‹ Apologie pour FénelonChapitre 190 sur 250 · L., XIX, p · texte numérisé non relu

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LE PRESTIGK DK BOSSUET 369

lions qu'il me semble qu'on voulait fuir. Fénelon sophiste, c'est possible, mais il le faut prouver et pour cela confondre ses artifices à grand ahan de bonne subtilité. A ce jeu, les presses d'Anisson vont gémir pendant deux années. Si vous reconnaissez la simplicité de l'Évangile dans les écrits de M. de Meaux sur Tamour pur, réjouissez-vous, car vous avez la foi qui fait les miracles, sinon, convenez que de tels écrits méritent la censure des « hommes droits et sensés ». Il en va de même pour la critique. La science de M. Simon est vaine, — je le veux encore, mais vous ne la réfuterez que par une science meilleure. Quel que soit son attrait pour la simplification oratoire, il faudra, bon gré mal gré, que Bossuet se montre plus subtil que Fénelon, plus érudit que Richard Simon.

11 ne l'est pas et notre instinct paresseux l'applaudit de ne pas l'être. Nous avons soif de lumière et de certitude prompte. Dans le tunnel oii nous tâtonnons, que cet héroïque chef de file nous crie qu'il volt le soleil, et nous le verrons d'abord avec lui.

Il n'y a en ce point aucune difficulté ni aucune partie de la Tradition qui soit plus claire que celle-ci ^ .

Croyons-le, si nous pouvons, mais, le premier saisissement passé, qui pourra le croire? De quoi )arle-t-il? De l'enseignement des Pères grecs et atins sur le péché originel. En vérité, si rien n'est )lus clair, où trouvera- t-on jamais de ténèbres? Non,

1. Mémoire sur la Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques , G., V, p. 731.

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ce n*est pas clair. La difficulté que Bossuet tranche d'un mot n'est pas insoluble, mais elle est réelle, témoin le nombre de savants qui ont tant peiné pour la résoudre. Mais que citons-nous les savants? Nous oublions le beau passage qui dans la personne de Grotius les condamne tous.

Grotius a toujours voulu être trop savant et il a peut-être déplu à celui qui aime à confondre les savants du siècle. C'était son défaut d'établir toutes ses maximes les plus certaines par des éruditions d'une recherche infinie, et Dieu peutêtre voulait nous faire entendre que cette immense multiplicité de passages à propos, et hors de propos, n'est qu'une ostentation de savoir aussi dangereuse que vaine, puisqu'elle fait qu'un auteur s'étourdit lui-même ou éblouit ses lecteurs; au lieu que tout consiste en effet à s'attacher aux principes d'une saine et précise théologie dont ces grands savants ne s'avisent guère *.

Entendit-on jamais pareil crépitement de sortilèges? Tout est vrai et tout est faux dans cette page. On n'est jamais trop savant. Le Dieu des simples et des petits ne prend pas plaisir à aveugler les bons travailleurs. On n'arrive à aucune érudition sans des recherches infinies, et depuis Origène et saint Jérôme, l'Éghse encourage l'érudition; les savants ne sont pas nécessairement plus vaniteux que les ignorants, et quant aux immenses multiplicités de passages, toute la question est de savoir si ce déluge de citations vient à propos ou hors de propos. Un orateur s'étourdit lui-même avec un seul texte, il en faut cent à un érudit pour arriver à ce résultat. La question ici encore est de savoir si les cent textes prouvent ou non ce qu'on prétend qu'ils prouvent. Enfin il

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