I. Lisez : Consultations
du patriarche^, dont l'imprudente ingénuité et le zèle indiscret me persécutoient jusqu'à n'en pouvoir plus, n'entrant jamais dans ma chambre qu'il ne me dît qu'il n'y avoit plus d'espérance de vie pour moi et qu'il étoit temps de disposer de toutes mes affaires.
Enfin je commençai à me mieux porter par le secours de ces nouveaux médecins. On me mena à Recati parce que l'air y étoit meilleur qu'à Lorette ; et, après y avoir été six jours, me trouvant assez de force pour pouvoir, sans danger, continuer notre vo3^age, nous allâmes à Rome, où je gardai encore quelque temps le lit, pour achever de me rétablir en santé. Dans ce temps-là le cardinal Colonna me fit un présent de quelques joyaux de grande valeur avec deux mille pistoles en cent cinquante pièces d'or.
Quelques jours s'étant passés, et ma santé étant en quelque manière revenue, encore que ce fut sans trop