‹ Apologie pour FénelonChapitre 125 sur 250 · I, pp · texte numérisé non relu

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LES MËSAVENTURES DE M. GBOUSLÉ 247

s'est pas tenu dans les limiles d'une rigoureuse discrétion. S'il n'a pas dit son secret, il a dit qu'il en avait un. C'est presque la même chose. 11 a accueilli, il a provoque} les interviews. Il a laissé percer les graves inquiétudes que lui causait « le (ils de ses entrailles » — c'est Fénelon. 11 a soupiré, gémi peutêtre en compagnie de madame de Maintenon sur ce prodige d'illusion. Je le vois, je l'entends d'ici... « ...enfin, je le tiens par mon prochain livre qu'il a promis d'approuver (c'était bien un secret, cela, et il l'a dit à qui voulait l'entendre : pressé par Fénelon, il a bien dû l'avouer)... mais surtout, silence, que le roi ne sache rien ». Car c'était la grande consigne. Tout cacher au roi. La cabale ne l'entendait pas de la sorle. Sans même s'en douter et certainement sans le vouloir, Bossuet a documenté les ennemis de Fénelon, donné un corps, une précision, une gravité terrible aux rumeurs confuses qui serpentaient à la Cour et qui devaient fatalement arriver jusqu'à Louis Xiy. Si je mêle les deux secrets, — celui de Fénelon et celui de madame Guyon — personne n'ignore qu'ils ne font qu'un; si j'amplifie le débat, si j'insiste, c'est que nous touchons .peut-être à l'explication la plus pausible et la plus inolFensive de toute l'histoire.

Je sens l'extrême responsabilité de ma tâche. 11 y a là des conjectures, mais aussi des faits notoires. Pour les conjectures, je demande seulement aux experts de se référer aux nombreux passages oii Bossuet parle du fameux secret ; de songer à la psychologie d'un homme dont les lèvres brûlent de livrer à quelques intimes une grave confidence; je les prie

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enfin de lire, au hasard, le journal de Ledieu. Dans ce journal, d'une exactitude indiscutable, Bossuet, simple, confiant, bonhomme, nous paraît-il toujours pleinement maître de sa langue? Qu'ai-je fait d'ailleurs autre chose que de résumer — non pas les défenses officielles de Fénelon, partie au procès — mais vingt lettres de lui et de ses amis, écrites au jour le jour avant le grand éclat, et où Ton peut] suivre, à la piste, les imprudences de Bossuet*. 11] nous est pénible à tous d'admettre que celui-ci ail parlé plus qu'il ne devait, ' mais pour ne pas sej résigner à cette misère après tout si vénielle, aimerat-on mieux attribuer à Bossuet une responsabilité moins bruyante mais plus directe, plus active et plus consciente dans les manœuvres qui ont préparé la disgrâce de son rival ^?

Quoi qu'il en soit, je ne veux retenir pour l'instant que la gêne où se débat M. Grouslé en face de

1. C'est l'explication que D'Avrigny a trouvé lui aussi la plus plausible. « 11 est clair que le refus de l'approbation ne pouvait laisser entrevoir aucun signe de mésintelligence, puisque, étant secret, il n'y avait qu'à ne le point divulguer. Mais M. de Meaux

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