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F., VIII, p

302 APOLOGIE POUR FKNELON

Masson, vous dont je goùLe si fort le jeune et riche talent, est-ce bien vous qui parlez ainsi *?

I 2. — Les grands démentis,

La scène devint plus triste pour les gens de bien lorsqu'ils s'attaquèrent mutuellement sur les faits et qu'ils publièrent dos relations contraires, où, comme il était impossible qu'ils dissent tous deux vrai^ on vit avec douleur, mais avec certitude, qu'il fallait que l'un des deux dît faux; et sans examiner ici de quel côté était la vérité, il est certain au moins que l'archevêque de Cambrai sut se donner, dans l'esprit du public, l'avantage de la vraisemblance 2.,

Est-ce parce qu'il avait peu de goût pour Fénelon, est-ce pour une autre cause que d'Aguesseau ne veut

1 . Je ne pouvais que donner un spécimen de ce genre d'accusation et, pour cela, j'ai préféré m'en tenir à l'auteur le plus rérent parmi ceux qui comptent. Les autres mensonges libéralement prêtés à Fénelon sont à peu près de même sorte. Si j'en avais trouvé de plus graves et de mieux établis, je le dirais. M. Grouslé reste la grande autorité en la matière. Cf. par exemple, II, 191, 192 : Fénelon a-t-il agi sur l'ordre ou simplement avec la permission du roi ? Dans l'espèce, cela vient à demander si l'on est menteur quand on se dit mille fois reconnaissant. M. Crouslé estime f]ue 800 fois serait suffisant. Autre exemple : P^énelon a-t-il pu altirmer, en toute franchise, qu'il n'avait lu de madame Guyon que les imprimés? M. Masson le connaît trop pour ne pas lui rendre presque justice sur ce point. C'est la sainte et non pas l'auteur que Fénelon admire en elle. Entre nous, je suis certain — et M. Masson tout comme moi — que cette plume intarissable l'agaçait plutôt. Mais le moyen d'expliquer ces choses aux bossue listes ? Nous avons tous reçu de quelque romancière débutante un manuscrit en trois volumes sur lequel on voulait avoir notre avis. On parcourt ce monument ; on s'arrête à une page au hasard et on renvoie à l'auteur avec les compliments d'usage. Sauf les cas do nécessité, Fénelon ne lisait que l'exquis. On se ferait lapider si on disait que Bossuet a fait beaucoup plus d'atteution que lui aux ouvrages de madame Guyon. C'est vrai pourtant. Citons enfin, dans le livre de M. Delplanque, l'histoire du carton (325-331). proprement parler, je ne vois pas là un mensonge, mais beaucou] d'entêtement et une peur maladive d'avouer la moindre variation.j

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