III. — Les MENSONGES
Je diviserai les mensonges reprochés à Fénelon .'Il deux catégories, les petits et les gros. Pour les petits, ne voulant pas fatiguer le lecteur, je me contenterai de la gerbe des peccadilles de ce genre que M. Maurice Masson a réunie'. Ce jeune et brillant écrivain, ne manquant certes ni d'équité ni de sens critique, a du choisir ce qu'il a pu trouver de plus fort en vue de prouver sa thèse qui n'est pas d'établir
tants ont-ils pu imputer d'avance à Fénelon des opinions dont il paraissait alors si éloigné ? Il y a encore là quelque secret qui nous échappe... Ce problème mériterait d'être éclairci si c'est possible » (II, 64). C'est l'histoire de la dent d'or délicieusement contée par Fontenelle. Au lieu de se perdre dans ses propres conjectures, M. Crouslé navait qu'à ouvrir le livre cité par Bossuet. Ce livre est rare, mais on le trouve, même à Paris. En vérité, nos maîtres ont d'étranges façons, en fait de méthode critique. Rêver est bon, lire les textes est meilleur. Il y avait là pour un vrai critique, un joli problème : pourquoi le pamphlétaire a-t-il fait plus de place — deux mentions au lieu dune — à Fénelon qu'à Bossuet? Voici peut-être. La lettre anglaise est du 15 juillet 1687, le privilège pour Y Education des filles du 21 février 1681. Que l'auteur de la lettre vécût à Rome ou à Paris, le livre de Fénelon était une nouvenuté. Écrivant peu après l'avoir lu, on conçoit qu'il lui ait fait un peuplas de place. Tout l'extrait est d'ailleurs curieux. Je signale à M. Rébelliau la page 301 qui le regarde. Que s'il fallait à ma thèse un surcroit d'évidence, j'ajouterai que de l'aveu de 1 auteur lui-même tout le passage est une digression (p. 302). Voici encore une ligne lumineuse : « Pour les catholiques, ils savent que les plus habiles de leurs docteurs ne sont pas fort éloignés des sentiments de Molinos, au moins en ce qui regarde les abus Cp. 300 ». Puur le dire en passant, quand je parle de Molinos, je me place au point de vue qui était commun à Bossuet et à Fénelon. Quant à la question en elle-même, elle me semble appeler un supplément d'enquête. Je ne parle pas bien entendu de la doctrine, mais du personnage lui-même. Tout n'est pas clair dans ce procès.