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2. L'amusant est que Phélipeaux a raison. Comme j'ai dit, s'il n'invente rien, il fausse tout. Mais M. Crouslé ne sait pas' faire la critique d'un texte. Comme Ghantérac et Beauvilliers, on peut croire que le marquis de Fénelon a exhorté son oncle iliais sans
^4. — Enlèvement de Vahhé Bossuet,
J'arrive à la plus surprenante prouesse de M. Crouslé. Cette fois du moins, le sorcier, disons le mot, le bateleur qu'est pour lui Fénelon, a trouvé son maître. Semblable à un homme qui ne verrait ou ne voudrait pas voir de moustiques en Camargue, M. Crouslé a vécu, une par une, toutes les heures du procès en cour de Rome et pendant ces deux années; c'est à peine si, par hasard, de loin, en passant, il a rencontré l'abbé Bossuet.
Ce personnage est connu, son éloge n'est plus à faire. Je crois qu'on lui fait bien de l'honneur de tant S'indigner contre lui. Etait-ce un si méchant homme? Non, mais simplement une âme vile, un malappris et un matamore. Pour renoncer à la légende de l'aigle de Meaux, il suffit d'évoquer — la chose, hélas, est trop facile I — le tête à tête entre l'oncle et le neveu. Celui-ci baisait assurément l'anneau du prélat dans les offices de la cathédrale, mais la chape dégrafée, il le traitait de pair à compagnon. J'imagine qu'il le bousculait parfois. Ces coups de coude me gênent plus que les coups d'épée de Fénelon. Une noble main
avoir à cet égard l'ombre d'une inquiétude. Ainsi de toutes les lettres de condoléances entre croyants. Pour le reste, il n'est pas vrai que Fénelon ait dit qu'il n'était obligé à rien. Il a dit quelque chose d'approchant, non au sujet de sa propre soumission, mais de la publication de son mandement pour la réception du bref. f L'acte a été dressé dès le lendemain de la nouvelle reçue, mais j'ai cru devoir le tenir en suspens jusqu'à ce que je sache la manière de procéder... je ne perdrai pas un moment; dès que je serai assuré de ne point blesser les usages de France » (F., IX, p. 828). Gomme on voit, quoi qu'il fasse, il aura tort. S'il attend, il révèle sa révolte intérieure ; s'il n'attend pas, il brave la Cour et se montre mauvais français.
n'amoindrit pas celui qu'elle blesse. Les réponses de] M. de Cambrai pèsent moins lourdement sur le magni-' fique vieillard que les lettres et autres familiarités du triste nQveu. Qu'y pouvons-nous, M. Grouslé et moi?: Les papiers sont là ; si l'abbé ne les a pas brûlés, ce n'est pas par scrupule. Ecrites dans l'ardeur de la; bataille ou relues au coin du feu longtemps après la victoire, il n'a jamais soupçonné qu'il y eut là matière à rougir. Cette victoire, aussi bien, n'étaitce pas son œuvre à lui, à lui seul? Mouche du coche agitée et bourdonnante, c'est lui qui a déjoué toutes | les manœuvres des Gambrésiens, lui qui a éclairé, soutenu, converti le pape, lui enfin qui a tenu tête « à l'enfer déchaîné » jusqu'au jour où il a télégraphié dans l'ivresse du devoir rempli : « Dieu estplus fort que tout ; la vérité enfin a triomphé I ^ »
Je ne charge pas le tableau. Tel est bien, grotesque sinon toujours odieux, Tabbé de l'histoire. Celui de M. Crouslé ne lui ressemble pas comme un frère. Si discret, si effacé qu'on n*a même pas le temps de prendre garde à lui, consciencieux, correct, aussi peu important qu'un séminariste, il traverse par moments, la scène, dit quelques mots irréprochables, salue et rentre timidement dans les couhsses. Zélé, on le serait à moins, mais son oncle gouverne ce zèle « avec son bon sons et sa résolution calme- ». Si Tabbé « ne perd pas de vue ses intérêts personnels », pourquoi lui demander « un détachement surhumain ^ ». Ni saint ni surhomme, à cela près les