L., XXIX, p
3. « Si on marchande M. de Cambrai audacieux et artificieux comme il l'est, il ne marchandera pas l'Eglise et ne fera qu'attendre à frapper son coup » (L., XXX, p. 10).
LES MÉSAVENTURKS DE M. CROUSLÉ 22")
I 3. — Critique des sources.
Pour faire court, je ne discuterai qu'une des sources de M. Crouslé, à savoir la Relation de Vorif/ine, du progrès et de la condamnation du quié^ iisme^ œuvre posthume de Tabbé Phélipeaux. M. Crouslé accepte les moindres dires de ce personnage avec une confiance presque absolue. Il me semble pourtant qu'en bonne critique un tel auteur veut toujours être contrôlé.
Phélipeaux — mentor de l'abbé Bossuet pendant le séjour de celui-ci en Italie — est un Saint-Simon de vingtième ordre, la théologie en plus, le génie et la race en moins. Je le crois honnête, incapable de forger de toutes pièces un mensonge. Mais il est vulgaire, fermé aux sentiments nobles et à toute délicatesse; mais son animosité est manifeste ; mais il a passé deux ans de sa vie à attaquer Fénelon ; mais il a respiré depuis, à l'évêché de Meaux, Tétrange atmosphère que le journal trop candide de l'abbé Ledieu nous a rendue presque palpable. Bonnes conditions pour écrire un pamphlet, mais non pas une histoire. S'il n'invente rien, il fausse tout. Les yeux de Fénelon, ces yeux dont Saint-Simon nous a dit que « l'esprit sortait comme un torrent », Phélipeaux les a vus « sinistres* ». A qui sait comprendre, ce simple parallèle dit tout.
Infiniment précieux, indispensable même, quand il raconte le procès en théologien — quoique, même sur ce terrain on ne puisse pas le suivre sans défiance