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Revue Bossuet, 25 décembre

44 APOLOGIE POUR FÉNRLON

à son rival de retrouver « les grâces des Provinciales ^ ».

On me permettra de rappeler quelques dates. Le duc de Bourgogne, né en 1682, a douze ans lorsque commencent les conférences d'Issy (1694). La reine est morte depuis 1683 et le règne de M°»« de Maintenon touche à son apogée. La querelle du quiétisme qui faillit un instant la compromettre eut, pour elle, un résultat tout contraire. « Le fameux épi^ sodé du camp de Gompiègne, du 30 avril 1698, où elle reçut du Koi, en présence de toute la Cour, ces hommages qui suffoquèrent tant Saint-Simon, fut une réconciliation véritable : toute l'ancienne faveur était reconquise, et les agitations causées par le quiétisme, étaient oubliées ^ ». Fénelon avait été nommé précepteur le 17 août 1687. Il sera sacré archevêque de Cambrai le 10 juillet 1695.

A considérer toute cette histoire 'comme un drame — c'en est un et palpitant — on pourrait la diviser ainsi. Prologue. Triomphe de M™® Guyon à la cour après les persécutions' déjà inouïes qu'elle avait subies. I" acte : M™« de Maintenon se déprend insensiblement de M™*^ Guyon, de U^^ de La Maisonfort et de Fénelon. Elle communique ses scrupules sur le pur amour à un certain nombre de pers"onnages. II« acte : Les conférences d'Issy qui ont pour but de ramener la paix en redressant les erreurs de Fénelon. La paix est signée (1695), mais plus à l'avantage de Fénelon qu'on ne l'aurait cru. Elle tient pourtant. III'' acte : L'année dite critique (1696), où l'incendie, sans éclater encore, se prépare. On se monte de part et d'autre. IV« acte : (1697 et première moitié de 1698). Tournoi théologique entre Fénelon et Bossuet. Ve acte : Deuxième moitié de 1698. C'est la guerre à mort, de personne à personne, sur la question .c des faits », avec le résultat que l'on sait. Pour éviter l'éloquence et les généralisations imprudentes, je diviserai ce drame en petites scènes que le lecteur rattachera de lui-même au plan d'ensemble que je viens de dessiner.

i. Il est piquant d« voir Bossuet saccommoder avec dextérité de ces re\ir«ments de la foule. Si le public se déchaîne contre les Maximes, securus judicat orbi tetrarum; si le même public applaudit aux réponses de Fénelon, c'est que la foule se laisse séduire par les faux prophètes. Ne serait-il pas plus sage de dire que le public n'y entend rien et que Bossuet û'a pas été bien inspiré de le prendre pour juge ?

2. Geffroy. Madame de Maintenon d'après sa correspondance authentique, i, p. xlui.

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