‹ Apologie pour FénelonChapitre 123 sur 250 · L., XXX, p · texte numérisé non relu

L., XXX, p

B. L., XXX, p. 317.

La lettre qu'on vient de citer est du 16 mars. Le nème jour, Noailles écrit à l'abbé :

Ce malin, j'ai rendu compte au roi de tout ce que vous me juandez. Sa Majesté a compris aisément les inconvénients de ce beau projet (les canons positifs) et a pris sur le champ le parti de dépêcher un courrier extraordinaire pour porter encore une lettre de S. M. au Pape... M. de Meaux a parlé aussi ce matin au roi et a vu comme moi son zèle sur cette affaire '.

On comprend que Bossuet soit revenu « à la confiance ». Nous avons la lettre du roi au pape. On sait que cette lettre arriva trop tard. Mais qu'importe ici? Voici la lin de ce document :

Si Elle (S. M.) voit prolonger par des ménagements qu'on ne comprend pas une allaire qui paraissait être à sa fin, Elle saura ce qu Elle aura à faire, et prendra des résolutions convenables, espérant toujours néanmoins que Sa Sainteté ne voudra pas la réduire à de si fâcheuses extrémités 2.

Si Ton nous prouve que la cabale de Fénelon ait u de telles armes à son service, nous souscrirons «les deux mains au livre de M. Crouslé^. J'ai insisté sur l'effort principal de la cabale.

\. L., XXX, p. 318

2. L., XXX, 321. Qui a écrit la lettre du roi? Ce n'est certai- •ment pas un jugement téméraire que d'en attribuer au moins usieurs passages à la plume de Bossuet 11 suffit pour s'en convaincre de comparer à cette lettre, celle que Bossuet écrivit le même jour à son neveu. L'une des deux n'est que le brouillon de l'autre. ^L.. XXX, pp. 315-317; 319-321).

3. Pour minimiser de son mieux, l'importance du royal atout que Bossuet avait dans son jeu, M. Crouslé veut nous faire croire que le roi lui-même était « comme tenu en échec » par le duc de Beauvilliers, II, 545. On ne discute pas une telle fable. Plus loin il nous représente le P. de la Chaize comme « le maître absolu de Louis XIV », II, o'JO. Le plaisant despote! Plus vous lui prêterez d'intrigues en faveur de Fénelon et plus vous établirez que le confesseur n'était pas un « maître absolu ».

Restent des précisions plus que lumineuses mais que nous donnerons plus tard, au chapitre des sortilèges. Quant à M. Crouslé, il efface, d'un trait de plume, cette abominable histoire.

Il est difficile de regarder les Cambrésiens comme très opprimés.

Ils se donnaient pour plus persécutés qu'ils ne l'étaient en réalité ^

Mais que lui faut-il donc? Fénelon séparé de son élève, disgracié, exilé : ses défenses traquées et saisies par la police ; son honneur artificieusement mêlé aux aventures vraies ou fausses du P. L Combe; ses lettres intimes jetées à la maligne curio site du public; sa condamnation imposée à Rome pa Louis XIV; Beauvilhers ne restant en charge que' parun dernier reste de la faveur du maître : plusieurs des amis de Fénelon chassés de la cour : son propre neveu, un soldat très peu suspect de quiétisme, cassé aux gages; son indigne suffragant,révêque de Saint- Omer, poussé nous savons par qui, et l'insultant en pleine figure à l'assemblée du clergé ; après tant de coups mortels, que reste-t-il sinon la Bastille ou le bûcher? Disons-le, puisqu'on ne veut pas le voir. Que Fénelon, ainsi « opprimé », soit resté debout, plus grand, plus fier, plus fort et plus saint que jamais, c'est une merveille peut-être unique dans rhistoire. Respectez au moins cette infortune inouïe, si vous ne voulez pas reconnaître qu'en toute cette affaire, le vaincu se montra plus grand que le vainqueur ^

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