‹ Apologie pour FénelonChapitre 154 sur 250 · Cf. Provinciales, etc · texte numérisé non relu

Cf. Provinciales, etc

impagne catholique contre le jansénisme. En 1710, cette erreur avait reparu, sous un nouveau déguisement, dans la Théologie du docteur Habert. Un livre de plus, c'était peu de chose, mais celui-ci portait Tapprobation de Noailles, archevêque de Paris. Fénelon était alors le prélat le plus en vue de Tépiscopat français. On comprend donc que le P. Le Tellier ait eu l'idée de l'inviter à publier un mandement sur la matière. Pressenti par le confesseur, Fénelon repondit qu'étant donné le rôle joué par Noailles dans l'affaire du quiétisme, le vaincu de 1699 aurait l'air de chercher une sorte de revanche, s'il attaquait un livre approuvé par l'archevêque de Paris. Mieux vaudrait provoquer le zèle des autres évêques en faisant paraître une Dénonciation de Habert composée par un théologien. C'était l'usage du temps. On se rangea à ce parti. La Dénonciation parut, à la grande colère de Noailles. Nous ignorons le nom du théologien, mais nous savons que celui-ci puisa tout à son aise dans les notes de Fénelon. Rendons maintenant la parole au ministère public.

c) D. Se sentait-il sincère en écrivant au P. Le Tellier : « Il est très certain que je n'ai pas fait la Dénonciation (de la Théologie de Habert); si j'en étais l'auteur, je n'aurais garde de la désavouer »; et à la maréchale de Noailles : « Cette Dénonciation n'est de moi ni en tout ni en partie », quand il avait confessé au duc de Chevreuse : « je l'ai lue et un peu corrigée; elle n'est qu'un tissu de morceaux pris de moi? »

R. M. Masson nous donne ici, je l'espère, non pas un résumé de ses propres études critiques, mais, telles quelles, les conclusions du très médiocre livre de M. Le Roy. Voici, côte à côte, les deux lettres qui

APOLOGIE POUR PKNELON

le scandalisent et qu'il aurait dû lire dans le texie original.

A la maréchale. A Chevreuse.

Cette Dénonciation n'est de moi ni en tout ni en partie.

Le dénonciateur a pu prendre dans mes écrits quelques raisonnements et quelques expressions... Il est vrai que j'ai su qu'un théologien écrivait pour la Théologie (de Habert)... Quoique je n'aie aucune part à la Dénonciation, je ne crains pas de dire que je l'ai crue bien fondée et nécessaire \

J'ai écrit au P. Le Tellierl une grande lettre ostensible...

Pourquoi me mettre sur le} ton de justification sur unej chose que je n ai pas faite ?...[ Il est vrai que je n'ai pas faitl la Dénonciation, mais je l'ail lue et un peu corrigée; elU n'est qu'un tissu de morceau:

pris de moi 2,

Comme on le voit, il n'y a pas de réelle contradiction entre les deux lettres, lorsqu'on en lit le texte intégral. Même « confession » de part et d'autre. Soit qu'au lendemain de TafFaire, il s'en explique librement avec le plus intime de ses amis, soit que, un an après, il s'adresse à la belle-sœur de l'archevêque — autant dire à Noailies lui-même — Fénelon leur dit à tous deux la même chose. // n'a pas fait la Dénonciation. Moins honnête et plus timide, il aurait pu s'en tenir là dans sa réponse à la marécliale.

Direz-vous qu'il use de restriction mentale? La chose n'a souvent de monstrueux que le nom. Mais enfin ce serait une restriction mentale accompagnée d'éclaircissements qui la rendraient inutile, un rébus suivi de sa clef. La restriction porte sur ce mot :

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