F., IX, p
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Emphatique ou non, il a tenu sa parole. Laissezen paix.
Rit-on de la différence entre les amabilités d'avai la brouille et le ton moins cordial des écrits postérieurs ? De bonne foi, qu'est-ce que cela prouve contre lui? Qui a commencé? D'où vient la brouille? Là est le vrai problème. Morte l'amitié, les gentillesses ne sont plus de saison. Avions-nous besoin que Bossuet nous le rappelât?
Opposera-t-on à cette soumission « de petit e fant », les souples efforts de dialectique tentés p Fénelon en vue de convertir Bossuet à ses propre idées? Ce serait encore se tromper d'adresse. La discussion précède et la soumission vient ensuite. On argumente en théologien, on se soumet en petit enfant. Fénelon n'a jamais déguisé son intention très arrêtée de s'expliquer et de se défendre. Pendant les conférences d'Issy, sans qu'on l'ait jamais avoué en propres termes, du moins avant la querelle publique, Fénelon, suspect, accusé, se trouvait bel et bien sur la sellette. Quelle que dût être la sentence, il l'acceptait en esprit de foi. En attendant, libre à lui d'éclairer ses juges.
Et puis Bossuet, d'autant plus admirable polémiste qu*il a toujours l'air de n'y toucher pas, Bossuet s'est bien gardé de nous révéler les restrictions formelles que Fénelon apportait à ses promesses.
J'ai dit — écrivait plus tard celui-ci — dès le commencement qu'il n'y avait à examiner que l'amour pur, les épreuves et l'état passif : que l'amour pur ne pouvait être révoqué en doute par aucun docteur catholique; que M. de Meaux, qui était le plus effrayé, me donnait sur les épreuves bien plus que je ne demandais et que pour l'état passif il n'y avait qu'à
If bien délinir pour empêcher qu'on ne lui donnât tiop li-tendue ^
Il parle ainsi plus d'un an après la signature des articles. Mais, pour l'ordinaire, ses affirmations, à (jLielque date qu'on les prenne, s'éclairent et se corroborent les unes les autres. Correspondance, petits papiers inédits que garde Saint-Sulpice, il fut si perfide ou si franc que tout cela se trouve d'accord avec les écrits publics. Voyez en effet comme il parle à Hossuet dès le début des conférences.
Ce qu'il y a de bon dans le fond de la matière c'est qu'elle
réduit toute à trois chefs. Le premier est la question de ce
[u'on nomme l'amour pur... Quoi qu'il ne soit pas conforme à
I olre opinion particulière, vous ne laissez pas de permettre un
ntiment qui est devenu le plus commun dans toutes les -oles...'^. La seconde question regarde la contemplation ou oraison passive par état. Vous verrez si je me suis trompé. Pour la troisième question, qui regarde les tentations et les épreuves de l'état passif, je crois être sûr d'une entière confirmation de mes sentiments aux vôtres. Il ne reste donc que la seule difficulté de la contemplation par état .• c'est un fait bien facile à éclaircir^.
Une telle déclaration commande la correspondance qui va suivre. Fénelon pose nettement ses conditions.
II ne se soumettra pas indistinctement à tout ce que Ton voudra définir. Il limite le débat, il fixe l'unique