F., YIIl, p
Tels sont les faits. Reste à savoir s'il est difficile de i concilier avec les paroles de Fénelon. Le mandent est de juillet 1710. Deux ans après, le juin 1712, dans cette lettre à la maréchale dont us avons déjà cité un fragment, Fénelon s'exprime isi :
Vous m'apprenez, Madame, qu'on a' assuré M. le cardinal de Noailles que j'ai eu part aussi au mandement des évêques et qu'il ne s'est rien fait sur ce sujet que de concert avec moi. Non, je n'ai eu aucune part à ce mandement; si j'y avais part, je le dirais sans embarras; les évêques ne m'ont point consulté sur cet ouvrage ; il n'y a eu aucun concert entre eux et moi. Je n'ai vu ce mandement que comme le public et après son impression. ..^
Si l'on part de cet axiome que Fénelon est un maître fourbe, on insinuera quelque restriction mentale sous chacune de ces lignes. Je crois, au contraire, que Fénelon ne cherche pas même à feindre. Dans quel but Taurait-il fait? Pour ne pas se compromettre aux yeux de Noailles? Mais il vient précisément, dans un autre paragraphe de cette lettre, d'avouer une quasi collaboration à la Dénonciation, laquelle n'avait pas moins irrité Noailles que le mandement. En somme il a plaidé coupable sur ce premier point, pourquoi décliner sur un autre point une responsabilité analogue, s'il croyait le moins du monde l'avoir encourue? 11 a défini plus haut le sens assez large qu'il donnait au mot « avoir part ». Savoir par un ami qu'un mandement se prépare, en connaître par la même voie la teneur générale, approuver les réilexions orales du correcteur,