‹ Apologie du christianismeChapitre 8 sur 11 · DE L HISTOIRE ÉVANGÉLIQUE · texte numérisé non relu

DE L HISTOIRE ÉVANGÉLIQUE

ris, des moris ressuscites; ils peuvent être connus de tous et attestés ; ils ont pour première conséquence de convertir un grand nombre d'hommes à la foi en Jésus- Christ * ; ils sont durables dans leurs effets et non passagers comme des prestiges vains. Nous avons déjà cilé le témoignage de Quadratus à :e sujet *. Dans un écrit apologélique, adressé à l'empereur Adrien pour la défense de milliers de chrétiens persécutés d'une manière atroce, on dit la vérité : car rien n'eût été plus facile pour justlGer la persécution que de dire : ce n'est pas vrai, tu mensi

Jésus opère ses miracles de loin comme de près •, par un simple mot, par un simple commandement de :?a volonté, sans parler *, sans plus de i)réparalion , sans employer aucun moyen extérieur. Alors même qu'il emploie un mode extérieur tel que l'imposition des mains, la salive, etc., ce n*esl pas un moyen, mais un symbole ' qui n'est nullement en proportion avec l'ellet

• Jean, xi, 45.

" Dusèbe, Uist. ecclés., iv, 3.

• Matth.y vin, i3. — Jeun, iv, C!!J

• Jean, ix, 7. — Marc, v, 29.

• Lorsque Jésus puéril des malades et ressuscite des morts L par «a jKzro/f, c'est Id voix créalrico do Dieu qui so fait on-

J tendre. Lorsqu'il emploie la poussière et la salive, il r.ipnelle , la lormalion du corps humain lail lie boue. Le tourlier et nui- ^►posilioii il«'s iiiams est une aelion syniboljcjne frécpieinmenl ^1 usitée cliez les Israélites; elle représi-nle la Irausmissiou de lorces spiiiluelles. Lursijue le Sei^'ueur emploie des moyens l ualurels, c<i emploi prouve qu'il est 1.? llédenipu>ur de la \ \ nature. La nature sert à ensei^jner la Ycrilé (dans les para-

Apol. do Caiiis. — Tome U. il

produit. Jésus opère ses miracles avec calme et sécurité ; il agit comme « Celui qui a la puissance ^ ». Sans crainte et sans étonnement , sans peine et sans effort, avec la majesté de celui qui se sait le Maître et le Roi de la nature. Ce qui est miraculeux pour nous est naturel pour lui : telle est la conviction de la foule aussi variée que nombreuse, accourue de tous les points de la terre pour le voir et l'entendre; et ce que dit l'un d'entre eux, le centurion romain à Capharnaûm, exprime la foi de tous : Dites seulement une parole et mon serviteur sera guéri *. Mais on dit : Ne peut-il pas se faire que Jésus ait opéré ses guérisons par des remèdes secrets, par des vertus naturelles à lui seul connues? Quelles seraient donc ces forces naturelles qui ressusciteraient les morts et calmeraient les tempêtes, qui, obéissant à la volonté d'un homme, rendraient la parole au muet, la lumière à Taveugle ? Comment le fils du charpentier^ qui n'avait pas appris les lettres*, aurait-il surpassé tous les hommes de son temps et de tous les temps par sa science de la nature et des forces de la nature? Il aurait lui seul possédé cet art occulte , personne excepté lui ne l'aurait

l)oles}, et devient l'inslrument de la grâce (dans le sacrement). Celte 'symbolique se retrouve dans une sphère d'action plus grande du Sauveur, lorsqu'il apparaît comme le fondateur, le mailre et le chef de son Eglise. Il souffle sur les apôtres pour leur transmettre la puissance créatrice, et repiuduit ainsi la «création du premier homme.

* Marc, I, 22. '

* Matth., VIII, 8.

* Jean, vu, 15.

DE l'histoire évangéltqub. 275

jamais connu ! Un juif sans intruction, en possession d'une science que nul avant lui ni après n'aurait connue, ce serait un miracle plus grand que tous les autres. Le Christ, dont l'Evangile a dit cette parole : Transiit benefacie?ido^;\e Christ, dont toute la vie n'a été qu'humilité, amour et miséricorde, aurait méchamment enseveli dans le tombeau un secret qui aurait pu faire le bonheur du monde I Les grands-prêtres, les pharisiens, ses ennemis mortels, font tous leurs efforts pour atténuer la significaton de ses miracles *; aucun n'avait eu la pensée de les expliquer par un moyen naturel. Il était réservé au rationalisme de notre siècle de reprendre le rôle absolument dépourvu d'esprit et de goût de Julien l'Apostat en représentant le sage de Nazareth * comme un adroit charlatan.

> Ad., X, 38.

* Les ])rinces des prêtres ot les pharisiens assemblèrent donc le conseil, et disaient : Que faisons-nous? Cet homme lail beaucoup de miracles. — Si nous le laissons faire de la sorte, tous croiront en lui. — Jean, xi, 17, 4S. — « lis ont fait un miracle qui est connu de tous les iiabitanls de J«;rusalem ; «t'ia (!st certain, et nous ne pouvons pas le mer? »* Act. des Ajx'it., IX, i6. — « Il y en avait bt^aucoup d'entre les prêtres qui obéibsaienl à la foi ». — Act. des Apôt., vi, 7.

•C'est ridée de Babrdt {Bnefe ùlxr die Bihel im Volhstone 1782) de Venturimi {yatùrhchc Gcsriuchte drs(jro$stm Propheten von .Yolareth , isoo) d'iùlihorii (Allgcvi. liifihothck.) cl enfin celle du grand maître du lUitùmali^mui vagus, Paulus [Commentar zum ncuen TestatneiU. \W0). — L. Urnan cherche aussi d«'s explications naturj'lles, par exemple pour la résurrection de f.a- Mre. Il va luènie jus(in'à dire ijue c'était une comédie concertée à l'avance. La multiplication des pains n'est que la preuve d'une ^^ande frupaliié. Lorsque Jésus repousse le démon, «'est sa beauté m«'rveiib>use qui fait impression sur l'esprit U'utalcur. 11 taui avouer que ce sout de tristes solutions pour

Cependant le magnétisme animal n*a-t-il pas déjà produit de merveilleux effets? Des guérisons du genre de celles que raconte l'Evangile ne pourraient-elles pas s'expliquer comme des effets du magnétisme, de celte force mystérieuse dont personne n'a encore pu déterminer exactement l'essence et la portée? Le Christ n'était-il pas simplement un magnétiseur habile, et ses miracles étaient-ils autre chose que des opérations magiques *?

Nous répondrons comme plus haut : Pourquoi Jésus, qui jamais ne rechercha sa propre gloire, a-t-il tenu cachée la vraie cause de ces phénomènes merveilleux? pourquoi a-t-il proféré un affreux blasphème en donnant ses œuvres pour des effets de la vertu de Dieu? Comment I des tours de jonglerie et de passe-passe seraient le dernier mot d'une vie de sacrifice, d'amour et de miséricorde, dont la sainteté est tellement saisissante qu'elle

de si grands problèmes. Mais la déclaration seule du Seigneur qui atfirme que ses miracles sont de vrais miracles, renverse tout le vain échafaudage des hypothèses précitées. — Strauss lui-même {LebenJesu, t. i, p. 27) condamne cette manière de procéder comme contraire à l'histoire et à la philosophie. Mais le même auteur s'est condamné par ses propres paroles; il veut {Streitschr., m, p. 145) maintenir comme dignes de toi les paroles du Christ, puis, dans le récit de ses actions, séparer ce qui lui semble digne de loi de ce qu'il ne veut pas croire. Mais Jésus, dans ses discours, en appelle toujours à ses œuvres. Supprimer le miracle dans la vie de Jésus, dit Tholuck, c'est comme si on retranchait les batailles, et les actions d'éclat de la vie d'Alexandre et de César.

* Pour prouver c€lte assertion, on s'est app;.."é sur ce que Jésus demandait lu ici a eaux qu'il guéiissai>U'esl, dit-on, la confiance, celte action morale du médecin sur un malade par laquelle il le soulage. Mais si le Seigneur demande un cœur disposé à croire, c'est parce que le miracle doit mener à la rédemption, et non pas par une vaine parade et dans ua but personnel. Marc, VJ, b.^MaUh., xili, 58.

DE l'histoire évangéliqle. 277

arrache à Strauss * lui-même ce cri de vérité ; « Il est et a il sera toujours impossible de surpasser le Christ au c point de vue religieux d.

Loin de nous l'idée de nier l'existence de forces magnétiques, voire même les effets qu'elles peuvent produire dans des circonstances particulières, bien que la science actuelle ne leur attribue qu'une influence trèsrestreinte et problématique. Mais quelle différence, (luello opposition frappante entre les prétendues guérisons magnétiques et les miracles du Seigneur M Le magnétisme n'a d'action que sur certaines personnes, à un certain âge, dans des maladies psycho-nerveuses déterminées, et surtout entre individus de sexe différent. Le Christ guérit tous les malades sans distinction d'ûge, de sexe et d'infirmité. Les résultats du magnétisme sont vagues, incertains et rares ; le Christ annonce ses miracles avec une précision parfaite. Le magnétisme demande de longues et fréquentes opérations ; le Christ agit à l'instant même , de loin comme de près •. Cileznous des cas

* Strauss, Streitschr., m, p. 158.

• Strauss cl Weise prétendent voir un effet de ces forces purement physiques dans lii guérison involontaire de la femme aflliçée d'une perle sanguine. Suiv.uU ces auteurs, Jésus .i senti qu'une opération nia^Midique venait d'ôlro produite par lui, et il se retourne pour savoir (jui l'avait touché. Mais !•• Seigneur, qui n'ipnore aucune des pensées des hommes, devait par conséiiiient connalire la pei-sonne qui l'avait louche. (C'est ainsi (jue l'on doit traduire ÎTC.y-J; iv izuTû; voyez Matth.,

• II, 27; xvii, 12.) S'il se retourne pour questiou'ner, c'était aliu de faire confesser publiquement la foi timide qui u'usail pas 6e déclarer.

•L'hypothèse entière se contredit elle-môme, car tantôt elle

278 CHAPITRE XV. — DlVINITé

OÙ le magnétisme ait rendu la vue à des aveugles , guéri des mourants par un seul mot, rassasié des milliers d'hommes avec quelques pains , calmé les tempêtes, enfin rendu la vie à des cadavres déjà décomposés. Jamais le magnétisme n'a accompli ces prodiges, et jamais il ne les accomplira, parce qu'ils surpassent les effets des forces naturelles. Mais, objectera-t-on, pourquoi frapper à tout jamais d'impuissance une force encore incomplètement connue? Parce que l'ordre moral et la société entière seraient ébranlés jusque dans leurs fondements, si des individus isolés , en possession de forces naturelles occultes, pouvaient acquérir une telle puissance, substituer leur volonté aux lois qui règlent le monde, et se faire une position tellement en dehors de la nature *.

représente le Christ comme un magnétiseur (lorsqu'il accomplit des miracles), tantôt comme un somnambule (lorsqu'il prédit Tavenir). Deux qualificatious qui s'excluent nécessairement.

* Nous avons cité plus haut les auteurs qui cherchent à expliquer les miracles de Jésus par des moyens naturels; mais c'est Weise qui a été le partisan le plus déterminé de ce système [Leben Jesu, t. i, 499; t. ii, 320, 360); il a appelé le magnétisme à son aide, afin d'avoir une base positive et historique pour son échafaudage mythologique. — Strauss laimême, poussé à bout, revient à Texplication naturelle des miracles, après avoir poursuivi de sarcasmes ses prédécesseurs dans cette voie, il est tout prêt à admettre que la résurrection de Jésus n'est qu'un simple réveil après une mort apparente, afin d'expliquer la croyance des disciples dans la résurrection du Seigneur. Et cependant Strauss, ainsi que nous l'avons déjà dit, déclarait que cette manière d'interpréter les Evangiles était en contradiction avec l'histoire et la philosophie; avec l'histoire, parce qu'elle la violente et la fausse; avec la philosophie, parce qu'elle n'explique ni l'influence immense du Christ ni l'établissemeni de son Eglise, et que, de plus, elle est en opposition avec l'humilité, la vérité et la perfection religieuse du Sauveur.

DE l'uistoire évangélique. 279

Les ennemis du Seigneur parnni lesjuifs et les gentils, dans les premiers siècles du christianisme, ne s'y prennent pas autrement ; ils ne cherchent pas à nier l'existence du miracle, sachant qu'ils ne pourraient y parvenir ; tous leurs efforts tendent à trouver aux miracles une autre cause que la puissance de Dieu. Depuis dix-huit cents ans les Juifs opposent toujours aux actions merveilleuses de Jésus les mêmes objections que les pharisiens avaient déjà consignées dans le Talniud, ce document ofûciel de la religion et du peuple d'Israël ; toujours ils ont répondu à la grande question des miracles en disant : C*est par la puissance du démon qu'il opère les miracles.

a Peut-être nous objectera-t-on ï),dit Arnobe*, a que e « Christ était un magicien versé dans les sciences occula tes, et qui, initié aux ténébreux mystères de l'Egypte, fl s'était approprié le nom de génies puissants et avait « dérobé d'importants secrets? Mais, je vous le demande, f les faits miraculeux que le Christ accomplit ressemt blent-ils à des tours de magie émanant du démon, et a destinés à nous éblouir et à nous tromper ? Citez-nous

*Arft). geni., i, 15.— Euseb. [Demonstr. Evaug., m, 6), Cyprien (De idol. van., xvi). — Les saints Pores lonl observer que les œuvres du Omisl sont durables, dépourvues de loul apprtH, desliuées cnfiu à guérir le corps ei l'espiil, tandis cjut' celles des faux prophètes sont, au contraire, toujours tupilives dans leurs elTets, entourées d'un vain appareil destiné à ét)louir les sens, pernicieuses enlln à tous les points de vue. (Oripen., C. Cels.y H, 41), 50. — W., m, 27, iv, M. — liénée, ad llœrcs., n, 31. — Quftdrat. ap. Euseb., Ilist. ecclcs.y iv, 3. — Atlianas., C. Gtnt., u, 102. — Lactanl., IHv. InsUt., iv. 15. — Kntin ils en appellent au caractère moral du Chnsl ei des Apôires. — Ori^en., /. c, n, 48. — Euseb., Vcmovstr. Evang.^ III, 3, 6, 6. — Dieringor, System der ^n^ttlichcn Thatcn, i, p. 1 iS.

€ un seul individu qui ait fait une action ressemblant, « même de loin, aux miracles du Christ! v — « Si les • païens veulent en faire un magicien », dit saint Athanase *, « comment expliquer qu'un magicien, loin d'avoir a fait fleurir la magie, l'ait à tout jamais anéantie? »

Répondons à une dernière question : Pourquoi Jésus a-t-il opéré des miracles? Les pharisiens et les sadducéens veulent mettre sa puissance à l'épreuve : ils lui demandent un miracle*, le Seigneur se tait. Une ville de Samarie le chasse de ses murs ; les disciples, enflammés de colère, appellent le feu vengeur du ciel ' ; Jésus se contente de les exhorter à la patience. Hérode * et sa cour désœuvrée se réjouissent de voir un miracle et adressent à Jésus mille questions: un simple fait merveilleux aurait pu lui rendre la liberté et frapper de respect et de terreur le prince et les courtisans ; mais non, le Seigneur se tait; lui qui, dans sa main redoutable, tient les éclairs de la majesté toute-puissante, il endure sans murmurer les moqueries et les sarcasmes. On envoie des sbires à sa poursuite ; l'un d'eux est blessé, il le guérit. Non, ce n'est pas un homme qui agit ainsi ; un Homme-Dieu seul en est capable ! Jamais il n'a cédé à la curiosité ou au vain désir de se glorifier en accomplissant un miracle, depuis son entrée dans la vie publique, aux noces de Cana, jus-

* De Incarn. Verbij p. 102; August., De Trinit., m, 8.

* Matth., XII, 38.

*LuCj IX, 54.

* Ibid.. xxiii, 8.

DE l'histoire évangêlique. 281

qu'au jardin des Oliviers. Mais qu'il voie une mère nu désespoir près du cercueil de son fils unique, une sœur pleurant sur le cadavre de son frère, partout enfin où un malheureux est à consoler, un malade à guérir, alors sa puissance se manifeste pour sécher les larmes et faire ces«er les douleurs. Un seul de ses miracles n'a pas pour but le soulagement de l'homme; c'est la malédiction du figuier* : a Voyant un figuier sur le chemin, il s'en apf proche ; mais ayant reconnu qu'il était stérile, il lui • dit : Que jamais il ne naisse de toi aucun fruit 1 » Et au môme moment le figuier sécha. Toute cette action est symbolique; c'est l'accomplissement de celte parole de l'Ecriture : L'arbre qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu, parole qui devait recevoir son application dans l'histoire d'Israël". Israël, en effet, avait été souvent comparé à une vigne*, et la parabole du figuier représentait la longanimité du Seigneur et son jugement final *.

Si Jésus est grand lors^ju'il accomplit ses miracles, combien nous semble-t-il plus admirable encore lorsque, en possession de sa toute-puissance, il s'abstient d'a^^'ir. 'est là qu'apparaît le caraclère sublime et surnaturel de sa conduite ; là nous trouvons l'humilité, l'oubli de solinème, la miséricorde et l'amour ; ses miracles ne sont

« Marc, Xf, 11. — il'jtth., XXI, 17-23. |V • JiTêm., xviil, 1. — Eiédi., XIX, 10.

• TKess , V, 1-j. — Pt. LXXIX, 10.

• Liic, xm, 6-1 (>. — Suivant K. Ronan, Jésui maudit le Tguier l^ice qu'il éuil de mauvaibc àuiutur

que des bienfaits. Mais là où se rencontre rhumilité, cet oubli complet de soi-même, là où l'amour miséricordieux est le seul mobile de toutes les actions , nous devons dire : là est la vérité. Et n'aurions-nous pas d'autres preuves de la divinité de Notre-Seigneur, ce seul trait pris dans l'ensemble de sa figure suffirait pour nous révéler sa dignité.

Résumons les traits caractéristiques des miracles de Jésus-Christ. Leur nombre considérable, les circonstances dans lesquelles ils sont opérés, le but auquel ils tendent^ tout cela nous démontre l'intime union des œuvres divines de Jésus avec sa doctrine, et nous fait voir que celleslà ne sont que la mise en pratique et l'application des vérités exprimées par celles-ci. L'ascendant surhumain de sa doctrine — jamais homme n'a parlé comme cet homme * — trouve son complément et sa confirmation dans le caractère surhumain de ses œuvres, a Depuis que « le monde existe, on n'a jamais ouï dire que quelqu'un a ait ouvert les yeux d'un aveugle-né'^ ». Ses œuvres Ij rendent témoignage à chacune de ses paroles ; il n'est pas un mot de sa bouche, pas une de ses affirmations ^ doctrinales qu'il n'ait montrée dans ses œuvres sous uue forme effective et palpable. Les principes de la révélalion sont de la sorte entrés dans le domaine des faits et des choses réelles. Les promesses de la félicité future nous ont été garanties d'une manière infaillible pat" les miracles du Seigneur. Il se dit Fils do Dieu et semblable

* Jean, vu, 46.

" Ibid., IX, 32.

DE l'histoire ÉVAr^GÊLIQUE. 283

à Dieu *, et nous le voyons partout agir comme ayant tout pouvoir ' et en son propre nom ; c'est pourquoi les anges l'accompagnent à son entrée dans celte vii; terrestre*; la voix du Père céleste le proclame son Fils bienaimé*; c'est pourquoi ceux qui croient en lui opèrent en son nom des miracles semblables aux siens*. Comme Iç Père 716 cesse ffagir, ainsi j'agis moi-même^ ; et il agit de la même manière que le Père, c'est-à-dire par la seule puissance de sa volonté. De même que le Père a donné d'un mot l'existence à ce monde, ainsi un mot de Jésus rend à l'aveugle la vue, au sourd l'ouïe, au paralytique Tusage de ses membres, a En vérité , je vous le dis, c comme le Père a la vie en lui-même, il a aussi donné € au Fils d'avoir la vie en lui-même '». 11 est la résurrection et la vie, c'est pourquoi il rend la vie au fils de la veuve éplorée et fait sortir du tombeau le cada- Tre déjà décomposé de Lazare, a Je ne vous laisserai c point orphelins », dit-il encore, a je viendrai à vous* ».

• JeaUf-v, 17.

' lue, v, 2i; Marc, xiv, 58 : * Délruiscz ce temple el je la rebâtirai dans trois j ou re ». [Jean, n, 18-21.)

• Luc, I, 26.

» Matth., ni, 16.

• Ibid., X, 8; Act., IX, 31; xvi, 16.

*Jcm, V, 17; Luc, v, 24 : « Min que vous sachiez que le Fils Vie rijoninie possède la puissance ».

' Jean, v, 26.

* Ibid., XI v, 18.

Et plus loin : « Je serai avec vous jusqu'à la consom- « malion des siècles ^ » ; et les Actes des Apôtres , les miracles faits en son nom , les victoires remportées par l'Eglise et sa durée à travers les siècles attestent la vérité de ses paroles. Il vient nous délivrer du péché et de la réprobation du péché ; il vient pour les enfants des hommes *; et la paix est revenue, grâce à lui, entre l'homme et la nature révoltée*. 11 reparaît dans sa Tie comme des lueurs momentanées de la primitive gloire de l'humanité, en même temps que Ton entrevoit ; le rayonnement lointain d'une autre gloire qui est celle de cet avenir où il y aura un nouveau ciel et une nouvelle terre. Il dit ; Ayez confiance, vos péchés vous sont remis *, et aussitôt disparaît la maladie, conséquence et peine du péché. Le premier homme a introduit le péché * dans le monde et par le péché, la mort ; et la mort a étendu son empire sur tous les hommes, parce que tous

» Hiatth., xxviii, 18, 20.

« « L'attente de la créature est une attente de la révélation des enfants de Dieu. Car la créature est assujétie à la vanité^ et elle ne l'est pas volontairement, mais à cause de celui qui les y a assujéties dans l'espérance. En effet, même la créature sera délivrée de cet asservissement à la corruption, pour participer à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Car nous savons que jusqu'à maintenant les créatures soupirent et sont dans le travail de l'enfantement. Et non-seulement elles, mais nous encore, qui possédons les prémices de l'Esprit, nous gémissons en nous-mêmes, attendant l'effet de l'adoption divine, la rédemption et la délivrance de nos corps ». (llowî., VIII, i9, 23.7

• Matth., vui, 24.

* ieany v, i4.

DE l'histoire ÉVANGÉLIQCE. SS")

ont péché '. Le Christ est le nouvel Adam, le chef et le prince de rhutnanilé renouvelée cl rachetée • ; et c'est pourquoi il apparaît comme le vainqueur de la mort et de la corruption, a Les miracles », dit Lactance*, a avaient € leur efficacité et leur raison d'être dans le moment préfscnt; mais ils se rapportaient aussi à quelque chose • dan> l'avenir ». a Les miracles qu'il opérait sur les € corps » , dit saint Augnslin *, « devaient s'entendre aussi « dans un sens spirituel ».

Ainsi ses œuvres se rapportent et concordent avec ses paroles qu'elles confirment, justifient, symbolisent. A leur tour les paroles interprètent et expliquent le langage muet, mais si éloquent des œuvres. Entre les paroles et les œuvres règne la plus haute harmonie ; elles se supposent, s'appuient, se soutiennent et se complètent mutuellement. De telles œuvres veulent de telles paroles ; et, pour proférer ces paroles, il faut pouvoir faire ces œuvres. Supposez que l'histoire ne nous ait transmis que les paroles sans les œuvres de Jésus, ou ses œuvres sans ses paroles, les unes nous amèneraient forcément à conclure les autres pour mettre l'harmonie nécessaire dans sa personne surhumaine et la compléter ; car, nier les unes c'est nier les autres; la négation des œuvres, par |exemple, entraîne nécessairement la négation des paroles jCt de toute sou histoire ; car celles-là ne sont pas plu*

>| «nom., v, 12.

':' mid., 21 ; J Cor., XV, 20;

* Instit., IV, 28.

^ Scrm. XGVIH, 3.

miraculeuf-£S que celles-ci. a II faut », dit Pascal*, «juger a de la doctrine par les miracles, il faut juger des mira- < clés par la doctrine. La doctrine discerne les miracles, a et les miracles discernent la doctrine ».

Ainsi le prodige de sa résurrection n'est que la digne conclusion de son existence divine. Sa sortie de ce monde repond à son entrée dans la vie, où le ciel et la terre s'ébranlèrent. « J'ai le pouvoir de déposer ma vie », dit-il, a et j'ai le pouvoir de la reprendre *». Quel mortel prononça jamais une telle parole? Et ce qu'il a dit, il Ta fait. Aussi la résurrection de Jésus- Christ est la plus glorieuse preuve de sa dignité de Dieu, le sceau de son étemelle génération dans le sein du Père, le couronnement, la confirmation et la consommation de tous ses miracles. Sa sortie miraculeuse de ce monde suppose son entrée également surhumaine. La résurrection du Christ est opérée par la volonté et la puissance simultanées du Christ et de Dieu*; par cet esprit créateur qui planait sur le chaos lorsque la terre sortit du néant, et qui couvrit de son ombre la Vierge dont le Christ devait naître, lui, le Père de la nouvelle génération. La résurrection n'est pas seulement un miracle ; elle est à la fois un miracle et une ])rophétie, car le Christ l'avait prédite ; aussi est-ce sur elle que l'Apôtre appuie sa foi, comme sur sa base la plus profonde *. Elle est le triomphe du Seigneur sur ses enne-

• Pascal, FenséeSf 1. c, art. 16.

* Jean, x, 17.

» Matth., XXVIII, 2 ; I Cor., XV, 34;

1 Act., XIII, 30. ICo»', xv,12. Sile Ghristn'estpas ressuscité, voire foi est vaine.

DE L'niSTOlRE ÉVANGÉLÎQUE. 287

mis, la marque évidente de sa puissance divine et le gage certain qu'un jour aussi, grâce à sa miséricorde, nous ressusciterons pleins de gloire. Elle est la pierre angulaire du dogme et de l'histoire à laquelle elle donne une vie et une existence nouvelles.

a La résurrection du Christ», dit Schelling*, a est le a fait décisif de toute cette grande histoire qui ne peut a être comprise que par qui se place en dehors du point

• de vue ordinaire. Des faits tels que la résurrection du a Christ sont des éclairs par lesquels l'histoire supérieure, a c'est-à-dire l'histoire dans ce qu'elle a de plus vrai et

• de plus intime, déchirant le nuage qui l'environne, se a manifeste avec éclat dans l'histoire extérieure. Qui re- « tranche ces faits, ôte à l'histoire son àme et ne lui laisse « que son enveloppe extérieure. Tout ce qui en constitue le a fond, la valeur et la raison, disparaît à mesure que l'on a écarte chacun de ces faits; et alors, dépouillée de tout « élément divin, Thistoire n'est plus qu'un désert, un a abîme, un tombeau. Pour vivre, il lui faut cette hisc toire intérieure, divine, transcendante, la seule et vérif table histoire en un mot, l'histoire par excellence, xar' f i;cxTv. En dehors do l'histoire, ainsi comprise, il est sans

• doute une connaissance tout extérieure des évént monts, t véritable exercice de- mémoire ; mais d'intelligence

• vraie de l'Iiistoire, il n'en existe plus. — Quiconque )\ •observe l'histoire de ce point de vue purement exté- •; • rii'ur, la voit sans doute, mais avec 03 genre d'intérêt •! c banal qu'offre à la foule inintelligente le tableau il'une

* Sclielling, Philoscrphie de la relation, œuv. iv, II» njit. IP. 21U.

0 époque riche en faits importants; il ne sait rien du rapa port de l'histoire extérieure avec Thistoire intérieure, € rien par conséquent de la marche vraie des choses, a connue de ceux-là seulement qui sont remontés à la c source des événements. Ne pas laisser l'histoire extéa rieure se résoudre et s'évanouir dans l'histoire intéa rieure, mais maintenir le rapport de Tune avec l'autre, « c'est un des fruits que doit produire une philosophie de € la révélation. De ce que les faits par lesquels se mani- « feste le rapport secret qui unit l'histoire intérieure et « l'histoire extérieure ne sont que peu nombreux , ce a n'est pas une raison sufflsante pour qu'un esprit qui « réfléchit les révoque en doute. Qui le ferait, prouvea rait simplement son incapacité à comprendre la haute f et intime harmonie des choses, ainsi que l'opinion qu'il c aurait que tout va et s'arrange au hasard dans l'unic vers ; opinion qu'on lui laisserait, mais que personne « assurément ne lui envierait ».

La résurrection du Christ suppose nécessairement sa mort. Le témoignage unanime des évangélistes *, et de saint Paul* en particulier, ne nous permet pas d'en douter: c'est là le fait fondamental de la prédication et de la controverse apostolique, fait qui n'a jamais été contesté par les témoins juifs et païens. Ceux qui étaient présents l'afûrment *, et Pilate le constate *. Pilate, qui s'étonne que

* Matth,, xxvii, 50 ; Marc, xv, 37 ; jLuc, xxill, 46 ; Jean, XII,

» JCor., XV, 12.

» Jean, xix, 33.

♦ Marc, XV, 43.

DE l'histoire évangèliqle. 280

Jésus soit déjà mort et qui ne permet aux disciples d'enlever le corps qu'après s'être assuré que ce n'est pas une mort simulée, soupçon qui devait nécessairement venir à un juge expérimenté. Nous en trouvons la preuve dans rembaumcment * et l'ensevelissement du cadavre qui ne laissent plus subsister l'ombre même d'un soupçon. Ceux dont les mains rendirent à Jésus ce dernier soin, saiMère, Joseph d'Arimalhie, les saintes femmes n'avaient- ils pas d'yeux pour saisir une dernière étincelle de vie? Cependant ce n'est qu'avec peine et le plus tard possible (ju'uno mère croit à la mort de son fils unique. Nous en trouvons la preuve dans les atroces souffrances d'âme et de corp."> qu'il endura avant d'être mis en croix ; enfin, dans lei circonstances du crucifiement ', qui devaient nécessairement amener la mort*. A toutes ces preuves on doit ajouter le témoignage de tout un peuple spectateur du sup[)lice, celui des pharisiens et des docteurs de la loi surtout, qui durent se livrer à un scru|)Uleux examen avant

^ Luc, XXIIl, oG.

* La lanco du solJal avait pénétré si profondément dans le 'i', (jue Thomas piil iiitioiliiirtî s;i main dans la [)!aio. Sniiil II' lémui^n:»tje do suint Jean (Xix, 33), le coup porlé par I' main furie el exercéo uvail frappé lo cœur. L'usage roui.l'n v(.)nl ut que le confcctor frappât le cad.ivre avant (|u'il fùl onsfVeli, (pi'il parût mort uu'iiu'il lo lût lécllcmeu', par exemple pour les gladiateurs.

J • Le témoignante di) saint Jean est rcmarnuahie (xix, 35) : [■V Et ci'liii (pii l'a vu (le sangi-l IVau qui coulaient de la plaie), lieu rend lémuignage, et son témoignage est véritable; el il 1 sdit qu'il dit vrai, afin «pie vous le croyiez aussi ». — Un : léiiioiu oculaire seul s'exprinn; ainsi. — Voyez au point de

vue anaiumique, Lhraiil, Kiitik licr cvang. Gcschichtc, II, Atifl.,

Il, oOi. — llug.. H, p. 19 L

»l Ai'oL. DU CuKisT. — Tuyt: II. il)

de déclarer que ce séducteur abhorré était réellemen mort ^ On peut aussi s'en rapporter sur ce sujet à la rage de ses ennemis qui ne rendirent qu'à Tétai de cadavre mutilé celui qu'ils avaient désigné pour victime de leur haine. Une dernière preuve enfln de la mort du Christ, ce sont les paroles de Jésus lui-même qui indique sa mort ' comme la rançon qui doit être payée pour la vie du monde, et qui commande à ses disciples de prêcher sa mort à tout l'univers \

Le Seigneur est-il réellement ressuscité ? Le Seigneur avait annoncé d'avance sa résurrection comme le plus éclatant témoignage de sa nature divine et de sa mission : Détruisez ce temple et je le rétablirai en trois jours *. Ces paroles n'étaient pas tombées dans l'oubli ; elles forment le fond de l'accusation devant le conseil • et devant Pilale •. Loin de se dédire, Jésus répète la même chose : Comme Jouas fut trois jours et trois nuits dans le ventre de la baleine, ainsi le Fils de CEomme sera trois jours et trois imits dans le seiîi de la terre '. Et encore : Ils le livreront aux gentils qui se moqueront de

* Matt., xxvn, 63.

" Matth., XVI, 21; xvn, 21, 22; XXVI, 12; Luc, xni, 32.

* Jean, ii, 19.

* Matth,, XXVI, 61.

^ Ibid., XXVII, 40.

' Matih,, XII, 39.

DE l'histoire évangélique. 291

lui, le flagelleront et le crucifieront \ mais il ressuscitera le troisième jour \ Après que je serai ressuscité firai devant vous en Galilée *.

Et il est réellement ressuscité ainsi qu'il l'avait prédit : 0 insensés, dit-il aux disciples d'Emmaùs, dont le cœur est tardif à croire tout ce que les Prophéties ont annoncé^ ne fallait-il pas que le Christ souffrît toutes ces choses et qu'il entrât ainsi dans sa gloire '. Il leur indique sa mort et sa victoire sur la mort comme le court sommaire de la doctrine révélée ; puis il se montre à eux, leur offrant la preuve visible de cette parole qu'ils ne comprenaient pas encore parce qu'ils étaient plongés dans la douicuv. Le Christ est ressuscité ! voilà le cri d'étonnement des sainles femmes en [)résence du tombeau vide *. C'est le cri de triomphe des disciples qui l'ont vu ressuscité, qui ont conversé, bu et man^é avec lui après sa résurrection ' ; qui, après avoir longtemps douté, finirent par croire lorsqu'ils eurent leurs doigts dans les trous de ses.UJains et de ses pieds, et leurs mains dans la plaie de ion côlé*. A ce cri qu'ils répètent dans tout l'univers, pas

* Ibid., XX, 19; Marc, ix, 30; Luc, xviu, 33. I * Marc, xiv, 28.

• Luc, XXIV, 25.

^ Jean, xx, 18.

,^»lMd.,xxi, a.

*Ibi(i., XX, '27; Marc, xvi , 11. W\cn ne porto davaiilape

•niprjunu^ ilo la véiilé {\uv le lécil di» sainl Jean rapporianl

s l'ViMU'iiHMits survenus prù.s ilu loniboau (xx, 1 el suiv.) du

>cigucur. Ou seul à chaque ligue l'euioUon pioloude du le-

292 CHAPllRE XV. — DIVINITÉ

un ennemi n'a pu répondre: Vous mentez* 1 Le Christ est ressuscité! s'écrient les cinq cents disciples qui eurent l'ineffable bonheur de le voir s'élever au ciel *. Le Christ est ressuscité y disent les gardes du sépulcre eux-mêmes, qui^ terrifiés à la vue de cet événement prodigieux, courent en porter la nouvelle dans Jérusalem '. Le Christ cs^ ré55?/5cz7e/ Ses ennemis eux-mêmes le publient malgré eux. Ils avaient scellé son tombeau, aposté des soldats romains pour le garder ; ils n'avaient rien négligé pour empêcher la soustraction du cadavre ; ils le tenaient dans leurs mains ; ils se flattaient de pouvoir convaincre Jésus d'imposture *, et détromper pour toujours ceux qui seraient tentés de croire en lui en leur montrant simplement son cadavre ; car^ si le Christ n'est poiîit ressuscité, dit l'Apôtre * , not?'e foi est vaine. Mais voilà qu'ils

moin oculaire racontant un éénevment qui doit à tout jamais laire époque dans sa vie.

* Actes, II, 14-36; ni, 12-26; xni, 15-41 ; I Cor., xv, 1.

* I Cor. , XV, 6.

3 Matih., XXVIII, H. D'après M. Renan, la foi des disciples en la résuiTectiou du Seigneur s'appuie uniquement sur ia dépoeilion de Madeleine. Ce que nous avons dit plus baut contredit entièrement cette assertion faite à la légère. Saint Paul (I Cor., XV, 4), ne fait pas même mention de sainte Madeleine, et t^aint Pierre imite son silence. [Act. des Apôt., i, 22; m, 15.) Le lémojgnage des saintes lemmes sutiit si^peu aux disciples allant à Emmaùs, que le Seigneur lui-même est obligé de se taire reconnaître d'eux. [Luc, xxiv, 22.)

* « Cet imposteur a dit, lorsqu'il était encore en vie : Après trois jours je ressusciterai ». Matth., xxvii, 63, 64. Alors Pilaie leur donna des gardes « afL)i que la dernièiie erreur ne fût pus pire que la première ». [Matth., xxvii, 6i.)

^ICor.,XY, 17.

DE l'histoire ÉVANGÉLIQUE. 203

avouent leur impuissance à convaincre de mensonge les disciples annonçant la résurrection ; au lieu de les confondre, ils leur comnTamdeQt le silence *.

Le mensonge n'avait plus qu'une ressource. Dites^ ordonnèrent-ils aux soldats, que ses amis sont venus la nuit et qu'ils ont dérolé son corps pendant que vous dormiez *. Voilà ce que les ennemis de Jésus ont dit et fait dire, pour nier le miracle de sa résurrection, et les Juife des premiers siècles redirent ce propos, et tous les ennemis du nom chrétien n'ont cessé de le répéter jusqu'à nos jours , sans s'apercevoir que c'est un aveu de la résurrection*. Car ce n'était pas seulement un mensonge, mais encore une contradiction. Si, en effet, les soldats dormaient, comment pouvaient-ils être témoins*? A quoi aurait-il servi aux disciples découragés et abattus par la mort de leur maître d'enlever son cadavre ? Comment auraient-ils osé le venir prendre dans un tombeau scellé

* Act. des Apôt., IV, 44-40. « Ils n'avaient rien à leur opposer. — Us ont fait un miracle qui est connu de tous les hal»i!ants de Jérusalem; cela est certain, et nous ne pouvons [»as le nier. Alors ils les firent venir et leur (K^fendirent de parler en quelque manière que ce fût, ni d'enseigner au nom de Jésus v.

» Matth., xxviii, U.

* Di'jà saint Justin (Dm/, c. Trijph., 168) nous apprend que les Juifs avaient expi'^dié des inrss;«gers dans toutes les directions, alin de prévenir que les discinles avaient clandestinement enlevé du sépulcre le cadavre (le leur mallre.

* 0"^^ <^•''^ 7"0(i dixisii. o inftii.r astutia ? Tantuvvic desnii iucem consilii pictatù, et in ^irofunda versntiœ <i^n»TgfTts, ut Koe

éicas Ihtrinrcnten testef^ (i<i/ji7ws? Vcre tu ip$c obdormisti, qui

tcrutando taliadcfccisti. (Augusliu, in Vs. LXIII.)

et gardé? Pourquoi l'enlever de ce tombeau dans lequel ils ravalent eux-mêmes déposé? Est-il vraisemblable que tout le poste se soit endormi, surtout lorsque la loi militaire des Romains punissait de mort cette négligence? Les disciples se seraient alors concertés pour mentir, et pourtant la résurrection du Seigneur forme la pierre angulaire de leur foi S de leur espérance et de leur con-

* I Cor. y XV, 1. — Le Wolfenbûttler fragmentist (Raimar), pour comballre le fait de la résurreciioii qui lui semblait iiicroyahie, et de plus, impossible, prétendait que les disciples avaient Imaginé cette fable comme dernière ressource en voyant toutes leurs es[)éi-ances ruinées par la mort de leur chef. Selon Raimar, Jésus n'avait qu'un but politique ; cette tentative ayant échoué, les disciples en firent un but moral. — Déjà Eusèbe [Demonstr. evang., m, 5, p. 143, ed, Paris) fait mention de cette hypothèse et la réfute. Les contradictions qu'on rencontre dans les Evangiles ne peuvent émaner que de personnes qui se sont concertées, il est vrai, quant à l'objet principal, mais qui ont négligé de s'entendre sur les détails, laissant à chacun le soin de les rapporter à sa guise. Lessing [Zur geschichte der literatur, Braunschweig, [11 A, s. 475) fait les observations suivantes à ce propos : «Y a-t-il eu des contradictions dans la déposition des témoins ? D'apparentes, il est vrai; mais quoi d'étonnant? Au premier abord, il est évident que le même fait ne peut pas être rapporté dans les mêmes termes par différents témoins ; je vais plus loin, et je prétends que le même témoin ne rapportera pas le même fait en termes identiques à des époques différentes, et l'expérience a confirmé celte assertion. Au reste, les contradictions sont-elle« si complètes, que nulle comparaison, nulle explication n'ait pu les faire disparaître? Sous ce rapport, les pièces du procès ne sont pas parvenues jusqu'à nous. Cependant, celui qui nie les contradictions, peiit alléguer en faveur de sa cause un argument que ne peut invoquer celui qui les soutient; cei argument, le voici ; le procès gigantesque qui dépendait de la déposition des évangélistes, est gagné par nous et passé à Téiat de chose jugée, car le christianisme avaincu les relijiions païenne et juive. — Le même auteur observe dans un autre passage [Duplik. p. 152) : « Nous admettons sans discussion '^s faits rapportés par Tite-Live, Dion-Cassius, Polybe et Tacite, et nous admirons ces auteurs qui se contrediseiii perpétuellement dans les détails, sans que la pensée de révoiiuei; les faits principaux nous vienne en aucune façon. Pour'juoi

DE l'histoire évangélique. 295

fiance ; et cependant la résurrection de leur Maître e-t pour eux une vérité, un fait certain qu'ils ont scellé de leur sang, que des millions et des millions de martyrs ont affirmé jusqu'à la mort.

Mais les disciples ne se seraient- ils pas trompés *? A notre tour nous demanderons où des hommes ébranlés, découragés, abattus et d'abord incrédules et pleins de loute, ont-ils tout à coup puisé la foi à la résurrection (lu Christ, au point de vivre désormais et de mourir enfin pour cette croyance? Comment tous en commun et de la même manière eussent-ils annoncé une vision * de leur

n'aurions-nous pas les mêmes égards pour saint Matthieu, saint Marc, saint Luc et suint Jean T — Lesbinjî, ce crili(iiie si protond et si lin, objecle ù Scliuniann qu'aucun de ses arguments contre la résurrection du Christ n'a d'importance historique.

* Strauss lui-môme reconnaît Pexactitude des faits rapportas par l'JEpi^re I aux Corinthiens, xv, II, et l'existence à celte époque de plusieurs ineinhres d«^ la première Eglise, notamment des Apôties, qui prétendaient avoir vu le Christ ressuscité. (Strauss, § 130.)

• Il est un fait incontestable, c'est la foi des disciples dans la résurrection du Christ; Strauss, et en général tous les adversaires du miracle, ne pouvant expliquer cette foi par la mort appartîute du Seigneur, stî r»'jiîitenl sur riiypolhèse d'une vision produite par leur imagination surexcitée. Dans Bà Nouvelle vip. de Jésus (p. 310), où il nie de prime abord le surnaturel, c'est la seule issuii qu'il trouve pour échapper au cercle (jui l'enserre de toute part. « Car », dit-il, « un hounne demi-mort, se traînant pénihlemenl hors du tombeau, réclamant des soins et liiiissant par succomber ;\ ses blessures, n'aurait jamais lait sur l'imagiiiation des Apùires Timpres-^ion du vainqueur de la mort et du m.iilie de la vie ». Schenkel (Charartn-bild Jesu, s. 311) réptMe lldèlemenl lu leçon qui lui a été taiie par Strauss. Mais cette hypoilu>se de la vision est plus hasardée encore que les autres, s'il est possible ; c'est un argument désespéré. Saint l*aul et son disciple saint Luc sairent parl'aitement ce qui distingue une vision d'un lait réel

imagination surexcitée, comme une vérité certaine et un fait dont ils auraient été les témoins * ? Comment n'est-il venu à l'idée d'aucun des disciples de visiter le sépulcre? La vue du cadavre n'cût-elle pas dissipé toutes les visions? Pourquoi, lorsqu'ils se mirent à prêcher la résurrection, leurs ennemis ne les confondirent-ils point en exposant le cadavre aux yeux de tous ? Dira-t-on que Joseph d'Arimaihie, membre du sanhédrin, déroba le corps? Pourquoi le sanhédrin ne s'en prit-il pas à lui? — Si le Christ n'est pas ressuscité, qu'advint-il de son corps*? Comment

tombant sous le sens. (Voyez saint Luc, i, 22. — Act. des Apôt., X, 17; XII, 9; XXII, 17; XI, 5; XVI, 9; xvni, 9 ; II Cor,, xil, i. — Comment? L'incident de saint Thomas {Jean, xx, 19), celui de saint Pierre [Ibid., xxi, 15), le repas pris avec sept disciples près du lac de Tibériade {Ibid., xxi), Tappariiion devant plus de cinq cents disciples {I Cor., xv, 6), ne seraient que des halhicinalions fugitives? Pourquoi ces hallucinations commencent-elles précisément le troisième jour, pourquoi cessent-elles si tôt? Peut-on admettre que toute cette productioa d'une surexcitation maladive se soit développée si vite avec une perfection aussi accomplie ? Baur lui-même, sur le déclin de sa vie, avouait qu'entre la mort et la résurrection de Jésus il régnait un nuage impénétrable. « Lorsque Ton considère », dit-il, « un enchaînement de faits rompu aussi violemment, puis se renouant d'une façon si merveilleuse, on se voit placé sur un nouveau théâtre de l'histoire ». Cf. Engelhardt, Schenkel et Strauss, 1864, p. 85.

* « Il s'est montré à nous, et nous avons mangé et bu avec lui après sa résurrection ». (Act., x, 41.)

* Strauss prend le parti désespéré de dire que le Christ ne fut pas enseveli régulièrement, mais seulement enterré à la hâte sur le Calvaire, et qu'après la Pentecôte on ne put point retrouver ce corps pour l'opposer à la prédication des Apôtres. Où puise-l-il ces renseignements, en contradiction avec la loi romaine, qui ordonnait de rendre les cadavres des suppliciés d leurs parents? Digest., liv. XLViii; Tit. xxiv, Ulpien. — Mais alors, si Jésus n'est pas ressuscité, s'il était réellement mort, bi ses disciples ne lont pas dérobé, qui donc l'a enlevé? Un

DE l'histoire évangéijqce. 297

ensuite expliquer les miracles que firent les Apôtres pour confirmer leur prédication du Clirist ressuscité *? Comment expliquer le changement soudain et immense qui s'opère dans saint Paul, si Jésus ne lui avait pas apparu? Ou bien faudrait-il admettre que cet homme, au génie profond et calme, à la dialectique puissante et serrée, ait été dupe, lui aussi, d'une hallucination; et que ses paroles, qui se répandirent sur l'univers entier comme un fleuve où les chrétiens allèrent toujours puiser la [)lus pure doctrine, prenaient leur source dans une illusion? Si le Christ ne s'est point relevé en chair et en os de son tombeau, s'il n'a pas conversé, parlé et mangé avec ses disciples, s'il ne leur a pas donné son corps à toucher *, d'où vient alors le ch;mgement subit, efflcace, total qui s'accomplit en eux? D'où vient leur foi, qui persévère dans tous les tourments de la persécution, cette foi qui leur est commune à tous, que pas un seul ne renie? Car pas un seul ne dit : Non, il n'en est pas ainsi. — Mais pourquoi, dit Celse ', le Christ ne s'esl-il pas fait voir en

Inconnu, sans doute, qui Ta fait par dos motits inconnus, ou môme sans motif, et qui a caché ce qu'il avait fait pour des motifs i^palBiuenl inconnus. Ainsi la foi à la résurrection, le christianism»;, notre histoire de litnix mille ans dépendent d'une circonstance fortuite : Un inconnu a eu la bizarre pensée de dérober le corps de Jésus, et l'idée plus bizarre encore de n'en jamais parler. — Encore une fois, combien ce tombeau scellé et gardé, et cependant trouvé vide, les embarrasse !

^' * Actes des A})ôt., m, 10; iv, Kî ; Imc, xvi, 20.

t *Luc, XXIV, 39.

' * Origen., C. Cels., il, 63. — Strauss fait la niCmo question. ' Schenkel prétend que, si Jésus était récUemcnl ressuscité, il

public et devant ses ennemis, puisque son apparition les eût amenés infailliblement à croire en lui? — Parce que le fait de la résurrection n'était mis en doute par personne, ainsi que nous l'avons vu ; parce que les miracles

sérail venu se montrer à ses juges et dans les rues de Jérusalem {Charakterbild Jesu, p. 324.)

Strauss présente encore quehjues objections, mais il est fort aisé d'y répondre. 1° « S'il est vrai que les gardes aient été subornés, pourquoi les Apôtres ne se prévalent-ils pas de ce fait devant le Sanhédrin?» — Parce que le Sanhédrin ne pouvait nier la résurrection. '{Actes des Apôt., iv, ii.) — Personne, au reste, à cette époque, n'a nié la résurrection, comme le prouvent le second et le cinquième chapitre des Actes des Apôtres.

2° ft Les femmes qui venaient pour oindre le Seigneur ne savaient donc rien de la garde mise au tombeau? » — Sans doute, et c'est justement ce qui prouve la vérité du récit. Le jour du supplice, elles virent Jésus porté dans le tombeau , elles se bâtèrent de retourner à Jérusalem pour acheter des aromates avant le couclier du soleil, où commençait le sabbat. Le lendemain, elles observèrent la loi du repos.

3° « Le Sanhédrin tout entier, convoqué d'office, n'a pas pu s'assembler pour sanctionner une imposture ». {Maith., xxviii, 13.) Pourquoi pas, puisqu'il s'était réuni pour un meurtre juridique. Rien ne prouve, au reste, qu'ils se soient oflicieliement assemblés. « Les soixante -dix membres habitaient-ils une même caserne, observe judicieusement Hng, (ii, p. 207), ou bien soixante-dix messagers furenirils expédiés pour rassembler tous les membres clans l'espace d'une heure? Pourquoi admettre, d'autre part, que les disciples, les saintes femmes et les cinq cents lidèles se soient concertés pour affirmer la résurrection? » {Matth., xxviii , 11 ; I Cor.t XV, 6.)

4° « Il n'est pas vraisemblable que les soldats aient menti, car ils devaient redouter un châtiment sévère ». — lis avaient des motifs puissants qui leur assuraient l'impunité; ils savaient d'abord que les gouverneurs rornains étaient faciles à corrompre, et toujours disposés à recevoir des cadeaux, ensuite que l'intérêt des grands-prètres alTranchirait leurs paroles de tout contrôle, tandis que la prudence les engageait à ne pas faire d'esclandre. (Hug. id, p. 208.)

5° « Les grands-prêtres ne devaient pas ajouter foi au récit des gardes, et penser plutôt qu'ils avaient dormi ». — iMais

DB l'histoire kvangélique. 299

opérés par les Apôtres au nom de Jésus ressui^cité, confirmaient cette résurrection d'une manière si éclatante et si surnaturelle, que ceux qui l'ont niée eussent nié aussi, même en le >/oyant, la vérité et l'identité de Jésus ressuscité. Nous ferons observer ensuite que la résurrection renfermant, de même que les autres miracles, une haute et profonde idée morale, ne pouvait être abaissée à servir de spectacle et de parade à une foule mal disposée et incrédule *; qu'enfin, celte mort, qui devait amener notre salut, terminait la mission du Seigneur sur la terre, condamnait I^aël et mettait le comble à ses ingratitudes. Sans doute, des Israélites vinrent, comme individus, écouter docilement les Apôtres; mais Israël, comme peuple, avait prononcé son propre jugement. Du reste, demander que le Seigneur vînt se montrer au sein du Sanhédrin, est une prétention aussi insensée et aussi puérile que de vouloir faire apparaître Dieu afin de convaincre des athées de son existence.

Non-seulement les Apôtres crurent à la résurrection ; des myriades d'hommes appartenant à tous les peuples, à toutes les conditions sociales, à tous les états, ont partagé leur foi*, malgré le bruit répandu que le cor()S de Jésus

que dire si leurs visages portaient des traces profondes d'abalU'Mienl, si la conscience des prùlres, lourinentée par h:> remords, leur ran|)»;lail sans et\>*se lu prédiclion du SfigueurT S'ils n'avaient pas cru à la dépo.-iiiou des sold.iLs, ils auraient dû attaquer la garde et les disciples eux-nuMii«>s pour avoir

^ brisé le sceau de la justice, accusation doul Ihibluire ue l'ail

^ nulleintînl mention.

*Cf. supr., p. 176.

■ Actes des Apôt.y iv, 4.

avait été dérobé, malgré les menaces de la synagogue. UEglise est fondée sur celte croyance. Un événement d'une importance capitale se produit dans l'histoire du monde et la partage en deux périodes, l'histoire avant et Fhisloire après Jésus-Christ. Voilà des faits qu'on ne peut nier; comment les expliquer? Qui est-ce qui a jeté le courant de l'histoire de l'humanité dans un autre lit?

Au reste, si nous voulons nous convaincre combien il est impossible à des intelligences, même d'élite, douées d'une imagination vive et brillante, de connaissances étendues et d'un talent incontestable, de substituer n'importe quelle combinaison aux récils des Evangiles, sans tomber dans de perpétuelles contradictions, ouvrons les livres des Renan , des Schenkel et des Strauss ; leurs œuvres nous en fourniront une preuve frappante. Impossible de choisir : il faut admettre Jésus tel que nous le donnent les Evangiles, ou bien, pour être conséquent, ne voir en lui qu'un imposteur. Un fait d'une importance aussi grande que la fondation, la durée et le développement du christianisme doit avoir une cause proportionnée à la grandeur de l'elTet; cette cause, nous ne pouvons la trouver que dans la résurrection du Seigneur^ La foi des Apôtres et la foi du monde en un Dieu crucifié, sans la vérité de la résurrection , serait un miracle beaucoup plus grand que le miracle de la résurrection lui-même ;

* L'histoire entière est incompréhensible sans lui, avoue M. Renan. Mais alors, si Jésus n'est pas ressuscité, M. Renan est coDclamné par son propre principe, qui veut que les faits trouvent leur explication dans des causes adéquates. — Selon lui, Jésus a opéré toutes ces merveilles par une fine ironie et fia gentillesse.

DE L'niSTOIRE ÉVA>GÉLIQtE. 301

ce serait un phénomène incompréhensible ; plus encore, une monstrueuse contradiction K

Se il mondo si rivo'se al cristianesrao,

Diss ' io, senza iniracoli, quest ' uno

E tal, che gli allri Doa soao il ccDlcsmo '.

Le chantre de la Divine comédie ne fait ici (|ue répéter ce qu'avaient dit avant lui deux des plus grands génies : a Si le monde avait été amené sans miracles, par des a hommes simples et obscurs, à croire des mystères ina compréhensibles, à embrasser une vie pleine d'obliga- « tions morales les plus difticiles, à espérer des biens « supérieurs à la nature humaine, ce serait quehjue chose « de plus miraculeux (lue tous les miracles ' d. a La ré-

* Jésus le crucilic est apparu à s»^s disciples dans sa splendeur : c'cbl un des faits les plus iiicuiiîeslabk's de l'iiibioire univei'selle, qu'on l'explitiuc de telle ou telle manière, ou qu'un ne le comprenne même nullement. (Volkmar: Dierclijion Josu, 1857, IV, 08 : Ouvid^^e des plus dun^'L'icux et dud plus nuisibles.)

• \)ani., Paradis. y xxiv, 106.

' Tlium., C. Gcnt., i, 0. — Nous devons udmellre les miracles, non point par aniour du merveilleux; !i:ais parce quo c'est le seul moytîn (r«»x|)iiiiuer un tait liislonque. Lorsque Schenkel [CfiaracUrbild Jcsu) veut créer une imaiî»! du St'i^,'neu^ en répudiant ses miracles, il retomba' dans ridée r.iliunalisle des explications naturelles. Selon cet auîeur, la femme mieinle du perles a été guérie par une exaltation religieuse do sou imagination (p. 113); le serviteur du capitaine, par uno excessive surexcitation iiHînlale et une foi inébranlable. Un serrenent de main amical, accompagné de |)aroles ilouces el « ncuura^caiiles a dissipé les soutVrances du liévreux ; (juanl au paralytique, l'annonce quo ses péchés lui ctaienl remis ébranla toul son corps comme un choc éleclrique, et lui rendu Tusago de ses membres. Saint .Marc, on raconlanl ces faits, û a liiit (lue céder au dé^ir du merveilleux qui enllammail in

« surrection », dit saint Augustin *, « était seule capable « d'amener les disciples à croire à TEglise , ainsi qu'à « l'avenir du christianisme ; mais pour nous, qui voyons « TEglise, nous sommes certains que le Christ est ressusc( cité des morts. Que si quelqu'un croit que les Apôtres a n'ont pas opéré de miracles lorsqu'ils ont déterminé le c< monde à croire à la résurrection et à l'ascension, ce a grand miracle nous suffit que tout le monde ait cru a sans miracle ».

jeune Eglise. — Cependant, lorsque cet évangéliste écrivait (20 ans après Jésus-Chrisl), saint Jean vivait encore, et Schen- Kel, ne nie point le fait. (Pag. 33.) SchenkeU Strauss et Renan, dans leurs différents ouvrages, Characterbild Jesu, Leben Jesu, Vie de Jésus, n'ont fait que résumer les idées d'une école qui cherche à flatter le peuple €i à combattre les prêtres.

* Serm. cxvi j Civ. Dei, xxii, 5.

Page 1