Delplanque, 1. c, p
dations de prudence qui s'imposent. Ai-je manqué de loyauté ? Pour ma part, je ne pense pas, mais, comme dit M. Grouslé à propos d'autre chose, « que chacun en juge selon son cœur^ ».
A la vérité, plus on aime Fénelon, plus on souffre de le voir réduit à de si petites manœuvres. Le voilà donc, par moments, seiiiblablo à la foule des honnêtes gens, et médiocre comme nous tous! Hélas l nous savions que la délicatesse la plus exquise s'émousse et s'épaissit à certaines heures, mais nous n'aurions pas voulu apprendre de Fénelon que toute noblesse humaine reste vulgaire par quelque endroit. Citons, par exemple, un paragraphe en somme très innocent, mais qui me gène parce qu'il est de lui.
Après ce que j'ai dit si expressément, mande-t-il à Chantérac, je ne puis ni ne dois me rendre dénonciateur de M. de Meaux sur ses ouvrages ; mais si l'affaire dure assez pour en donner le temps, vous pourriez lâcher quelque religieux qui fût zélateur de la bonne doctrine et qui le déférât au Saint- Ofïice. Il faudrait qu'il présentât un certain nombre de propositions extraites des livres de ce prélat et que la chose se fît en la manière la plus propre à ôter tout soupçon que je fusse l'auteur de cette démarche '^.
Échange de bons procédés. N'exagérons rien. La théologie de Bossuet ne paraît intangible qu'à M. Crouslé. Pour ne parler ici ni de la bulle Uiiigenitus, ni du concile du Vatican, les congrégations romaines auraient pu, sans des efforts inouïs, trouver matière à censure dans la psychologie mystique des nombreux écrits contre Fénelon. Conlier à
1. H, 486. Voir, sur les écrits clandestins, M. Delplanque, loc, cit., p. 293, 295.