‹ ApologieChapitre 54 sur 59 · La même à la même, 17 avril · texte numérisé non relu

La même à la même, 17 avril

iienne, pour M^ie Colonna. «. Elle portoit desjupes de brocart or et argent sous sa robe de laine, et, aussitôt qu'elle n'étoit plus devant les religieuses, elle jetoit son voile et se coiffoit à l'espagnole avec des rubans de toutes couleurs. Il arrivoit quelquefois que l'on sonnoit une observance à laquelle il falloit qu'elle allât : la maîtresse des novices venoit l'avertir; elle reprenoitson froc et son voile par-dessus ses rubans et ses cheveux épars ; cela faisoit un effet assez plaisant, et l'on auroit pu s'empêcher d'en rire, si d'ailleurs elle ne s'étoit pas attiré la compassion de toutes les personnes qui la connaissoieut ; car enfin elle étoit dans une véritable nécessité, manquant d'argent, fort mal nourrie et encore plus mal logée \ »

Mme d'Aulnoy raconte qu'elle fût lui rendre visite et qu'elle la trouva gelant de froid dans une chambre aussi haute qu'un jeu de paume, et qui, à proprement parler, n'étoit qu'un grenier. Voilà dans quel misérable état le Connétable laissoit sa femme, qui lui avoit apporté en dot plusieurs centaines de mille livres de rente. M^^e de Villars dit aussi qu'elle manquoit de tout.

Le connétable, afin d'achever son ouvrage, avoit fait venir de Rome une dispense pour abréger le temps de la profession de sa femme, et qui lui permettoit de la faire avant l'année de son noviciat ^ Quant à lui, il ne se pressait guère à s'engager par des vœux dans l'Ordre de Malte.

Page 1