DE LA CRÉATION
Tant que les hommes ont cru que leur petite planète était le .ceutre du monde ; que, sur la terre, immobile et plate, s'arrondissait le firmament, (1) dans lequel voyageaient alternativement deux grands luminaires, le soleil et la lune, pour les éclairer de jour et de nuit, on conçoit qu'ils aient pu croire à la création, telle que la raconte la Genèse. Les sept jours, qui sont sept âges, ont un certain rapport avec la formation cosmique. A la rigueur, les hommes pouvaient admettre, par exemple, le Dieu des Juifs, qui se promenait dans l'Éden, montait sur un nuage, se cachait derrière un buisson, s'entourait, pour plus de majesté, du tonnerre et des éclairs, conversait familièrement avec Adam, Gain, Noé, Abraham, Jacob, Moïse, et même ne trouvait pas mauvais que les Philistins ou les Amalécites eussent aussi leurs Dieux, qui n'étaient pas lui.
Hais aujourd'hui, la science a percé d'un regard sûr l'immensité
(i)c J'ai fait la terre comme une nappe, et le ciel comme une tente pardessus.» (Psaumes.)
c Et Gsea (la terre) produisit d*abord Ouraûos l'étoile (le ciel), égal h elle même, afin qu'il la couvrit tout entière. > (Hésiode.)
c Dieu .vous a donné la terre pour basci cl le ciel pour édifice* s
(KORAM.)
-iodes cieux, et posé, d*uue main non moins sûre, les grandes lois qui régissent Tunivers. Il suffit que ralmanach prédise à heure fixe le retour d'une marée, d'une éclipse ou d'une comète, pour que la science se démontre et s'impose aux plus ignorants. Elle a donc forcément ébranlé les croyances, surannées et enfantines, de la primitive humanité. Lorsque Galilée a dit : « E pur simuove (1), » il a détruit d'un mot toutes les théogonies qui avaient jusque-là régné sur les hommes. Newton, Bufibn, Volta, Linné, Làvoisier, Lalande» Herschel, Darwin^ Kirkhof (je désigne ainsi Tastronomie, la physique, la chimie, la géométrie, l'histoire naturelle) ont achevé son œuvre et sa victoire. Nous savons maintenant que la terre n'est qu'un des moindres satellites du soleil, qui n'est lui-même, bien que es astronomes lui accordent treize cent mille fois le volume de la terre, qu'une des dix-huit millions de petites étoiles dont se compose celle des quatre à cinq mille nébuleuses qu'on nomme la Voie . Lactée ; et chaque fois que Ton parvient à grossir la lentille du télescope, on découvre da nouveaux soleils dans les profondeurs de l'incommensurable océan des mondes (2).
Nous savons bien plus encore : quoique sans la comprendre (parce qu'il est enfermé dans la limite des sens), l'esprit humain est forcé d'admettre l'infinité de l'espace. Cette question : c Qu'y a-t-il en deçà, qu'y a-t-il au delà î » ne peut être résolue. Tirez par la pensée une ligue droite dans le vide ; étendez-la de toute la force de votre imagination ;. épuisez la langue de l'arithmétique pour en déterminer la longueur ; accumulez des milliards de chiffres pour exprimer les milliards de lieues. Vainement : vous n'atteindrez pas le bout ; il y aura toujours un plw ultra. Faute d'une limite assignable et possible, il faut tenir l'espace pour infini. Comment
(1) Léon Foucault a fait voir et toucher le mouvement delà terre.
(• (â) Ce que le télescope nous montre dans Tinfinité de la grandeur, le microscope nous le découvre aussi dans Tinfinité de la petitesse. S*il est telle étoile dont la lumière met plusieurs centaines de milliers d'années à paryenir sur la terre, bien qu'elle parcoure 78,000 lieues par seconde, n^oublions pas^jue des millions de globules sanguins sont contenus dans une goutte de sang, que des miUions d*infusoires s'agitent dans une goutte d'eau, que des millions d'animalcules (éozoom) composent jçbaqut pi£d cube des moeUons calcaires deParis^
- Il ~
donc admettre la création de mondes infinis comme l'espace, sans commencement, sans fin, sans limites T C'est là qu'éclate aux yeux de la raison Timpossibilité'de créer, de faire quelque, chose de rien, et, ici, de faire tout de rien. C'est là qu*apparatt la vérité formidable du vieil adage : Eo^ nihilo nihil fit.
Mais ce raisonnement n'est pas le seul qui repousse toute possibilité de. la création. Il en est un autre que je crois plus puissant encore, et plus inéluctable.
Si l'on admet l'infinité de l'espace, il faut admettre l'infinité du temps. Elles sont corrélatives. Si l'on ne peut dire : c Qu'y a-t^iî en deçà, qu'y a-t-il au delà !» on ne peut dire davantage : « Qu'y avait-il avant, qu'y aura-t-il après? » Le temps aussi a tou* jours son plus ultra. Amonceler dés siècles dans le temps, c'est amonceler des lieues dans l'espace : double impuissance, double inutilité. Le temps est donc, comme l'espace, sans conunencement, sans fin, sans limites, en un mot infini.
Toutes les religions ont compris cela en faisant du Dieu créateur l'Être éternel, antérieur et postérieur au temps.
L*Ëterael est son nom, le monde est son onvrage.
Hais quand l'Éternel a-t-il fait cet ouvrage, le monde ? A un moment donné du temps. Voilà ce qu'affirment toutes les Genèsçs, ce qu'impliquent d'ailleurs forcément le mot et l'idée de création. Alors Dieu aurait donc passé dans l'inaction toute l'éternité antérieure, sans agir, sans produire, sans régner sur ses œuvres et ses créatures, comme il est censé le faire pendant l'éternité postérieure 7 Mais qu'est-ce qu'une éternité coupée en deux ? Comment concevoir le grand Géomètre, le Démiourgos^ le formateur et le gouverneur des mondes infinis, dormant toute une première éternité» puis s'éveillant tout à coup pour évoquer du néant cet univers, absent jusqu'alors, pour peupler ce vide insondable, pour donner à cette mort universelle la vie universelle, pour faire de ce rien tout, et pour en prendre le gouvernement pendant la seconde éternité ? La contradiction est flagrante. L'Être nécessaire n'a pu rester un seul momeni inutile; l'Être actif et éternel n'a pu man-
quer d'agir éternellement: S'il s rempli sans lacune Tinfinité de Tespace, il a dû remplir de puéme sans lacune l'infinité du temps (1).
Forcement donc, il faut admettre uh monde éternel comme son créateur. Hais en avouant que le monde est éternel aussi, qu'il est coéternel à Dieu^ vous avouez par cela même qu'il n'a point été créé, la création supposant que l'ouvrier a prrcédé Fouvrage. Or, . si le monde est éternefet incréé, il s'est créé lui-même, il est Dieu, et Vous êtes panthéiste (2) .
En tout cas, l'idée de création se brise contre deux obstacles insurmontables : l'infinité de l'espace, l'infinité du temps.
Au contraire, « de l'éternité du monde tout se déduit. » (SaintCT Beuve)(3). '
. (1) ^^ credo, in tenehris vita ac mœrore jacebat,
Dimec diluxit rerum genitalis origo? (Lucrèce),
(^)OfnniasuntDeu8,Deu8est,omnia; Creator et çreatura idem, etc. C*était la doctrine que laissait k ses disciples, dès Tannée 1208, Àmaulri de Chartres, dont le corps fut déterré par les prêtres, et jeté k la voirie. — Eschyle avait dit, bien longtemps auparavant: « Zens est la terre, Zeas est le ciel, Zeus est le monde entier, et encore plus que le monde. »
Et les Védas: cÂditi est le ciel; Âditi est Tair ; Àditi c'est la mère, le père et le fils; Âditi, ce sont tons les dieux et les cinq espèces d'étrcs; Âditi c'est ce qui est né et ce qui naîtra. » ,
Et Gaton dans Lucain:
^ Jupiter est quodcnmque vides, quocumque moveris, • Et Tinscription de Tlsis voilée : « Je suis tout ce qui est. »
(3) Lettre écrite k l'auteur, 17 avril 1867 î
41 Mou cher ami, j*ai lu vx)tre Apologie, qui ne doit pas s'appeler ainsi, carie sage n'a pas kse défendre; c'est un compte-rendu que vous faites, non pas aux autres, mais k vous-même. Il me. parait de tout point exact et rigoureux. La création serait le premier des miracles. Lélernité du monde une fois admise, tout s'en déduit. La fatalité des lois est une consolation pour qui réfléchit, autant et plus qu'une tristesse. On se soumet avec gravité. Cette gravité respectueuse et muette de l^homme qui pense est k sa manière une religion, un hommage rendu k la majesté de l'univers. Nos désirs, éphémères qu'ils sont et contradictoires, ne prouvent rien: ce sont des nuages qui s'entre-choquent an gré des vents; mafe l'ordre sidéral plane et règne au-dessus. Vous êtes, mon cher ami, de la religion de Oémbcrite, d'Âristote, d'Épicure, de Lucrèce, de Sénëque, de Spinoza, de . Duffon, de Diderot, de Goethe, de Humboldt... C'est une assez bonne compaguie*
t Agréez l'assurance de mes sentiments dévoués.
c Saint&-B£uve. »
« La matière et la force qui lui est inhérente, dit Bûchner, avec Vogt, Moleschotl,.Feuerbach, Virchow, etc., ne peuvent être créées, pas plus qu'elles ne peuvent être anéanties (1). Il est impossible qu'elles aient eu un commencement, impossible qu'elles aient une fin... Toutes deux produisent de toute éternité l'ensemble des phénomènes que nous appelons le monde. »
D'ailleurs, la création, comme acte surnaturel, serait un miracle, et de tous les miracles le plus miraculeux. Ce mot la condamne encore, car il n'est plus de milieu devant notre raison : ou le miracle ^écarte la science, ou la science écarte le miracle. Il faut choisir (2).
c La science de la nature, dit M. Ernest Havet> est essentiel-^ lement irréligieuse, puisque la religion se confond avec le surnaturel. * Or, cette science commence à lever les voiles qui avaient jusqu'à présent couvert l'origine des choses. On conçoit sans peine la formation d'une planète comme la nôtre, dans une période qui comprend des siècles de siècles : un fragment de nébulosité, détaché de l'astre central par la force centrifuge, et lancé dans l'espace; une faible rognure des bords du soleil, devenue un amas de gaz, puis de molécules, que la force de'^rotation réunit, presse, agglomère, enflamme-, un amalgame d'éléments en fusion; puis, par le refroidissement , la formation de la masse minérale, de la croûte terrestre par-dessus la fournaise intérieure; puis, le changement des vapeurs condensées, en eau qui tombe à la surface; puis, l'apparition successive , sur cette surface de la terre arrosée par les fontaines et les fleuves, des divers végétaux, de plus en plus diversifiés et compliqués ; puis, enfin, parcourant et montant par degrés l'échelle des êtres, l'apparition successive des animaux, du polype à l'homme (3).
(1) Ex nihilo nihil^ in nihilum nil posse r6verti (Lucrèce).
. (â) c Toat miracle^ s*il éiAi prouvé, prouverait que la création ne mérite pas la vénération que nous avons pour elle, et le croyant mystique devrait nécessairement conclure de Timperfection de la création à TimperrecUon du créateur. » <Cotta). Voir dans J. J. Rousseau la troisième des Lettres écrites de la Montagne: < Otez les miracles de TÉvangile, et toute la terre est aux pieds de Jésus-Gbrist. »
(3) Voir les Époques de la nature dansBuffon et VExposition da système da monde, dans Laplace. Voir au^l FexceUent chapitre intitulé Génération primitive
D'odê part, les découvertes décisives de la paléontologie; — d'autre part, la chimie organique, en ne se l)ornant plus à décomposer les corps, mais en déterminant la formation des corps composés; ~ d'autre part encore, une grande loi nouvelle qu'avaient entrevue Épicure et Lucrèce (1) (la Sélection naiurfille deDarwin), appelée à tenir dans Thistoire naturelle la place de la gravitation dans la physique, en expliquant comment la nature rejette peu à peu les 'individus plus imparfaits de chaque espèce, et même les espèces plus imparfaites de chaque genre, — laissent concevoir le lent et séculaire progrès de ce que j'oserais appeler YautO'-créa-^ tion(2).
Assurément, ceux qui ont vu les habitants aborigènes de l'Australie , au front écrasé , au ventre enflé et pendit , au
diDt le Ufre de Ludwig Bachner, Krafi uni Stoff; — les eommençemefaê d^ monde par M« de JouTeocel, La Terre par M. Elisée Reclus, etc.
Gomme une de nos plus hantes futaies actuelles ne produirait, réduite en houiUe, qu'une minée couche de i5 millimètres, on a calculé que, pour former les strates profondes d*un bassin houiiler comme celui du Nor^umherland, il n'a pas faUu moins de neu{ miUions d'années. Et pourtant la formation houiUère n'est qu'une des cinq ou six grandes périodes qui ont précédé l'époque historique, ceUe del'appariUon de l'homme sur la terre.
Quant, à cette dernière époque, Toioi le résumé des ol^serrations faites par le géologue anglais Vivian sur les restes humains récemment découverts dans la caverne de Kent, près de Torquay : c Une couche contenant des poteries romaines, ayant dès lors environ deux mille ans, se trouvait recouverte par une épaisseur de près de eiaq miUimètres de stalagmites. En oomparant cette épaisseur à eeUe d'autres assises de stalagmites sous-jacentes, et beaucoup plus larges... où l'on a recueilli des os travaillés et des silex taillés, mêlés k des restes de grands pachydermes..., il devient évident, par le calcul de proportion, que l'homme, contem* porain des éléphants et des rhinocéros, existait déjà en Angleterre il y a deux cent soixante-quatre mille ans. » (Extrait de la Pentée nouvelle,)
(1) De rerum natwra, Lib. V, v. 869-875.
(2) Quand on voit avec quelle excessive lenteur, par quels tâtonnements successifs et gradui^s, la nature a formé, modifié, perfectionné les êtres {Natwa non fàcH taUot^ dit Linné), on ne peut que répéter cette juste réflexion d'un philosophe allemand: c D'où viennent les animaux? i se demande-t-il, et il répond: € L'Idée que Dieu les aurait créés par sa volonté n'est pas seulement trop peu satisfaisante; 41e est aussi trop peu digne de lui. La grande âme du monde, qui aurait créé des systèmes solaires et des voies lactées pouvait-elle faire ôe&essaig d'animaux, sauf aies refaire s'ils n*étaient pas assez bons? »• (Zimmermann.) Que dirent à eela les partisans de la genèse biblique?
bras longs et grêles, et plus débiles encore d*intelligence que da membres, ou plutôt plongés dans une profonde stupidité, peuvent fort bien comprendre qu'un gorille devienne un homme (1). Bt ne voyons-nous pas encore sur la terre des peuplades anthropophages, deux mille ans après Platon, huit mille ans après la dynastie^gyptienne par qui furent élevées les grandes pyramides (2)? Si. une planète peut se former dans Vaspaee, soUs l'influence de aon soleil, elle peut se détruire également, soit par Tépuisement de ia chaleur, soit par un cataclysme, témoin les débris de la planète indiquée par Kepler, qui peuplent d'une foule d*astéroïdes Tinter* valle compris entre Mars^ et Jupiter. Un soleil lui-même, s'il peut a'allumer (c'est ce que Ton suppose de certaines nébuleuBes)« peut s'éteindre, et , dans la vie universelle, dans la vie éternelle, son existence de milliards de siècles ne compte pas plus que l'existence d'un éphémère. Ainsi se trouverait vérifiée et démontréo, du haut en bas de l'univers > de l'astre à l'insecte, la destinée fatale de tout être et de toute chose : naissance, progrès, élévation, déclin, chute et mort. . '
Dès que Ton reconnaît ^impossibilité de la création, dans l'es** pace et dans le temps, par un être éternel, antérieur au temps, supérieure l'espace; dès que Ton reconnaît, au contraire, que U matière ne peut être créée, pas plus qu'elle ne peut être anéantie; que l'éternité de la matière est donc certaine, comme en est persuadé rUlustre auteur du Cosmos^ et que la création continue de
(f } MaintMant la raoe matralienne a disparu, «t, parmi les races dlapaniei avant ellet U n po 4*eq trouver quelqu'une encore plus Toiaiaeâeraoimalité; jpa? exeinple, les Maillés de la Guyane, qui vivaient sur les arbres,
«... Si la morphologie soologiqae. était étudiée avec rœil pénétrant d'an GoeUie. d*ua Covier, d'un Geoffroy^Saint^Hiialre, ne pensez^vona pas qo*elle litre* rait le «ecret de la formaUon lente de Vbumanité, ce phénomène étr«nge« en vertu duquel une espèeeanimale prit sur les autres une supériorité décisive? » (£. Renam.I
(9) < La race des Indiens de l'Ouest n*est pas encore 8orti<^ de retape primitive qu'a ût parcourir rhumanité au début de son évolution* celle de peuple chasseur, ' nomade* celle de 1-ftfe de pierreXes Indiens, si les Blancs ne leur avaient pa«, apporté le fer,, auraient encore des armes de silex^ comme Tbomme .antédiluvien (^ peuplait TBorope, il y a cent mille ans, et s*abritalt dans les cavernes, i (L,'9î^ jnoiïïn^ EaxursUm ehe^ lei Peaux- Rouges,)
la matière par elle-même est la conséquence de son éternité ; alors on se rappelle et Ton accepte le mot de Laplace à Napoléon, auquel il expliquait sa Mécanique céleste. « Mais dans votre système, lui 4it FEmpereur, que faites -vous de Dieu? » — < Oh! répliqua l'astronome, Dieu est une hypothèse dont je n'ai pas besoin. >
Laplace parlait ainsi du Dieu personnel, de qui l'on dit qu'il a créé le monde et qu'il le gouverne. Mais, dans ce grand nom de Dieu, il est permis, j'imagine, de placer une idée différente, et non moins grande assurément. Essayons.
Lorsque Pascal a dit ce mot si connu : « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà , » c'était à propos des vérités conventionnelles, de celles que fait et défait l'opinion des hommes, otidoyante et diverse. Certes , il n'eût point ainsi parlé des vérités mathématiques ; il eût dit avec Newton : Natura est semper sibi cfmsona^ car il avait dit lui-même : c La nature s'imite toujours. » Pascal, qui pouvait déjà mesurer et calculer le mouvement des corps célestes dans leur marche uniforme , savait très-bien qu'une seule et même géométrie règne sur tout l'univers; il savait très-bien que partout, dans un cercle, le diamètre est le tiers de la circonférence; que partout, dans un triangle, le carré de l'hypothénuse égalé les carrés des deux autres côtés. Si Pascal vivait de nos jours, et si, en décomposant un rayon de lumière, il parvenait à constater de quels métaux se compose le corps du soleil, il conviendrait aussi qu'une seule et même chimie règne sur tout l'uni- Vers. Et, retournant son mot célèbre, il dirait : «r Vérité dans un astre, dans un monde, vérité dans tous les astres, dans tous les mondes. > Alors il n'aurait qu'à pousser un peu plus loin sa loprjae inexorable pour ajouter : c Même physique, même morale; mêmes lois pour toutes les choses et pour tous les êtres dans tous les mondes, v Alors enfin il pourrait ainsi couronner sa pensée : € Dieu est la résultante générale de toutes les lois particulières, it est la loi primordiale et finale, la loi suprême , la Loi des lois. »