mutuels entre les deux vocabulaires*. Mais les mots ne passaient pas seuls d'une langue à l’autre ; la syntaxe même de l'hellénisme s’altérait par d'involontaires imitations. Dans les actes officiels, la date consulaire, mise en latin à l’ablatif, était jadis traduite en grec par ἐπί avec un génitif, selon l’usage unanime des dialectes grecs”; on la retrouve encore ainsi traduite dans un monument bilingue de l'an 59 après Jésus-Christ‘. Peu à peu les traducteurs grecs, que frappait la ressemblance du datif de leur langue avec l'ablatif latin, s'habituent à écrire ἐπ᾿ ἄρχοντι au lieu de ἔπ᾽ ἄρχοντος,

4. Corpus Inscr. gr., n. 4283, inscription du théâtre de Patare, en Lycie, de l’an 148 après 1. C.; de même dans une inscription d'Aphrodisias , mn. 2758 : βήλων xai τῶν διὰ θεάτρου. Cf, 1bid., n. 2215. On trouve encore, ἢ, 37341 : ἐπίτροπος ᾿ Γαλλίας ἐπὶ χῆνσον; n. 2927 : ἐν τοῖς ἄχτοις χαὶ τοῖς ψηφίσμασι ; n. 4004 : ἀχτουάριος ; n. 1933 et ailleurs : φίσχος ; n. 3998 : τίτλος: n. 3310 : χαρτάρις; n, 3577 : χουράτωρ; π. 2930 : χουρατορεύω. Cf. Wannowski, A#ntiquitates romanæ e græcis fontibus explicatæ (Regimonti Pruss. 1846), ouvrage dont la première partie est tout entière consacrée à ces rapports des deux langues.

2, Institutiones Orat. 1, 5, $ 58 : « Confessis quoque græcis utimur verbis, ubi nostra desunt, sicut illi a nobis nonnunquam mutuantur, »

3. Corpus ἵππον, gr., n. 2215, inscription de Chio. Le titre honorifique de πάτρων se retrouve encore dans une inscripuon de Corcyre en l'honneur d'Agrippa , Corpus Inser, gr., n. 1878. Voyez encore n°* 14880, 2049, 2425.

Page 1