‹ Apologie du christianisme (volume 2)Chapitre 11 sur 26 · LE DOMAINE DE L'INFAILLIBILITÉ PAPALE · texte numérisé non relu

LE DOMAINE DE L'INFAILLIBILITÉ PAPALE

1. Le concile du Vatican s'est prononcé en principe sur ce sujet; le domaine de l'infaillibilité papale est le même que celui de l'infaillibilité de l'Ej^lise catholique, lorsqu'elle prend en concile une décision définitive.* Or, l'infaillibilité de l'Eglise s'étend à tout ce que Jésus-Christ a révélé explicitement ou implicitement au genre humain,

1 Ea infallibilitate pollere {lîomanum Pontificem], qua, divinus Redemptor Etxlesiam suam in definienda doctrina de fide et moribus instructam esse voluit. Cap. iv.

pour son salut, à tout ce qu'il a co.nmandé aux hommes de croire et de faire (in rébus fidei et morum] *. 11 est clair en effet, que nous ne pouvons croire fide dicina, sur l'autoritédeDieu révélateur,que les seules choses que Dieu a bien certainement révélées.

2. L'infaillibilité de l'Eglise enseignante ne s'étend pas seulement à la vérité en soi, mais encore à l'expression, à la formule, au mot qui rend le mieux la vérité révélée. a Gardez le dépôt qui vous a été confié, dit l'Apôtre 2, en évitant toute profane nouveauté dans les paroles. »

3. Le domaine de l'infaillibilité de l'Eglise, et conséquemment du Siège apostolique, devait-il se borner là ? Non, car avec la vérité révélée, beaucoup d'autres vérités qui ne sont pas par elle-mêmes des vérités révélées, se tiennent en si étroite relation que, sans celles-ci, l'Eglise nesaurait enseigner lesvérités révélées ni les expliquer suffisamment, ni les mettre à couvert des attaques 3. Beaucoup

devéritésrationnellessontdoncincluses,soitexplicitement, soit implicitement, dans les vérités de la foi, et ceia i.on

seulement à causedes vérités de la religion nature' le que la foi embrasse également, quoique non comme son objet adéquat ; mais les mystères eux-mêmes contiennent toute une série de vérités rationnelles *. Il est clair que l'Eglise

Mattti. xxvuf, XXIX.

2 I. Tim. 6, 20.

• Suarez, Defid. Di-put. V. secf. 6, 8. Lu.iro, De fid. Disput. XX. Cf. Vatican. I. c.cap. : Ut eo [Spiritu Sancto) assistente, traditam fer apostolos revelationem seu fidei depositum sancte custodirent et fideliter exponerent.

* a Prenons, par exemple, le dogme de la très sainte Trinité ; il est clair qu'il ne se concilie pas avec n'importe quelle conception de la divinité, par exemple avec le panthéisme ou le dualisme, mais uniquement avec la doctrine du tnéisme. Si nous prenons le

APOL. DU Christ. — Tom^ v. 43

prononce infailliblement sur ces vérités rationnelles qui touchent directement ou indirectement, immédiatement ou média'emeat, au domaine de la foi. Elle juge de ces choses d'après les principes de la révélation et conduit les esprits à la lumière de la foi. La définition du cinquième concile de Latran, laquelle a été reprise par le concile du Vatican, est donc la conséquence nécessaire de l'idée vraie de la foi *. A cet égard l'Eglise a plus qu'un droit à faire valoir, elle a un devoir imprescriptible à remplir, sa mission étant de veiller sur la parole de la foi et sur le salut des âmes. Par exemple, étant donné le cas qui rendit nécessaire la définition du concile deFlorence, c'est-à-dire la doctrine pseudo-aristotélique de l'unité de l'intellect chez tous les hommes, dont la conséquence nécessaire est

iogme de la création, celui-ci encore est incompatible avec le matérialisme comme avec le panthéisme et beaucoup d'autres erreurs; il cadre seulement avecla doctrine qui voit, dans l'univers, la réalisation des pensées d'un esprit créateur. La doctrine de l'état primitif et de la chute originelle contient pareillement une conception très précise de l'essence de l'homme... la doctrine de la personne du Christ, une idée très précise de la nature humaine ; la doctrine de la justification, une idée parfaitement nette de la liberté humaine; la doctrine des sacrements, une idée non moins bien déterminée de la nature et de ses rapports avec l'homme; enfin la doctrine des fins dernières nous enseigne très clairement quel est l'ordre naturel et moral du monde. La doctrine de l'Eglise exclut formellement toute autre philosophie que celle-là... Ainsi, autour des dogmes chrétiens s'est donc formée line philosophie chrétienne, qui adhère avec eux si étroitement qu'elle ne pourrait en être séparée sans qu'ils soient eux-mêmes détruits en substance. » Hagemann. Vernunft und Offenbarung^ 4869, p. 63.

1 Ap. Hard. IX. p. 4719 : Cum verum vero minime contradicat, omnem assertionevi veritati illvminatœ fidei contrariam.., omnino falsam esse definimus. Concil. Vatic. Const. De fid. cath. cap. iv. can. II. Si quis dixerit , disciplinas hiimanas ea cum libertate tractandas esse, ut earum assertiones, etsi doctrince revelatœ adversentur, tanquam verœ relineri, neque ab Ecclesia proscribi posse. A. S.

la négation de l'immortalité individuelle, l'Eglise devaitelle attendre que la science se corrigeât d'elle-même, et cela en présence d^une erreur fondamentale qui allait à ruiner toute religion et toute morale? Maintenant une semblable définition portée par l'Eglise est pour la science un point de repère *, une indication d'un résultat à conquérir scientifiquement, une anticipation de la vérité à constater ensuite par la science, ce n'est pas un principe intime de connaissance ni une règle scientifique. C'est une solution du problème par ui)e autre voie et par d'autres HiOyens que ceux que fournit la méthode scientifi([ue, ce n'est pas un empiétement sur la méthode elle-même ; l'Eglise ne veut pas nier Tautonomie de la science ni son droit à connaître par elle-même et conformément à ses principes ; encoremoins prétend-elle confondre le domaine de la foi avec celui de la science, et des deux sphères n'en l'aire qu'une 2. La science corrige elle-même ses erreurs, 0 est très vrai, elle le doit même. Mais le Christ est le liiiérateur de tout ce qui est dans le monde, et même de la science. Ce qui la trouble, l'entrave, l'égaré dans sa marche vers la vérité, n'appartient pas à la vraie science : ce sont les mensonges de l'imagination, la tyrannie des sens, l'insuffisance de la force intellectuelle, les préjugés et les passions du cœur 3. Le Christ nous a donc délivrés

* Stella rectrix. PiusIX ad Archiepisc. Monach. d. 21 decemb.

2 Itaut philosophia nihil in se admitteret, quod non fuerit ab ipsa suis conditiotiibus acquisitum aut fuerit ipsi alienum. Id. ad eumd. d. II.Dec. 4862.

3 Sur l'erreur comme résultat de l'influence de la volonté, voir Thom. Summ. Theolog. 11.41. qu. cliv. art. 2. q. m. De mal, art. 13. sur l'influence de la sensualité. Id. 1. c. i. 11. qu. xxxiii, art. 3 ; de l'orgueil i. n. qu. lxxvii, art. 4 ; de l'aversion et de

en nous donnant, par anticipation, sur certaines questions de l'ordre naturel, une solution que la science peut main« tenant fournir par la méthode qui lui est propre.

4. Il est vrai, les erreurs énoncées contre cette dernière catégorie de vérités, qui ne se trouvent pas formellement comprises dans le dépôt de la foi, ne sont pas des hérésies ; car l'hérésie est une opposition directe contre une doctrine expressément révélée et proposée par l'Eglise. Néanmoins, la censure théologique, prononcée par la plus haute autorité enseignante contre une erreur de cette sorte, est infailliblement vraie par elle-même, et la proposition censurée est à prendre par nous comme infailliblement erronée dans le sens où elle a été condamnée *. L» raison par laquelle nous accordons notre adhésion à

la colère, i. ii. qu. xvni. art. 3 ; de la présomption de la raison, 1. II. qu. LX. art. 5. in ii Metaph. Lee i. De là se tire la raison qui a lait repousser la Prop. X du Syllabus : Quum aliud sit philoxophus, aliud philosophia, ilte jus et ofjicium habetse sîibmittendi aucLoritati, quam veram ipse probaverit : at philosophia neque potest neque débet ulli sese submittere auctoritati. (Ainsi parle Fro^chammer, Einleitung in die Philosophie, 4838, p. 272.) Au contraire, saint Thomas [super Boeth. Tria. Proœm.qa. ii. art. 3, dil: Sicui sacra doctrina fandatur super lumen fidei, ita philosophia super lumen naturale rattonis. Und impossibile est, quod eo, quœ sunl philosophiœ, sint contraria iis, quœ sunt fidei ; sed deficiunt ab eis... Siqnid aulem in dictis philosophorum inveniatur contrarium fidei , hoc non est philosophiœ, sed magis philosophiœ abusus ex defectu 7~atio7iis.

1 Bannez. in ii. qu. xi. art. 2 : Error est, vel proximum errori, asserere, quod Ecclesia in ejusmodi censuris possit errare. Lugo, i. c. n. 106 : Equidem non est dubium, quando Ecclesia déterminât et déclarât aliquam propositionem esse hœreticam ; tune implicite déclarât contradicloriam esse de fide ; non potest autem Ecclesia errare proponendo nobis oliquid ut de fide, quod non sit rêvera de fide. De aliis autem censuris potest esse major difficuUas. Communiter tamen Doctores fatentur, certum esse Ecclesiœ judicium in his censuris statuendis. Ego etiam puto esse errorem vel errori proximum dicere, quod in his censuris decernendis possit iiummus Pontifex errare, quia infallibilisSpiritus Sancti assistentia

LA PRIMAUTÉ DOGTUINALE. 677

ce jugement, c'est l'autorité du magistère ecclésiastique infaillible, qui est accepté par nous comme tel, à cause de l'autorité divine infaillible. L'acte de foi pav lequel, dans le cas donné, nous nous soumettons à la décision du magistère ecclésiastique, n'est donc pas un acte de foi immédiatement divine, mais il résulte de celui-ci et se fonde sur lui *.

Ecclesiœ promissa, non videtur limitanda ad ea solum doçpnnla, quœ tanquam de jide proponuntur et creduntur ah Er.clesii. s d débet extendi ad ea omnia, quœ fidèles ex prœcepto Ecclesiœ cr-'dere tenentur.

Directement, immédiatement et en soi, rinfaillibi'itf^ 'jcc'osiastique ne s'étend certainement qu'au domaine de la foi révélée; mais indirectement tt médiatement elle s'étend aussi sur des véri es de l'ordre naturel.

Lutgo, 1. c. n. 11 1 : Dicendum est, posse ipsum quasi potes laie assisteiïtia directe decernere cirra doctrinas revelatas; quasi in directe vero circa doctrinas naturales e! naturali luniine cognns cibiles, quando harum etiam cognitio deservit ad doctrinavi saluli et theologicam stabiliendam et judic.andam.

C'est ainsi que, conformément à la Bulle de Martin V, ïntert cunctas et In eminentis, de l'an 1418, les personnes soupçonnées d'hérésie durent être que<t!onnées, savoir si elles croyaient aux décisions du concile sur les 45 articles de Jean WiclefF et sur les 30 de Jean Huss ; cependant ces articles ne sont pas tous hérétiques.

L'erreur est possible dans la déclaration de l'autorité, lorsqu'elle se borne à présenter une opinion comme plus probable, j3ro6a6iiior, dit le concile de Vienne au sujet de l'infusion de la grâce et des vertus surnnturelles, dans les enfants que l'on baptise. Car alors la proposition est présentée non comme vraie, mais comme vraisemblable. Tamen posse credi, dit Lugo (1. c. n. 129), quod licet circa hoc nulla exstet divina promissio, Deus tamen non permittet ab Ecclesia doctrinam aliquam circa hujusmodi materiam fidelibus omnibus ut probabiliorem proponi, quœ reipsa falsa sic. ■Voici la raison : daret occa^ionem niagnam fidelibus adhœrendi magis et magis doctrinœ falsœ propter reverentiaui erga communem prœceplorem, et redderet difficiliorem inventa falsitatem, si qucB in ea opinione esse t.

1 C'est pourquoi cette foi est diie /ides ecclesiastica ou bien médiate divina. Lugo, I. c. Disp. L n. 275. Suarez, 1. c. Oisp II Sect. VI.

5. Ayant à décider ce qu'il faut croire ou ne pas croire, le magistère infaillible est aussi infaillible quand il s'agit de déterminer l'étendue de ses attributions. La prérogative qu'il possède de rendre des décisions infaillibles avec l'assistance du Saint-Esprit, il ne peut donc pas, précisément parce qu'il est conduit par le Saint-Esprit, l'étendre à des objets et à des questions auxquels ne s'étend pas l'autorité qu'il tient de Dieu.

6. Le magistère ecclésiastique prononce infailliblement sur les faits dogmatiques, c'est-à-dire sur le sens objectif et réel, orthodoxe ou erroné d'une proposition dogmatique exprimée oralement ou par écrit ^ Le sens de l'écrivain, ce n'est pas celui qui peut se trouver dans le premier passage venu pris séparément, mais celui qui résulte du plan et de l'ensemble de tout l'écrit. Ce qui tombe sous !a compétence de l'autorité doctrinale, ce n'est pas la personne de l'écrivain comme telle (sensus siibjectivus), c'est le sens tel qu'il se présente dans l'écrit (sensus objectivus).

La raison de cela n'est pas difficile à apercevoir. La pensée et l'expression sont deux enfants jumeaux de l'esnrit, ils naissent ensemble. Si l'enseignement de l'Église est infaillible, iîfaut nécessairement que l'Église soit aussi infaillible pour trouver l'expression juste, le mot précis qui rend la vérité à enseigner. C'est à cette condition seulement qu'elle peut remplir sa mission d'institutrice des peuples. Il faut, pour la même raison, qu'elle soit aussi infaillible dans la réprobation des mots, des propositions, des écrits qui expriment le contraire de la vérité révélée: ainsi le concile de Trente enseignait la foi catholique lorsqu'il réprouvait dans les canons les expressions des réformateurs. Cela se prouve aussi parla conduite de

i Stnsiis ab auctore intentus.

l'Église dans tous les temps. Elle emprunte à l'Ecriture et aux antiques documents delà tradition, le contenu de la révélation et elle les explique d'unemanière infaillible. D'autre part, elle condamne les hérésies ainsi que les écrits qui les contiennent *. Sans cette infaillibilité, l'Église ne pourrait pas distinguer qui est l'organe de sa vraie doctrine et qui parle au service de l'hérésie. Car l'Église enseignante consiste réellement dans l'ensemble de ses docteurs. Elle ne pourrait pas préserver les fidèles du poison des fausses doctrines, si elle pouvait leur permettre, leur ordonner d'adopter une fausse doctrine et d'en rejeter une orthodoxe. Certainement le sens d'un livi-e n'est pas révélé à l'Église directement, immédiatement et en lui-même, mais bien indirectement et médiatement. Ce qui lui a été révélé directement, c'est la vérité exprimée ou niée dans les écrits qu'elle doit juger, et l'assistance du Saint-Esprit lui a été promise dans l'exercice de son ministère doctrinal.

7. L'Eglise enseignante est infaillible dans toutes les décisions obligatoires pour l'Eglise univer.>elle rendues sur des questions de morale ^. Pour cette raison, la discipline ecclésiastique, en tant qu'elle forme une règle pour toute l'Église, ne peut rien contenir contre la foi ni contre les mœurs 3. Au contraire, dans les prescrip-

1 Ainsi, les Pères du concile de Nicée condamnèrent l'écrit d'Arius inlitulé iàxtla.^ et ceux d'Ephèse, les écrits hérétiques d& Neslorius. etc. Héfélé, Histoire des conciles, I, p. 285. II. 267. Mansi, t. V, p. 413.

2 Melch. Can. 1. c, v. o : Ecclesia non potesl definire, quippiam esse vitium, quod honestum est, aut contra honestum esse quod est turpe.

3 August. Ep. IIS ad Januar. cap. xix : Ecclesia Dei, inter multam paleam multaque zizania constituta, multa tolérât, et tamen, qncB sunt contra fidem vel bonam vitam, non approbat, nec

tions qui n'obligent pas toute l'Église, l'infaillibilité n'existe pas. Nous ne sommes donc pas tenus de trouver bonnes toutes les mesures adoptt'es par les Papes * ; nous ne sommes pas non plus obligés de croire que certains points de la discipline ecclésiastique seraient encore utiles dans des circonstances tout autres.

Au reste, l'Eglise elle-même a, dans le cours dessiècles, introduit plusieurs changements dans la discipline ecclésiastique. De ce que l'autorité ecclésiastique est infaillible dans l'exposition des principes généraux de la morale, il ne s'ensuit nullement qu'elle soit aussi infaillible dans l'application de ces mêmes principes aux cas particuliers des personnes et des temps 2.

8. Les décisions des congrégations romaines, en particulier de l'Inquisition et de l'Index, ne peuvent prétendre, par elles-mêmes, à l'infaillibilité; mais, à cause de l'auto-

tacet, nec facit. Ep. liv : Si quid iiniversa per orbem fréquentât Ecclesia, quin ita faciendiim sit disputare, apertissimcB insanité est. Auctor. Fid. prop. 78 : Quasi Ecclesia disci-plinam constituer e possit non solum inutilem et onerosiorem quant libertas christiana patiatur, sed et periculosam, noxiatn, inducentem in superstitionem et mater ialismum... Ecclesia ac Spiritui Dei quo ipsa regitur (propositio] injuriosa, ad minus erronea.

1 Melch. Can. 1. c. Non ego hic omnes Ecclesiœ leges approbo non universas pœnas, censuras, excommunicationes, suspensiones, irregularitates, interdicta commendo. Scia nonmdlas ejusmodi leges esse, in quibus, si non aliud prcBterea quic((uam, at prudentiam certe modumque desideres... Nunc illud br éviter dici potest, qui Summi Ponlificis omni de re quacumque judiciurn temere ac sine delectu defenditnt, hos Sedis apostoliccB auctoritatem labefactare, non fovere, evertere, non firmare. Non eget Petrus mendacio nostro, noslra adulatione non eget.

2 Suarez.l.c. sect. vni : Hoc intelUgendum quantum ad subs» tantiam seu quantum ad honestatem morum ; nam quoad circumstantiasvel muUiplicandoprcBcepta, vel rigorem aut nimias pœnas, non est inconveniens aliquando committere aliquem hiimanum iefeclinn, quia hoc 7ion est contra Ecclesiœ sanclitatem.

LA PRIMAUTE DOCTRINALE.

^il

rite doctrinale de laquelle elles sont issues, nous leur devons notre respect et notre considération *.

9. Celui qui, après la canonisation d'un saint, noettrait encore en doute sa sainteté ne serait point pour cela hérétique ; cependant le doute, en pareil cas, n'est point permis, il mérite réprobation. Si l'Église pouvait faire rendre un culte public à des impies et à des damnés, et ordonner de célébrer leur fête, les proposer aux fidèles comme des modèles à suivre et à imiter 2, une telle erreur porterait le plus grave préjudice aux mœurs ; elle serait en contradiction complète avec le caractère de l'Église qui est sainte^, et enfin elle aurait pour conséquence de rendre impossible le culte des saints.

* Plus IX. Ad archiep. Monach. d. il dec. 1863 : Opus esse, ut (viri catholici) se subjiciant decisionibus, qiiœ ai doctrinam pertinentes a pontifîciis congregationibus profei'untur .

2 Bonum atque utile esse, suppliciter eos (sanctos) invocare doceant episcopi, ut (fidèles) ad sanctorum imitationem vitam moresque suos componant. Goac. Trident, sess. xxv.

3 Melch. Gan. 1. c. Non esset valde absurdum (daus cette hypothèse) divorum omnium cultumab Ecclesia explodere... Nec dijferl, diabolum colas an hominem condemnatum... Qui fidera in his Ecclesiœ detrahunt, eos non hœreticos quidem, sed temerarios, imprudentes, irreligiosos esse credamus. Thom. quodlib. ix. 16 : Quia honor, quem sanclis exhibemus, quœdam professîo fidei est, quœ sanctorum gloriam credimus pie credendum est, quod nec eliamin fiis judici uni Ecclesiœ er rare poiest. Suarez, 1. c. sect. Benedicl. XIV. De sermrum Dei beatificatione et canonizatione. Palav. 1743.

FLN DU TOilE Gl.NQLIE:ilE.

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