‹ Apologie pour FénelonChapitre 144 sur 250 · F., IX, p · texte numérisé non relu

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LA DUPLICrriî PRKTENDUE DE FÉNELON 281

nécessaires. Pour l'anonymat, je n'ai rien à dire. (Test un problème de morale qui me semble très ( oinpliqué. Le masque pèse toujours à un galant liomme*^ Quoi qu'il en soit, je n'arrive pas à comprendre que tant de puritains si indulgents pour l'auteur des Provinciales se montrent impitoyables envers Fénelon. Serait-ce parce que l'un attaque et que Tautre se défend*?

Opposons maintenant tactique à tactique et ruses à ruses, besogne plus que déplaisante, mais qu'a rendue nécessaire la fureur des ennemis de Fénelon. Nous ne prétendons ni condamner Bossuet ni trouver pour Fénelon une excuse dans les torts de son rival. Nous voulons simplement rappeler aux liossuétistes que la plus élémentaire prudence devrait leur interdire certaines attaques. Lorsqu'on habite une maison de verre, on n'injurie pas les passants.

1. Reléguons en note une autre chicane. L'amitié a ses exigences comme la franchise. Fénelon, à dater de 1697, était comme un pestiféré. D'où pour lui le devoir strict de ne pas compromettre ses amis. Beaucoup de ses réticences trouvent là une explication naturelle et très honorable. Le cardinal de Bouillon, alors à " me, penchait du côté de Fénelon. Chantérac et les jésuites le

valent souvent. On ne pouvait être trop discret si l'on ne voulait pas donner à la cour la preuve de ce commerce. « Dites à M. le Cardinal, écrit Fénelon à Chantérac, que je m'abstiens de lui écrire pour qu'il puisse dire jusqu'au bout qu il n'a pas eu de commerce avec moi (IX, p. 228). » Est-ce là une faute contre « la droiture »? M. Delplanque semble le croire (p. 271) et M. Crouslé, indigné, appelle Pascal à son aide... Pascal qui, vous savez bien, n'était pas de Port-Royal. « 0 restriction mentale !... 11 manque un Pascal pour raconter toute cette histoire. » (II, 279). J'ai déjà montré qu'il ne fallait pas un Pascal pour réfuter M. Crouslé.

I 1. — U équivoque des « u?ia?nmes ».

J'en ai dit un mot, mais il faut y revenir. Bossu( avait grand intérêt à persuader au public que « to! l'épiscopat » luttait avec lui contre Fénelon *. Alafml il se Tétait certainement persuadé à lui-même, minij misant, par exemple, et, peu et peu, faisant dispj raître les différences pourtant sérieuses entre s^ propre doctrine et celle de l'évêque de Chartres sui la nature de la charité. Voici trois états de cette gravure.

a) Entretiens intimes deux ans après la victoire.

Mais M. de Chartres lui-même, dit encore M. de Meaux, eut encore besoin de ses corrections sur l'amour pur, en quoi il donnait prise à M. de Cambrai, parce qu'il avançait que c'était une opinion de l'école de dire que c'était un amour de concupiscence... d'aimer Dieu comme récompense. Encore après les corrections, M. de Cambrai ne laissa-t-il pas de trouver à reprendre à Vlnstruction de M. de Chartres sur ce pointa.

b) Lettres intimes au moment même de la controverse.

On y voit le travail d'auto-suggestion, Bossuet

reconnaissant néanmoins que l'unanimité n'est pas

complète.

Dans le fond, M. de Chartres est du même avis que moi 3, M. de Chartres est assurément du même avis que moi, puisque il a approuvé mon livre des Etats d'oraison... Mais M. de Chartres n'est pas entré aussi avant que moi dans l'explication et dans les suites de ces beaux principes. Vous verrez bientôt une réponse par lui sous le nom d'un théologien qu'il a mis en œuvre, n'ayant pas le loisir de travailler lui-même :

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