‹ Apologie pour FénelonChapitre 105 sur 250 · II, p · texte numérisé non relu

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2. Je crois aussi que la lettre est authentique, mais je n'admets pas le bizarre dilemme que M. G. emploie pour en démontrer l'au-

La Combe avait écrit à sa pénitente :

Je reconnais sincèrement qu'il y a eu de l'illusion, de Torreur et du péché dans certaines choses qui sont arrivées avec trop de liberté entre nous.

Quel est le vrai sens de cet aveu? A l'extrême rigueur une âme très sainte a bien pu appeler « péché )) une affection naturelle d'ailleurs très pure, mais tout le monde, Bossuet, le public, la cour de Rome, enfin et surtout M™® Guyon ont pris le mot de « péché » au sens propre, tout le monde a compris que La Combe se reconnaissait coupable de relations criminelles avec madame Guyon. Celle-ci protesta, avec véhémence, contre une pareille imputation. Nous avons sa lettre. M. Crouslé nous y renvoie avec sa candeur ordinaire, car s'il nous trompe, il ne veut pas nous tromper. Citons cette lettre, nous verrons ensuite comment M. Crouslé la résume.

A moins d'être le plus scélérat des hommes (le P. Lacombe) ne pouvait m'avoir écrit cette lettre... Si la lettre était de lui, c'était un fripon. Le mot est dur à dire d'un homme de qui Von n'a pas connu de mal, et qu'on a estimé comme un SAINT... Je dis... que lorsqu'il arrivait à la campagne après bien des temps et des mois qu'on ne l'avait vu, il m'embrassait, me prenant la tète avec ses mains. Il le faisait avec une

thenticité : Noailles a questionné (dans les deux sens du mot) madame Guyon sur cette lettre. Or < Noailles était-il homme à jouer le rôle de faussaire ou de dupe ? » Faussaire, l'archevêque ? Cela est deux fois impossible, car alors il faudrait le faire passer pour instrument de Bossuet. « sinon dk qui? » A quoi nous répondons : certainement ni l'archevêque, ni Bossuet ne sont des faussaires, mais ils ont pu être dupes. Quant à la question de M. Crouslé € sinon de qui? » c'est un défi à l'histoire Madame Guyon eut d'autres ennemis — et de bien plus redoutables que Noailles et Bossuet.

extrême simplické et moi aussi. (ï/archeveque) me demanda si je m'en étais confessée. Je lui dis que je n'y avais point cru de mal et que, si j'en avais fait scrupule, je m'en serais confessée... Vi«s dii'ez que je pouvais m'empêcher de dire cela, mais il n'y avait aucun mal, du moins qui me parût, car, si je l'avais cru, je ne Veusse jamais fait .. Quand la conscience ne reproche rien, on dit des simplicités que les gens méchants savent éviter parce qu'ils ont fait du mal... Je ne laissais pas de la trouver extrême (la lettre) et je n'y comprenais rien, car je n'xi rien vu faire de mal en ma vie au P. La Comde '.

Et maintenant, qui ne me prendra pas moi-même pour un faussaire si j'affirme qu'à la page 447 du t. I, M. Grouslé résume ainsi cette lettre ? ""

En somme, elle avoue ce que la lettre attribuée au P. la Combe contenait en termes discrets.

Je n'en voulais pas croire mes yeux. J'avais lu et relu les lettres et l'autoliiograpliie de M*"* Guyon; j'avais pesé, dans les deux éditions de la vie de Mgr d'Arenthon, les accusations aussi tapageuses que vaines portées par Dom Innocent et je croyais avoir la preuve non seulement que M'"^ Guyon n'avait jamais avoué aucun péché de ce genre, mais encore qu'après tant de recherches policières et de dénonciations ecclésiastiques, rien de sérieux n'avait été apporté contre elle... Or voici que d'un trait de plume, M. Grouslé renversait cet échafaudage. Il tenait en mains la preuve décisive, l'aveu formel de l'accusée. Au lecteur de voir ce que vaut cet aveu, cette condamnation d'un complice en qui « on n'a pas connu de mal, et qu'on a estimé comme un saint ».

L'habileté innocente de M. Grouslé consiste,

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