Le style prophétique et dominateur
C'est ainsi, écrit le P. de la Broise, que Bossuet appuyé sur l'Ecriture reprend ses adversaires d'un ton de maître et paraît toujours les tenir terrassés. Leibniz lui écrivait un jour : « Il me semble. Monseigneur, que l'habitude que vous avez de vaincre vous fait toujours prendre des expressions qui y conviennent. » Il avait remarqué avec beaucoup de justesse (et peut-être, mon R. Père, avec un peu d'ironie), l'air triomphateur de Bossuet dans la discussion et sa parole « impérieuse et dominante. » C'était habitude de vaincre, c'était aussi habitude de se servir des termes de l'Ecriture et de « se donner de l'autorité en faisant parler Dieu^ ».
Voici un exemple :
Les Sociniens triomphent. Ils font la loi aux faux critiques jusque dans le sein de l'Eglise ; la ville sainte est foulée aux pieds, le parvis du temple est livré aux étrangers et des prêtres leur en ouvrent l'entrée.
Un de ces prêtres s'appelle Jean Maldonat. Le P. de la Broise semble l'avoir oublié.