II, p
ostensiblement de condamner une doctrine qui a été censurée par d'autres évèques de France et par le Saint-Siège? Comment Fénelon peut-il poser sérieusement une pareille question ^?
Le plus sérieusement du monde. Un évoque n'est pas tenu à contresigner tous les mandements de ses^ confrères — il y en avait juste quatre contre les nouveaux mystiques, — ni de souscrire par un act^ olficiel à toutes les décisions des congrégation! romaines. Aussi longtemps qu'il ne s'élève pas contre la doctrine reçue, on doit le supposer en parfaij accord avec Je Saint-Siège. D'ailleurs Fénelon n'' pas refusé de censurer les nouveaux mystiques. Noi seulement il a signé les articles d'Issy qui les condamnent, mais encore il s'est expliqué en public sur la doctrine de M""® Guyon. S'il a refusé d'approuver un nouveau livre de Bossuet, il a eu ses raisons que nous avons dites. Il n'avait pas signé non plus les quatre premières censures et la fin du monde n'était pas venue. Si le refus a été connu du public, on sait bien que ce n'est pas la faute de Fénelon. Celui-ci n'avait certainement pas raconté partout qu'il se proposait d'approuver le prochain livre de M. de Meaux. Quoi qu'il en soit, un pareil refus, même public et retentissant, n'était pas de nature à renverser l'Église. M. de Meaux n'était pas l'Église. Mettez les choses au pire. Supposez — ce qui n'est pas — que Fénelon et ses amis restent entêtés de toutes les fausses doctrines de M""** Guyon. Ils ont tort, mais enfin, après l'éclat qui venait d'être fait, la plus élémentaire prudence leur aurait défendu