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L., XXIX, p

288 APOLOGIb: POUR FENELON

Les étrangers même savaient que M. l'abbé de Fénelon n'était pas ennemi du quiétisme^.

Pourquoi, en France, ne parle-t-il pas franc et ne traduit-il pas simplement sa phrase latine? Est-ce parce que celle-ci, n'étant pas destinée à Timpres* sion, il n'aura pas à en répondre devant le public? Si l'arme est loyale, qu'il la sorte et l'enfonce jusqu'à la garde, si elle est empoisonnée, qu'il la jette !

Quoiqu'il en soit, le public n'est pas allé questionner ces témoins dont on ne lui donnait pas l'adresse. Mieux informés que nous sommes, allons sonner chez ces étrangers.

Il a paru en 1688, à Amsterdam, chez Wolfgang et Savouret, un petit livre intitulé : Recueil de diverses pièces concernant le quiétisme et les quiétisteSy ou Molinos, ses sentiments et ses disciples^. Le livre contient divers écrits de Molinos, deux lettres apologétiques et à la fin l'extrait « d'une lettre anglaise écrite de Rome en Hollande au sujet des quiétistes, le 15 de juillet 1687 ^ ». Il n'est ques^ tion de Fénelon que dans ce dernier morceau. L'ai teur de la lettre, après avoir défendu les molinosist(

1. Réponse aux remarques, art. VII, § III; Lâchât, XX, p. 23î Gosselin, quand il renvoie à ce texte, le place au paragraphe de l'article 7 qui ne contient pas de paragraphe 16. Chose curieust M. Crousié fait la même faute, II, 64. Qu'on me soit indulgent s'il m'arrive de me perdre aussi dans cette forêt. Notons que Bossuet se contredit à la même page. « Mais par qui était-il accusé? Par le public ? 11 n'avait pas encore écrit ». Réponse : par les étrangers eux-mêmes qui savaient, etc.

2. J'ai en main l'exemplaire de Turretin, acheté par le marquis deMéjanes. Bibl. Méjanes, 8% 12848.

3. Est-il besoin de rappeler aux lecteurs qu'en 1687, Féneloi n'avait rien publié que VEducation des filles et ne connaissait p« encore M*"* Guyon ?

sur d'autres points, passe au reproche d'hypocrisie. Loin de mériter ce reproche, écrit-il.

Ils ont fui autant qu'il a été possible les dehors afTectés. Ils ont évité toutes les pratiques extérieures dont on pouvait sôloigner sans scandale '.

Arrive alors^ par une suite logique, hi ligne exploitée par Bossuet.

Les quiétistes avaient en horreur les superstitions romaines, et ils voulaient les ensevelir dans 1 oubli ; en ne les ensei- ^'iiant et ne les pratiquant point, aussi bien que fait l'abbé de

I KNELON-.

La marge nous renvoie à la page 144 de ÏEducation des filles. Bossuet, qui sait pourtant que plueurs protestants ont l'habitude de travestir les ■nsées les plus cathoHques, ne s'est pas donné la .'ine de recourir à cette page qui devait pourtant contenir la preuve décisive de ce molinosisme précoce. Voici la preuve.

Il ne faut jannais laisser mêler dans la foi ou dans les pratiques de piété rien qui ne soit tiré de l'Evangile ou autorisé par une approbation constante de l'Eglise; il faut prémunir discrètement les enfants contre certains abus qu'on est quelquefois tenté de regarder comme des points de discipline... Accoutumez donc les filles naturellement trop crédules à n'admettre pas légèrement certaines histoires sans autorité et à ne s'attacher pas à de certaines dévotions qu'un zèle indiscret introduit, sans attendre que l'Église les approuve.

C'est tout. Bossuet lui-même ne trouverait pas trace de quiétisme dans cette page. L'auteur du pamphlet n'en avait pas trouvé non plus. L'anonyme, écrit Fénelon à Chantérac,

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