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ut effort de propagande. Fénelon n'aurait jamais publié les Maximes s'il avait pu prévoir qu'on ne verrait dans ce livre qu'une apologie déguisée de uiadame Guyon. Quant au livre lui-même, consacré 1 des questions subtiles que Bossuet lui-même ne
'tait posées que depuis cinq ou six ans, était-il iM'soin de le réfuter avec fracas? Oh! J'entends bien !)Ossu.et nous dire qu'il a lu les premières cxplica- (ions de Fénelon — au temps des conférences d'Issy — « dans un gémissement que Dieu sait» ^, j'entends iM. Crouslé qui gémit de confiance, mais je demande, avec un contemporain de ces premières larmes, si Monique, la mère de S. Augustin, en put dire ou faire davantage « quand elle vit son lils engagé dans une malheureuse apostasie ». Ne nous laissons pas émouvoir par les excès même du génie. Certes, il ne faut jamais faire bon marché de la saine doctrine. Bossuet estime que Fénelon s'égare. Qu'il le réfute, qu'il le dénonce à l'Eglise. Die ecclesiœ. Au demeurant les larmes sont ici de trop. Les plus prévenus contre Fénelon, s'ils veulent juger de sang-froid, diront tous avec le même Jurieu que je viens de citer :
Je suis persuadé que la Ihéologie de M. de Cambrai ne peuplera jamais les enfers. Peu de gens y donneront et Dieutolé-
1. Bossuet est sincère. Il se contente de transposer en 1695 les gémissements de 1698. Ce genre d'illusion doit être connu de ceux qui étudient les maladies de la mémoire. Sil obstination de Fénelon était dès 169.j si lamentable, comment Bossuet l'a-t-il laissé faire évèque ? Il n'a jamais répondu à cette question, car il ne suffit pas pour y répondre de dire que Fénelon est ingrat en la faisant. On espérait sa conversion. Soit. Mais si le mal était si grave, pouvait-on s'aventurer ainsi sur une telle espérance ? Tout ceci, ad hominem, bien entendu.
rera ceux qui y tomberont de bonne foi comme des malades auxquels il faut pardonner leurs rêveries ^
Que si enfin M. Crouslé ne veut reconnaître aucune exagération dans les sentiments de son maître, que Bossuet lui-même calme cette angoisse. Voici comme il s'exprime dans un moment de sérénité plus grande :
Quoique je présume bien... qu'on ne jugera pas le démêlé assez important pour demander une bulle, j'envoie néanmoins mes justifications^.
Eh quoi ! si Fénelon médite un coup mortel contre l'Église S s'il y va vraiment « de toute la religion »' que Rome, après tout doit bien connaître, serait-ce trop d'une bulle?
1. Traité historique contenant le jugement d un protestant sur la théologie mystique... 2" édit., 1700, pp. 201, 194. Ce pamphlet de Jurieu, est, presque partout, d'une violence inouïe. Ce n'est pas pourtant un livre tout à fait négligeable. Ceux qui n'ont pas suivi la controverse entre Bossuet et Fénelon s'étonneront à bon droit que je cite' même sur une question de simple bon sens, les paroles d'un protestant (j'aurais pu citer les paroles identiques de Voltaire). Mais les bossuétistes ne me feront pas ce reproche, sachant bien qu'il me serait trop facile de le retourner à leur adresse. Je tenais d'ailleurs à attirer l'attention des chercheurs sur un curieux problème que pose ce livre. La première édition contre les casuistes est de 1699. Jurieu s'indigne que Bossuet, pour une querelle d'amourpropre ait abandonné la croisade contre les casuistes. Bossuet a-t-il lu ce livre et serait-ce un peu aussi pour se défendre contre Jurieu que l'évêque de Meaux aurait pris la part que l'on bait à l'assemblée de 1700?