L., XXVIII, p. oo
LA DUPLICITI5 PRKTENDUE DE FKNELON 287
Rien, presque rien, sinon que de 1087 k 1688, l)bé de Fénelon, déjà soupçonné de quelque tendresse pour la « Guyon», était célébré jusque par delà nos frontières comme un défenseur masqué de Molinos. On mesure aisément l'eifet de cette bombe. Hossuet n'était donc pas le premier à croire Fénelon ijuiétiste, molinosiste et des plus pervers. C'étaient là de vieilles nouvelles, un secret répandu depuis plus de dix ans. Loin de reprocher à Tévêque de Moaux l'aveuglement de son zèle ou l'outrance de ses iHaques, il fallait plutôt s'étonner qu'il eût attendu ongtemps avant de dénoncer un pareil scandale. Confesserai-je un oubli soudain de toutes les dates et un excès de crédulité, cette tranquille affirmation me lit peur quand je la rencontrai pour la première fois. Voilà, me disais-je, un symptôme alarmant. Bossuet exagère, sans aucun doute, mais il n'a pas inventé cela de toutes pièces. 11 faudra voir de plus près. Rome aussi donna dans le piège. L'abbé ravi écrit à son oncle.
Il serait bon d'avoir ici en mains l'écrit des protestants anglais publié dans le temps de l'affaire de Molinos... cela a FRAPPÉ LES CARDLNAUX (10 décembre 1697').
Pendant que la lettre circule à Rome, la nouvelle se répand de vive voix à Versailles, jusqu'au jour oii elle éclate à nouveau dans la Réponse aux remarques sur la relation (1698), mais tellement vague et voilée que sans le texte formel de la lettre clandestine, il serait impossible d'en contrôler l'exactitude.