‹ Apologie pour FénelonChapitre 176 sur 250 · Revue Bossuet, 25 juin 1906, p · texte numérisé non relu

Revue Bossuet, 25 juin 1906, p

• lo quelle étrange façon M. Levesque résume tout ce (|u'on vient de lire.

Malgré cette inexcactitude d'expression, par le fait d'un . sumé trop sommaire, au fond ce que Bossuet veut dire c'est qu'aucun des trente-quatre articles ne fut rédigé, dressé par 1 t>neIon lui-même; ils le furent tous en effet par les trois examinateurs seuls, sauf peut-être le dernier article sur lequel, .'tant présent à la conférence, Fénelon put avoir une certaine part à la rédaction.

De bonne foi, où est l'artifice? Non, mille fois non, (0 n'est pas là ce que Bossuet a voulu dire. Fénelon n'a jamais revendiqué cette collaboration au sens étroit, mécanique et j'allais dire, pharisaïque du mot. Une ligne de lui vous enlève ce subterfuge.

Il est vrai que les conférences furent faites sans moi.

A la mise aa net, à la rédaction définitive, sauf pour le dernier article; il n'a eu aucune part. Il n'a pas dicté les mots, pas plus qu'il n'a tenu la plume. Si c'est là ce que prétend Bossuet, à merveille, mais dans ce cas, était-ce la peine de faire tant de bruit? On entendait porter de bien autres coups. On affirme que Fénelon a obéi « sans examiner », qu'aux restrictions proposées par lui on n'a pas cru « devoir s'arrêter » ; qu' « on ne jugea jamais à propos de lui demander ses sentiments sur aucun des articles. » La copie incomplète qu'on affirme que Fénelon n'a jamais reçue des mains des commissaires, M. Levesque sait pertinemment que Fénelon Ta reçue. M. Crouslé se rendrait à de telles évidences et M. Levesque ne se rend pas.

Il m'en coûte beaucoup de harceler de la sorte un homme de tant de science, d'une courtoisie et d'une

modestie sulpicienne. Mais après ce qu'on vient de] lire, peut-on comprendre les réticences, la gône constante, du fameux article de M, Levesque? On dirait] que celui-ci s'excuse de rendre justice à Fénelon. Ilj se propose, dit-il au début, de « rectifier quelques erreurs de détail )>. De détail, juste ciel, un tel démenti ! Aux menus faits dont ses inédits vont nous aider à saisir le sens, (( les historiens et les critiques qui ont accusé sévèrement Fénelon (n'ont pas) toujours prêté une suffisante attention » . Quand il en vient au débat sur la quasi-confession, il ramène tout « à un mouvement d'émotion et de susceptibilité de Fénelon ». Si pour le projet des trente articles, il reconnaît que les inédits ce confirment... les assertions de l'archevêque de Cambrai », il ajoute bien vite qu' « il n'y a rien à... conclure de là, contre les affirmations de Bossuet ». « Au fond, sans doute, les réclamations (de Fénelon) étaient justes puisque nous verrons bien qu'on y fit droit. » Enfin éclatent les conclusions conciliantes, les deux lutteurs renvoyés dos à dos avec un petit sermon sur la douceur et le calme.

Je voudrais bien consulter le spectre de Bossuet sur cet aphorisme : In îuedio stat veritas. Mais enfin,

Nous ne croyons pas qu'il y ait de part ou d'autre de la mauvaise foi, de l'imposture...

La présente étude... décharge Fénelon sur quelques points (oh! si chétifs!) où dans ces derniers temps ont porté de^ sévères accusations. Ce n'est pourtant point un plaidoyer en sa faveur qui a été tenté (Dieu garde ! comme on dit dans mon pays), mais on remarquera que si ce simple récit a eu ce résultat, c'a été d'autre part sans charger aucunement bossuet... Une fois de plus se vérifie cet adage : in medio stat veritas qui n'est pas moins vrai que cet autre : in medio stat virtus.

• Ml certains cas, il n'y a pas de milieu possible. C'est lin oui ou c'est un non. Encore un coup, dès que I t'nelon est en cause, on a le droit de tout bouleverser, même la logique, même les règles communes des cours de justice. Le voici, ce terrible homme. H comparait devant ses juges sous le poids de « sévères accusations ». 11 parle. Il montre, clair comme le jour, son innocence. Vous croyez qu'on va l'acquitter simplement, comme il est d'usage en pareil cas. Allons donc! Vous ne connaissez pas les bossuétistes! Fénelon est acquitté avec circonstances atténuantes : la cour l'invite à ne plus pécher. Avais-je tort de dire à la fin du dernier chapitre : tout est permis contre Fénelon?

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