LA DESCENDANCE DE LA RACE HUMAINE, ETC
lion d'une seule famille dont Adam, le premier homme, est le chef. Selon Strauss *, au contraire, et les matérialistes modernes *, d'accord en cela avec l'école esclavagiste américaine ', c'est précisément l'opposé qui doit maintenant être l'opinion admise unanimement par l'histoire naturelle et la philosophie, manière de voir qui servait déjà de thème aux antiques légendes sur les autochtones. ,1
Dans ce retour aux légendes antiques sur les autochtones se dévoile l'autre manière d'envisager le monde, celle qui est diamétralement opposée à la nôtre ; et l'on embrasse nécessairement l'une ou l'autre, selon que l'en admet un seul couple ou plusieurs, c'est-à-dire autant que de races. La première sert de base au christianisme et à sa doctrine de la dignité humaine, de l'égalité personnelle des droits ; elle sert de base à toute communauté morale et sociale et à l'idée même d'humanité : c'est la grande charte de notre civilisation. La seconde, au contraire, est le nuit naturel et nécessaire du paganisme avec tout son cortège de despotisme et d'esclavage, avec ses dissensions et ses divisions en une foule de races et de tribus se combattant sans trêve, son mépris pour tout étranger qui, par ce litre seul, est déjà considéré comme ennemi [hosiisj^^
* Glaubeuslehre, i B., p. 681. >
* Vogt, Natûvliche Geschichte der Schœpfunn, p. 232. — Phy^olocjische Briefe, p. 261. — Burmeister, Geschicnte der Schœpfung, p. 471. — Bûcliner, Kraft und Z'. '[f., p. 82.
3 Knox, Motion et d'autres. — Cf. Nolt and Gliddon, J^pe$ ofmanUnd, Philadelphia, 1854.
* Cicéron, De oflic., i, 12.
AroL. DC Cnr.iiT. — Tome UI, 16
Si2 COAPITRE V. — LA DESCENDANCE
Eon organisation par castes et ses apothéoses. Le mêmfe esprit qui faisait que Galien ' ne composait sa Diététique pour les nouveau-nés qu'en vue des Grecs seuls, «attendu », disait-il, « qu'il ne pensait pas plus aux fl Germains et aux autres barbares qu aux ours, aux a sangliers et aux autres bêtes sauvages », ce même esprit, dis - je, se retrouve dans les écrits des chefs de l'école américaine. Ceux-ci, en effet, s'appuyant sur la diversité des races, prétendent justifier l'esclavage, excitent à la destruction des hommes de couleur et à une guerre d'extermination, afin qu'en anéantissant des êtres inférieurs on puisse donner plus d'espace aux représentants d'une forme de vie supérieure. Si l'on en croit Burmeister * lui-même, « les émigrants qui se dirigent vers « l'Ouest ne font qu'exécuter le jugement de Dieu en a chassant de leur berceau les peuples aborigènes de G l'Amérique ; ils ne sont que l'expression de cette grande «t et éternelle loi du perfectionnement de l'humanité par a elle-même ».
Néanmoins, il est positif que la doctrine d'un couple unique est non-seulement écrite en toutes lettres dans les livres du christianisme, mais encore qu'elle ressort de son esprit même. Elle est la conséquence nécessaire de cette déclaration que l'homme n'est pas un produit des forces telluriques, mais bien de la volonté de cette Intelligence universelle et toute-puissante, qui ne se répète jamais sans raison suffisante. L'idée de l'unité naturelle:
*C. Galeni, Opéra omnia, vol. ix, p. 52, éd. Kûhne. * Burm'îister, Geolog. Bilder, il, p. 2S2.