‹ Apologie du christianisme (volume 2)Chapitre 8 sur 26 · L.V PRIMiUTK DOGiniXALE · texte numérisé non relu

L.V PRIMiUTK DOGiniXALE

qu'un instrument dans la main de Jésus Christ, qui, présent, quoique invisible, gouverne ainsi son Eglise, la protège, l'enseigne et la préserve de la ruine en dépit des portes de l'enfer.

La sainte humanité de Jésus-Christ n'est en elle-même qu'un être fini et créé; mais, par son union hypostatique avec la divinité, elle est devenue l'organe par lequel toutes les influences de la grâce s'i'panchent sur l'Eglise et sur le monde, soit dans les sacrements, soit indépendamment deux; car en elle est la source de toutes les grâces '. Ainsi, si nous osons comparer l'humain au divin, le Pape, les évêques et les prêtres ne sont que de faibles hommes soumis à l'erreur et au péché; mais le Christ, qui vit à jamais dans son Eglise, le Christ, Chef de rÉgiise les a tellement enrichis des trésors de la grâce dont il possède la plénitude, il leur prodigue tant de grâces d'état et de tels pouvoirs, qu'à leur parole le péché fuit, le ci«^l s'ouvre, et que le Fils de Dieu lui-même descend dans leurs mains comme autrefois dans les bras de la Vierge Marie.

Mais celui à qui il a confirmé une mission toute spéciale dans son Eglise, celui à qui il a donné une place à part au-dessus de tous, celui qu'il a, lui le pasteur invisible, établi pasteur des pasteurs, chef des chefs, père et docteur de toute la chiélienté, ne devait-il pas aussi lui réserver une grâce toute spéciale et proportionnée à la sublimité de sa fonction, de même qu'il a accordé aux

1 Thom. Aquin. De Yer. Q. xxix, art. 5. Od. 3. Qu. iv, 4. Interior influxus gratiœ non est ah aiiquo nisi a solo Christo : cujus humanitas ex hoc, quod est divinilali conjuncta, habet virtU" tem iustifi( andi. Art. 5; Ipsa est principinm omnis gratics sccundum humanitatem, sicut Deus est primipium omnis esse.

Apol. du Christ. — Tome y. 37

évêques et aux prêtres celle que réclamait l'accoraplissement de leur ministère? Si, il le devait, et c'est ce qu'il a a fait. Celui à qui il commande de paître tout le troupeau, il lui a donné en même temps la grâce nécessaire correspondante à sa charge. A la puissance primatiale répond la grâce primatiale. Et celle-ci se manifeste tout spécialement dans la primauté doctrinale infaillible.

Toutes les oppositions entre la religion catholique et les confessions séparées ont leur point de départ et leur plus profonde racine dans la doctrine concernant l'Eglise et son autorité. Pas de christianisme sans Eglise, et pas d'Eglise sans autorité. Celle-ci est le principe efficace de l'unité; sans elle, l'anarchie prend la place de l'ordre, la division celle de l'union. Cette unité dans l'Eglise est double : il y a l'unité dans la foi et Tunion dans la charité par la communauté ecclésiastique *. L'unité dans la foi passe avant tout; car la foi est l'élément vital de l'Eglise; Jésus-Christ a prié pour l'unité dans la foi -, elle est le fruit delà rédemption, et le sceau de la divinité de l'Eglise.

C'est pourquoi l'Eglise universelle ne peut pas tomber dans l'erreur ni perdre Tunité dans la foi ^ Mais l'Eglise reçoit la foi par le ministère d'enseignement institué pour cette fin. Ce ministère d'enseignement ne peut errer, lorsque, à la place de Jésus-Christ et assisté par lui, il expose aux fidèles les vérités de la révélation ■*, ce qui

1 Ambros. Offic. ni, 3 : Congregatio, quœ in unum connexum ccrpns alque compactum unitate fidei atque caritatis assurgit.

i Joan. xvn xx.

3 InfalUbilitas passiva, médiate et quoad finem.

* Infallibilittas activa, immédiate et quoad subjecttm.

LA PRIMAUTÉ DOCTRINALE. O^i)

constitue pour chaque tidèlo la règle infaillible de sa foi. Car < il n'y a qu'une voie pour parvenir à la vraie religion, dit saint Augustin*: c'est que l'on croie une autorité décisive, investie de la plus haute puissance >. Ainsi la doctrine de la foi coule des lèvres de l'Eglise enseignante, comme autrefois elle coulait de la bouche de Jésus-Christ sur les multitudes qui le suivaient. Pendant que l'Blglise publie les paroles de la vérité, le Saint- Esprit répand la grâce de la foi dans les cœurs ^.

C'est ainsi que la foi prend racine, c^est ainsi qu'elle croit et se développe, sans cesser d'être avant tout et en tout l'œuvre du Christ dans les âines, mais qui se fait par l'intermédiaire du magistère ecclésiastique, organe visible du Christ et son instrument. C'est ainsi que les lidèles ont essentiellement toujours la même foi ; mais l'Eglise va au-devant des besoins de tous les siècles, elle donne aux fidèles la réponse à leurs questions, elle les défend contre Terreur aux mille formes changeantes, elle réfute les hérésies ; non contente de posséder l'héritage de la foi dans sa plénitude, elle le développe et l'expose d'une manière toujours plus claire, plus approfondie dans toutes les directions; les croyants avancent ainsi dans la connaissance du Christ^et de sa doctrine; mais c'est toujours le même vieil héritage de la foi qu'ils possèdent, quoique sous des formes et avec des conséquences et des applications nouvelles. Ainsi tous sont membres de l'Eglise, tous se livrent avec confiance à l'enseignement ecclésiastique, comme autrefois les disciples à la parole

1 De utilit. credendi. G. ix.

2 I. Joan. 2, 20-27. Cf. I. I. V, August. In i. Joann. Trad. m. 13 : Magisteria forinsecusadjutoria quœdain suntet admonitiones ; cathedram in cœlo habet, qui corda docet.

du divin Maître, et la même foi vit en tous, partout et toujours; car elle est bâtie sur une base solide, posée par la main même du Seigneur, ou plutôt elle repose sur le Seigneur lui-même, qui la garde et lui prête son assistance jusqu'à la fin. Ainsi les évêques sont en union avec le Pape lorsqu'ils exercent, soit dans le concile soit en dehors, la charge que Dieu leur a confiée d'enseigner, eux qu'il a institués témoins de la vérité catholique, contenue dès le principe dans le dépôt de la foi soit explicitement soit en germe et dans ses prémisses: c'est pourquoi ils sont juges dans les questions de foi, pour décider sur le droit sens et sur la saine interprétation de la sainte Ecriture et des documenta primitifs de la tradition *. Témoins et juges infaillibles, ils sont ainsi les docteurs infaillibles, faits pour être le fondement où s'établit le règne de la foi dans les âmes, règne que la confession extérieure manifeste ensuite au grand jour.

Ainsi procède la foi catholique. Ce n'est point comme mandataires de leurs diocésains que les évêques paraissent au concile; car les évêques sont chargés d'enseigner, et c'est le devoir des fidèles de recevoir leur enseignement; les uns sont docteurs, les autres disciples; les uns sont juges, les autres soumis à la sentence. Les évêques ne viennent pas témoigner de la foi actuelle de leurs troupeaux, mais de la doctrine des pasteurs, leurs prédécesseurs, de la doctrine des saints Pères, afin que la foi antique reçoive de leur bouche une solennelle confirmation 2. Ce n'est pas la grandeur de leur diocèse ni l'éclat de leurs qualités personnelles, mais le témoignage

1 Conc. Trident. Ses8. iv. Vatican. Defin. Cap. il.

2 Vincent. Lirin, C. xxx-xxxni.

des Iradilions, surtoutcelui des Églises apostoliques, qu'ils apportent avec eus *, qui donne du poids à leur sentence, car les évêques sont les canaux de la semence apostolique 2.

a La tradition apostolique », dit saint Irénée 3, a se « conserve par la succession des évêques dans l'Église. » € Ce qu'ils apportent de traditionnel est seul droit, parce « qu'il a été transmis par ceux qui avaient mission de le « transmettre ^ » L'importance de leur office de juges dans la foi ne dépend nullement de la science ni de l'expérience qu'ils peuvent avoir, non plus que de leur génie ou de toute autre qualité personnelle; à la vérité, cet office n'exclut point les moyens humains ; mais l'importance qu'il a dans l'Eglise et pour les fidèles dont il force l'adhésion, il ne la reçoit pas des fidèles euxmêmes, mais d'un élément surnaturel, qui est le plein pouvoir d'enseigner conféré à l'Eglise par Jésus-Christ et la promesse d'infaillibilité qui y est jointe.

Comment maintenant faut-il concevoir cette infailhbilité de l'enseignement ecclésiastique?

Elle n'est pas la même que celle qui est un effet de l'inspiration. Celle-ci ne convient qu'aux livres canoniques de l'Ancien et du Nouveau Testament. Voici comment le concile du Vatican parle de ces livres »: a L'Eglise tt les tient pour sacrés et canoniques : non pour cette « raison qu'après avoir été composés par le seul génie de

i TertuU. De prœscript. C. xx

2 Id. C. xxn.

» Ad Hœres. m. 2.

* Tertull. De Cor. Christ. C. ii.

5 Coasl. Dei Filins, cap. 2.

« l'homme ils auraient été ensuite approuvés par l'autorité ,( ecclésiastique, ni seulement parce qu'ils contiennent la « révélation sans mélange d'erreur, mais parce que, « écrits sous l'inspiration du Saint-Esprit, ils ont pour « auteur Dieu lui-même et ont été livrés à l'Eglise comme « tels, y Dieu est donc le premier et véritable auteur du livre inspiré, non qu'il l'ait écrit lui-même, mais parce qu'il a déterminé quelqu'un à écrire ce qu'il voulait et rien que ce qu'il voulait. Dieu donne l'impulsion surnaturelle pour la composition du livre, et assiste celui qui le compose.

C'est ainsi que l'Eglise a tracé les limites, que nous ne saurions franchir sans dénaturer l'inspiration et la dégrader». Elle n'exclut cependant pas les différents modes d'action du Saint-Esprit correspondant, dans les limites marquées, à la différence des matières traitées dans les saints Livres. En certaines parties, notamment en ce qui regarde les livres prophétiques et didactiques, l'Esprit- S ."int communique à l'écrivain sacré des révélations immédiates, surnaturelles et spéciales, tandis que pour d'autres parties, par exemple en ce qui concerne les livres historiques, après avoir excité l'écrivain à se mettre à l'œuvre, il lui prête seulement son assistance pour le préserver de l'erreur, l'abandonnant pour le reste à ses propres facultés ^.

4 Ainsi la thèse lu de Lessius et d'IIamelius, condamnée par '65 Facultés de Louvain et de Douai, 458S ; Liber aliqins (qmhs fyrte secundum Marhabœoruw). humana industria sme assislentia Spiritus Sancti scriptus, si Spiritus Sanctxis postea testetur, nihtl ibi fuisse falsum, efficitur Scriptura sacra.

« Thom. Aquin. Summ. thenl. II. ii. 0>'- CLXXV , art.: Illorum qui hagiographa scripserunt, plures loguebantur frcquentius de his, quœ humana ratione cognosn possunt, non quasi ex

Si nous considérons le dernier principe de l'infaillibilité, il est clair qu'il n'est autre que l'intervention active du Saint-Esprit; si nous en considérons l'effet, il consiste en ce que celui qui possède ce privilège soit exempt de toute erreur dans la sphère déterminée de son infaillibilité. A ce double point de vue l'infaillibilité du magistère ecclésiastique coïncide avec celle qui est l'efifet de l'inspiration, mais la coïncidence s'arrête là. Les livres inspirés sont proprement et en principe l'œuvre du Saint-Esprit, ils ont Dieu pour premier auteur. Telles ne sont pas les décisions du magistère ecclésiastique : elles sont avant tout l'œuvre de l'homme, mais de l'homme assisté par le Saint-Esprit. Dans les livres inspirés, l'influence du Saint-Esprit est positive^ de sorte que, du commun avis des théologiens, le contenu du livre, en ce qui concerne les faits qu'il raconte et les maximes qu'il émet, a été mis en état sous l'impulsion et avec l'assistance du Saint-Esprit* . Dans les déclarations et les sen-

persona Dei, sed ex persona propria crni adjutorio tnmen divini luminis. Bellarm. De verb. Dis. I, 15 : Respondeo, Deum quidem esse auctorem omnium divinanim Scriptiirarum, sed aliter adesse prophetis, aliter aliis, prcBsertim historicis. Nam prophetis rêvetabat futura, et simul assistebat, ne aliquii falsi admiscerentin scribendo ; aliis autem scriptortbiis Deus non semper revelabat ea, qucB scripturi erant, sed excitabat, ut sr.riberent ea, quœ vel viderantj vel audierant vel quorum recordabantur, et simul assistebat, ne falsi aliquid scriberent, quœ assistentia non faciebat, ne labo- Tarent in cogilando et quœrendo, quid et quomodo scripturi essent.

1 Hieronym. Praef. in Ep. ad Phil. : An potins ejusdem potentiœ est ingenium, quod in mijoribus exercueris etiam in minoribus non negare ? — Augustin. Ep. 83 : Ego eis solum Scriptiirarum libris, qui jam canonici appellantur , didici hune timorem honoremque déferre, ut nullum eorum auctorem scribendo aliquid errasse firmissime credam, ac si aliquid in eis offendero libris, nihil aliud quam vel rr.endosum esse codieem, vel interpretem non asse-

584 CHAIilRE XXIV.

tences du magistère ecclésiastique, au contraire, le rôle d'J Saint-Esprit est avant tout négatif; il laisse ceux qui en sont les O'ganes méditer, étudier, rechercher par euxmêmes; il préserve seulement ce magistère de toute erreur dans ce qu^il reconnaît et décrète officiellement comme doctrine de la foi ou des mœurs, en un mot dans tout ce qui est nécessaire au salut. Ainsi rinfaillibiiité, qui provient de l'inspiration, s'étend à tout le contenu des s lints Livres, dans le sens indiqué plus haut, tandis que ceLe qui résulte de cette assistance du Saint-Esprit qui se borne à préserver de l'erreur, ne tombe que sur les doctrines de la foi et des mœurs. Le magistère ecclésiastique a pour mission de garder et de publier le dépôt de la foi, que le Christ lui a transmis par ses apôtres. Mais précisément parce qu'il a cette mission et nulle autre, cette assistance négative du Saint-Esprit, se joignant à l'activité propre et spontanée de l'homme, lui fournit une garantie nécessaire pour l'accomplissement de sa tâche. Les prophètes et les apôtres étaient les organes de la révélation divine, qu'ils devaient faire connaître aux hommes: de là le privilège quMls avaient de recevoir, par communication immédiate du Saint-Esprit, des ouvertures et des connaissances nouvelles; c'est pourquoi ils voyaient dans le Saint-Esprit des choses qu'ils n'auraient jamais pu découvrir par les seules forces de l'esprit humain, ni même soupçonner *.

cutum esse quod dictum est, vel me minime intellexisse non amhigar». — Cf. C. Faust. 11 , 5. — Thom. Aquin. Summ. theol. I. U, Ou I. Art. 1 : Direndum de omnibus quœ in sacra Scriptura traduniur [sd. quod cadant sab fine).

1 1 Cor. n, 9 : « Dieu nous a révélé cela par son Esprit. » — Melcliior Canus, Loc. theolog. V, v. p. 432, éd. Venet. : Auctores sacri ex proxima Dci vel revelatione vel inspiratione scribunt ca~

De là résulte une détermination plus large du caractère de l'infaillibilité ecclésiastique. Celui, dit Bellarmin *, qui a promis le but (la pureté de la foi maintenue dans l'Eglise) a dû nécessairement promettre aussi les moyens. Or, parmi ceux-ci nous comptons avant tout une recherche attentive de la vérité et l'examen approfondi des monuments de la révélation ainsi que des traditions de l'Eglise. Loin de supprimer l'activité de Ihomme dans le magistère ecclésiastique, le don d'infaillibilité la suppose^ au contraire. Si donc il est certain que la promesse du Seigneur s'accomplira, il ne l'est pas moins que toutes les conditions que suppose cet accomplissement, seront elles-mêmes remplies. Quand l'Eglise a-t-elle jamais donné lieu aux hérétiques de résister aux décisions des conciles généraux sous le prétexte que les juges de la foi n'auraient pas été libres, ou que leur jugement aurait été porté sans exa-

tholica dogmata. Nec enim egent exteris ad scribendumincttamentis nec humana ratiocinatiom e Scripturis aliis argumentantur, disquirunt, colligunt. At concilium et Ponlifex humana via incedunt, rationemque sequuntur, atque argumentando verum a falso discernunt. Non enim stalim existimandus est summus Pontifex eam habere facuhatem, quœ in apostolis, prophetiset evangelistis inerat, ut proposita unaqualibet de jide quœstione protinus dignoacere pos' sit, utra quœstionis pars vera jalsavesit ; sed adhibere prius concilium necesse sst, et expendere utriusque partis argumenta ; tum deinde sequetur auxiliuyn Dei, quod videlicet opus est, ut summus Pontifex in recta fide contineatur... Ex quo perspicuum est, non dormientibus et oscitantibus patribus Spiritum Sanctum assistere, sed diligenter humana via et ratione qucBrentibus rei, de qua disseritur, veritatem.

Alterum autem discrimen est, quod Dei Spiritus scriptoribus sacris adest in singulis. At patribus synodi Spiritus veritatis non est prœsens in omnibus, sed in rébus solum ad salutem neces" sariis.

* De Roman. Pontif. IV. %

men préalable *? Le catholique croit à l'infaillibilité du magistère ecclésiastique à cause de la promesse du Christ, il sait que laiidivine Providence, qui dirige le cœur des rois comme l'eau d'un ruisseau ^, veille sur l'Eglise d'une . façon toute particulière, et que c'est elle qui garantit raccomplissement de la promesse. Elle connaît des voies multiples et cachées pour conduire les cœurs, non-seulement sans détruire la liberté, mais en l'employant comme un moyen d'atteindre le but de la vérité.

« Si la divine Providence ne gouverne pas les affaires^ a decemonrle, ditsaintAugustin', il est dès lors très inua tile de parler plus longtemps de religion. >

Quant à l'organe du magistère ecclésl xstique infaillible, nous n'en avons jusqu'ici parlé que d'une manière générale. Le corps épiscopal de TEglise catholique, succédant au collège apostolique, a reçu la mission d'enseigner tous les peuples *, pour l'édification du corps mystique de l'Eglise ^ et c'est lui qui est l'Eglise enseignante; mais il nous faut maintenant serrer la question de plus près.

Des pouvoirs ont été conférés et des promesses faites aux apôtres, mais aux apôtres en union avec Pierre, aux apôtres subordonnés à Pierre, leur chef; donc aussi

1 Ce que Hase (Manuel de polémique protestante, 3^ éd. p. 498), dit des adversaires du concile du Vatican, s'applique fort biea aux hérétiques de tous les temps qui ont résisté aux décrets conciliaires : «Si le dogme eût été retiré, ou bien si la majorité l'avait repoussé, l'opposition n'aurait pas le moins du monde songé à contester l'œcuraénicité du concile, i*

2 Prov. XV, 1.

3 De utilil. credend.

* Matth. xxviii, 48.

* Ephes. m, 11, 12; Jean, 14, 16, 27

l'épiscopat catholique n'est l'organe du magistère infaillible, qu'autant qu'il est uni et soumis à Pierre, c'est-àdire au Siège apostolique de Rome. C'est à cette condition seulement que les évêques sont docteurs de l'Eglise universelle, et qu'ils ont part à l'héritage des promesses. Quant au Siège apostolique, il possède le plein pouvoir dans l'Eglise, la charge d'enseigner l'Eglise universelle lui a été conférée, comme aussi la juridiction sur toute l'Eglise ; et le pontife qui l'occupe est père et docteur d-.t tous les croyants. Par conséquent^ l'infaillibilité est un don inhérent à sa charge de docteur de l'Eglise universelle; c'est une simple grâce d'état qui ne peut manquer raisonnablement, et qui du reste a été promise à celui qui a mission d'en-^eigner la vérité à toute l'Eglise, de la défendre, de l'expliquer et de la conserver pure de tout mélange d'erreur. C'est pourquoi, lorsque le Seigneur fait connaître à Pierre quelle serait sa fonction dans l'Eglise et qu'il l'investit de sa charge, il le met non-seulement à part des autres apôtres *, mais encore en opposition avec eux. Pierre, qui doit confirmer la foi des autres, se trouve seul opposé à tous ces autres qu'il a pour mission de confirmer dans la foi 2. Il y a opposition entre le premier pasteur et les ouailles qu'il doit paître 3. Par conséquent l'organe de l'infaillibilité dogmatique, c'est le Pape successeur de saint Pierre ; il l'est en vertu de l'assistance du Saint-Esprit, qui lui a été promise comme docteur de l'Eglise universelle. C'est pourquoi ses décisions dogmatiques, étant infaillibles par l'assistance de Dieu, obligent

* Matth. XVI. 48.

2 Luc. XXII, 32.

3 Jean, 24.

par elles-mêmes les fidèles à y adhérer ; et elles obligent encore une fois par elles-mêmes (ex sesé] et sans avoit besoin d'attendre que l'adhésion de l'épiscopat leur soit formellement acquise. Car les évêques eux-mêmes sont membres de l'Eglise qui est bâtie sur Pierre; ils sont du nombre des frères qui sont à confirmer dans la foi, des brebis qu'il faut paître, ce qui n'empêche pas que, par rapport à leurs diocésains, ils ne soient pasteurs et juges, établis par le Saint-Esprit pour régir l'Eglise de Dieu, pour interpréter la doctrine de la foi, pour la défendre et pour exiger l'obéissance en vertu de leur ministère.

Ainsi donc le corps épiscopal catholique tout entier est l'organe du magistère infaillible; mais l'évêque des évêques, le primat universel l'est aussi. Dans quel rapport se trouvent-ils, l'un vis-à-vis de l'autre? Il importe avant tout de bien établir ici le point de la question, d'éviter les fausses interprétations et les malentendus.

L'infaillibilité du Pape dans les décisions dogmatiques ne peut en aucune façon être tenue pour opposée à l'infaillibilité du corps épiscopal. On ne peut pas davantage la concevoir comme s' exerçant parallèlement à l'infaillibilité du corps épiscopal enseignant, et n'ayant avec celle-ci qu'un rapport purement extérieur et accidentel. Ce serait faire une abstraction mensongère, embrasser une ombre vaine, que de scinder le corps vivant du Seigneur, de séparer les membres de la tête et la tête des membres, tête et membres qu'un même esprit anime, qu'un même soufiQe de vie pénètre. Le Seigneur a donné l'unité à son Eglise, comme le sceau de sa divinité, et, selon sa promesse, le chef et les membres ne seront jamais désunis; si donc on les suppose divisés, on aura encore un tronc mort, mais on n'aura plus un corps vivant,

on n'aura plus l'Eglise de Jésus-Christ. C'est une union organique et non pas mécanique que nous devons concevoir entre le Pape et les évêques: ils ne sont pas unis d'une union extérieure, mais intime. Le Pape, qui est le chef, est uni dans une vivante uuité de foi avec les membres qui sont les évêques, et il en résulte ce -corps vivant qui est l'Eglise catholique; et les évêques, qui sont membres, sontl iés avecle chef, qui est le Pape^ et animes du même esprit que lui. Que l'on sépare ces membres de leur chef, les voilà morts. C'est donc un seul et môme don d'infaillibilité que le Christ a promis à tout le corps de l'Eglise enseignante.

Soit que le Saint-Siège porte un décret d'accord avec les évê<|ues, en concile ou hors concile ; soit que le Pape, comme Père, comme docteur et juge de la foi, prenne une décision dogmatique avant la réunion du concile, avant que les autres évêques aient porté leur jugement, c'est toujours la même infaillibilité qui parle à l'Eglise et qui écarte l'erreur des sentences dogmatiques imposées à la croyance de tous et obligatoires pour tous. Que l'infaillibilité se manifeste sous l'une ou l'autre de ces deux formes, le principe d'où elle découle est toujours le même, et toujours le même le fondement sur lequel elle repose, c'est-à-dire Jésus-Christ qui conduit son Eglise par son Esprit, qui surtout conduit et éclaire le chef visible de cette Eglise, son vicaire et son représentant sur la terre *.

* Conc. Vatican. De Ecoles. Christ. Cap. 4. Romannm Pontificem--- per assistentiayn divinam ipsi iti B. Pttro prontissam ea infalUbilitate poUere, qua divinus Redemptor Ecclesiam suam in definienda doctrina de fide vel moribus instrudam esse voluit ; ideoque ejusdem Romani Pontificis definitiones ex sese, non atUem ?x consensu Ecclesiœ irrefonnabiles esse.

Nous pouvons donc bien distinguer entre l'infaillibilité du Pape et l'infaillibilité du concile ; mais cette distinction n'est pas adéquate, parce que le concile général sans le Pape n'est pas concile général. Ainsi l'infaillibilité du Pape n'est pas autre que celle de PEglise : le Pape est infaillible, parce que l'Eglise l'est, et dans la mesure que l'Eglise l'est. Et l'infaillibilitéde l'Eglise est celle du Pape, chef de l'Eglise ; en lui obéissant, les fidèles seront poui jamais h l'abri de l'erreur. Le Seigneur n'a point promi? deux infaillibilités, mais une seule, et il a désigné pour en être dépositaire, tantôt le chef seul, tantôt le chef avec les membres, qui sont les évoques unis au chef en concile ou en dehors. La même divine r*rovidence qui préserve l'Eglise de toute erreur en préserve aussi le Che de l'Eglise et son suprême pasteur qui doit nourri, tout le troupeau de l'aliment de la pure doctrine. Comm( l'âme est unique, l'âme de laquelle procèdent les diverse fonctions de la vie corporelle, de même aussi est uniqut l'esprit qui gouverne le corps mystique duChristjl'Eglis^ catholique ; et tantôt par le chef seul, tantôt par le che uni aux membres, il pose l'acte fondamental de la vi ecclésiastique, c'est-à-dire la définition et la promulga tion de la foi et la réfutation de l'erreur. L'infaillibilit du Pape et rinfaillibilité de toute l'Eglise enseignante n s'excluent point, mais s'impliquent au contraire récipro quement ; elles n'existent pas côte à côte l'une de l'autre mais l'une dans l'autre. L'Eglise tout entière, docteurs ( disciples, évêques et laïques, est la colonne * ou le fon dément de la vérité dans le monde, qu'elle ne doit pf laisser tomber dans Terreur, et voilà pourquoi l'iufaill

LA PRIMAUTE DOCTRINALE. 591

bilité a été promise à tout le corps enseignant chargé de conserver pur et intact le dépôt de la vérité. Le corps enseignant tout entier a été constitué gardien de l'héritage de la foi, et voilà pourquoi il lui a été ordonné de se tenir serré autour de celui qui confirme ses frères, autour du suprême pasteur et docteur, de qui les docteurs des églises particulières doivent aussi recevoir les leçons, et qui est la pierre fondamentale sur laquelle s'appuient les colonnes de leurs églises. Ainsi TEglise tout entière, l'épiscopat tout entier et Tévêque universel sont infaillibles, mais chacun d'une manière différente.

Le simple tidèle ne présente pas l'Eglise universelle, ni l'évêque particulier, tout l'épiscopat catholique ; mais la personne du Pape est le support adéquat de la papauté ; elle représente toute la papauté : la primauté prend dans sa personne une forme réelle et concrète. Voilà pourquoi l'infaillibilité, qui a été donnée à la primauté appartient personnellement au Pape, et pourquoi elle est exercée par lui. Sa personne porte toute seule la charge du magistère suprême, et c'est pourquoi elle a été munie du don de rintaillibilité ; au contraire, la charge d'enseigner toute l'Eglise n'incombe à l'évêque particulier qu'en commu- \ nauté avec tout l'épiscopat, il ne peut donc posséder que ' la mesure d'infaillibilité correspondante. S'il peut être question d'une infaillibilité personnelle, elle existe en tant que le suprême magistère, avec lequel le don de l'infaillibilité est lié, appartient au Pape individuellement et personnellement, et non pas en commun avec d'autres et d'une manière subordonnée et dépendante, comme c'est le cas pour les évêques à qui ce privilège a été seulement accordé collectivement et conjointement avec le Papo et non individuellement. Mais le don de l'infaillibilité n'a pas été accordé au Pape pour son avantage et son usage

personnel, il n'est pas pour la personne qui le possède, mais pour l'usage et le service de l'Eglise. C'est pourquoi l'Eglise désigne l'infaillibilité par le mot de charisma * qui marque un don accordé à quelqu'un pour l'avantage d'autrui. Ce don ne préserve donc point de Terreur la personne du Pape considérée en soi et pour soi, encore moins la rend-il impeccable. La personne du Pape n'est pas absolument infaillible ; car, comme il est en tout et toujours une personne, il serait infaillible en tout et toujours. Le don de l'infaillibilité n'est pas personnel à ce point. Elle a été promise à la fonction dont la personne du Pape est revêtue, à la personne officielle, non à la personne privée * , et encore sous certaines conditions et dans certaines hypothèses, c'est-à-dire dans l'exercice delà suprême juridiction, en des questions dogmatiques intéressant toute l'Eglise. On ne peut donc en aucune manière la concevoir comme un état permanent, une qualité inhérente et continue du Pape. Elle n'est point davantage un miracle dans le sens propre du mot, puisque l'effet surnaturel produit par les sacrement n'est pas considéré comme miraculeux par les théologiens. Un miracle est un événement extraordinaire, tandis que les effets de la grâce divine qui se reproduisent dans la doctrine comme dans les sacrements, appartiennent à l'ordre surnaturel institué par Jésus-Christ. C'est en ce sens que le concile du Vatican attribue

* Cf. Vatican. Constit. de Ecclesia, cap. IV. I. Petr. 4, tO. I. Cor.XII , 4.

2 Melch. Can. Loc. c. VI, 8 : Non enim fides interior Romani Pontificis Ecclesiœ est necessaria, nec illiiis occultus et privatus error Ecclesiœ nocere potest. Quapropter non est necesse, ut interioris fidei conservatione Rovianis Pontificibîis Deus semper assistât.

l'infaillibilité au Pape : t II est infaillible lorsqu'il parle « ex cathedra, c'est-à-dire, lorsque, remplissant la charge « de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, en « vertu de sa suprême autorité apostolique, il définit « qu'une doctrine sur la foi ou les mœurs doit être • tenue par TEglise universelle *• »

Le terme ex cathedra n'est qu'une expression concrète pour dire Texercice du magistère suprême, la souveraine autorité doctrinale en exercice, dont les décisions en matière de foi et de moeurs obligent toute l'Eglise à y adhérer. L'Eglise a adopté cette expression familière aux théologiens, parce qu'elle rend de la manière la plus exacte un droit ou un fait, qui est aussi ancien que l'Eglise ; même elle l'a adoptée, comme elle en avait adopté d'autres auparavant, leur donnant une sanction dogmatique 2. Mais l'expression n'a absolument rien de nouveau. Saint Cyprien revient souvent à « la Chaire de Pierre » {Cathedra Pétri) 3, qu'il désigne comme la Chaire par excellence *• De même saint Optât de Milève s, saint Jérôme 6- saint Augustin '- Prudence S- Cette expression, donc, et celle de « Siège de Pierre » Sedes Pétri, de « Place de Pierre », Locus Petri^

\ Vatic Pastor œternus, cap. iv.

2 Ainsi o/*ocvV/!)f, transsubstantiatio, forma corporis.

» Ep. Lxni. C. 5. Ep. Lix. C. U. Ep. lv. C. 8. Ep. lxxv. C. 17.

* Ep. xun. C. 5.

5 C. Parmen. 11. 2. 3. 5. 6.

• Ep. XV. ai Damas. Ep. lcvii. ad Pamach. 7Ep. LUI, ad Geaeros, Ps. C. Donat.

•Peristeph., xi. 31.

Apol. du Cheist. — Tome v. 33

sont fréquemment usitées chez les Pères, comme on l'a déjà pu voir par nos citations et comme on le verra encore. Mais quand il est question d'une Chaire, de quoi veut-on parler en définitive, sinon de renseignement et de la parole qui en descend (loqui ex cathedra) ? Et lorsque les saints Pères parlent si souvent de la nécessité de s'accorder avec la « Chaire de Pierre », comment cela pouvaitil avoir lieu autrement que par la soumission aux décisions tombées de cette Chaire? Il est aisé par là d'entendre ce que nous désignons par une locutio ex cathedra.

Qu'est-ce que la locutio ou definitio dogmatica ex cathedra? C'est une décision doctrinale Ubre, et franche de toute contrainte, rendue par le Pontife romain en des questions qui sont du domaine de la foi et des mœurs, avec l'intention d'obliger l'universalité des fidèles à s'y soumettre du fond du cœur ^ Il est certain qu'une décision dogmatique doit obliger l'Église universelle pour revêtir le caractère d'une locutio ex cathedra ; mais il ne l'est pas moins que Tabsence de formalités extérieures déterminées, telle que la menace d'excommunication

< Cf. Bellarm. De Rom. Pontif. IV, 3. Suarez, De Fide, disp. Y. 8. Ballerini, De vi et rat. primat, cap. xv. n. 24 : Fidei definitionfis debent esse actus plane liberi etvoîuntarii... Cum ergo Romayii Pontifices, mdla vi exteriori cogente, oh vindicandam catho~ licœ fidei unitatem quibusdam dissensionibus impetitam aliquod dogma circa credendum proponiint atqu'i constituunt, vel errorem aliquem fidei contrarium iis formulis damnant, quibus non opinionem privatam, sed doctrinam catholicam se exponere errorernve ei doctrinœ contrariam proscribere ita significant, ut quicumque aliter teniinnt, a catholica vel Romana fide abesse et ab Ecdesiœ Romance communione et unitate séparâtes déclarent, anathemate percellant aut hœreseos vel aliis œquivalentibus censuris propositiones, qiias damnant, iniirant : hœc erit proprie dicta definitio fi.dei.

lancéecontre ceux qui refuseraient d'adhérer, etc., ne saurait enlever ce caractère à une décision papale, lorsque, d'ailleurs, l'intention du Pape s'est roanifestée d'une manière claire et in lubitable *. Ce qui est seul décisif en cette matière, ce n'est pas la forme da l'obligation, mais la volonté clairement exprimée du suprême Pasteur d'obliger toute l'Église, en vertu du pouvoir qu'il tient de sa charge.

C'est pourquoi, d'après le commun enseignement des théologiens, on ne saurait considérer comme locutio ex cathedra : 1° de simples ordres du Pape se rapportant à des cas ou incidents particuliers; S'' des jugements portés sur des personnes; 3° des déclarations ou réponses des Papes à des questions qui leur sont posées pardesévêques ou par d'autres personnes 2; 40 des décrets disciplinaires, puisqu'ils ne règlent et que l'ordre extérieur de l'Eglise; 5° une opinion que le Pape exprime soit de bouche, soit par écrit ; corami personne privée ou comme savant ^. 6° Il va de soi que l'omission d'une locutio ex cathedra^ qui, en raison des circonstances, aurait dû intervenir, tandis que le chef de l'Eglise s'est contenté d'imposer

* Id. 1. c. p. 290. Cf. not \ : Si sermo sit de definitionibiis fidei, sicut conciliorum certo generalium definitiones ex ipsis verbis et notis definitionem exprimentibus satis dignoscuntur ; ita etiam definitiones Pontificum roiiianorum ex cathedra cditœ salis ex eo discernuntur, si iis verbis sint propositcB, quibas ex ojjicio et jure primatus fiJei unitatem in Ëcclesia custodiendam et ab omnibus catholicis prœstandam déclarent.

* Melch. Can. Siunm. theolog. VI. 8 : ResponJent enim sœpe Ponli/ires ad privatas hujus vel illius episcopi quctstiones ; suam propositionem de rébus propositis explicarido, non sententiam ferendo, qua fidèles obligatos esse velut ad credendum. Bellarm. 1. c. IV, 4 4. — Alors même que des questions dogmatiques seraient touchées en pareil cas, il n'y aurait pas locutio ex cathedra.

sBe-noit XIV, De Syn. diœces. prœf. VI, 8. Melch. Can. 1. c.

Silence aux parties adverses, n'est pas une locutio ex cathedra *.

Ce qui vaut pour le concile, vaut de la même manière pour les décisions doctrinales du Pape. Tout concile a coutume de débuter par une revue attentive de la tradition de l'Eglise ; cette recherche de la tradition est un devoir qui oblige en conscience ceux qui ont charge d'enseigner dans TEglise; c'est une direction pour leurs opérations, qui doit être supposée, mais qui échappe à tout examen et, par suite, ne peut fournir un critérium d'une décision dogmatique régulière ni pour le concile, ni pour le Pape. Les Papes doivent donc toujours agir comme ils ont agi. a Les Pontifes romains, selon que le leur conseillait la condition des temps et des choses, tantôt en convoquant des conciles oecuméniques, tantôt en consultant TEglise dispersée dans l'univers, tantôt par des synodes particuliers, tantôt par d'autres moyens que la Providence leur fournissait, ont défini qu'il fallait tenir tout ce que, avec l'aide de Dieu, ils avaient reconnu contorme aux saintes Ecritures et aux traditions apostoliques ^. » Quant à une loi fixe et déterminée que le Pape devrait observer dans sa manière de procéder et dans sa conduite, elle existe aussi peu pour lui que pour le concile, puisque la Providence peut user de plusieurs moyens pour lui faire reconnaître et exprimer la vérité. C'est assez pour l'Eglise, qu'elle sache simplement que le Pape a porté sa sentence en toute

< Cf. Réponse raisonnée aux questions proposées à la Faculté de théologie de l'unicersité de Wurzbouj'g, par le ministère du culte, à l'occasion du concile du Vatican. 1869, p. 46. — Ballerini, 1. c,

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