‹ Apologie pour FénelonChapitre 210 sur 250 · Ib., G., V, p · texte numérisé non relu

Ib., G., V, p

la circonstance était grave, et qui dépasse en luté nombre de pages plus célèbres. Déjà frénnisit, l'auteur se possède pourtant et ne dit que ce qu'il ut dire. 11 sait la gravité de la manifestation qu'il faire et se pose le cas de conscience que nous us posons encore aujourd'hui, le même problème

0 la casuistique de Pascal avait négligé de résoudre int la publication des Provinciales. Est-il prudent, -il honntHe de faire le grand public juge de

, reilles questions, de soulever le voile du sanctuaire au risque d'introduire l'ennemi au cœur de la place? Si dangereuse que semble Terreur que l'on veutcom- ' ttre, les simples fidèles ont-ils à connaître de ces

oses, et, d'autre part, pour quelques âmes que [on guérira peut-être de leurs illusions, ne va-t-on jias jeter le trouble dans plusieurs autres, déjà trop liiuleversées par leurs propres scrupules? Bossuet a

bien senti la responsabilité de son acte qu'il est le

mier à dire à ses dirigées : ne vous arrêtez pas à lies livres sur le quiétisme; les illusions que j'y 1 énonce ne vous menacent en aucune sorte : je

li pas écrit pour vous*. Nous savons aussi par des

inoignages considérables que la controverse du

aiétisme a eu des conséquences désastreuses dans

I iiistoire du mysticisme français. La campagne a

iité cher à TEglise, je le montrerai plus tard.Main-

iiant, laissons-le parler :

Parmi tant de différentes pensées qui se forment sur ce at dans tous les esprits, comment empêcherai-je la profa-

. a Je vous envoie mon ordonnance (contre M"» Guyon), écrit-

1 l'une d'elles : je sais qu'il n'y a rien contre vous. Je vous d(5fends le croire ni que vous soyez dans aucune erreur ». G., Xf,

nation du mystère de la piété que le monde ne veut pj goûter?

Voilà qui est net. Vous attendez, haletants, la réponse. Un tel homme ne pose pas de telles questions sans les résoudre. Ecoutez :

Dieu le sait, et

C'est un peu court, mais ce « et » nous annonce sans doute plus de lumière. Non, ce « et » n'est que Tamorce d'une diversion très adroite mais aussi très décevante.

Dieu le sait et il sait encore l'usage que je dois faire des contradictions ou secrètes ou déclarées qu'on trouve sur son chemin et où l'on ne voit que trop que les esprits prévenus se passionnent d'une étrange sorte pour leurs sentiments.

Vous voyez de quel bond soudain il se tourne contre Fénelon. Nous voulions savoir pour quelles raisons décisives Bossuet se résignait au scandale des simples et aux railleries des hbertins; il nous répond qu'il se résigne aux violences de M. de Cambrai.

Marchons donc avec confiance et n'épargnons rien pou| prévenir le venin d'une doctrine... etc., etc.^.

Autre exemple, plus lyrique, et, qui, celuin'est que réjouissant — le mot ne paraîtra pas tr< fort.

Croit-il (Fénelon) avec ses paroles éblouir le monde jusqu'à lui faire oublier une cabale qui se fait sentir par toute la terre ? Croit-il que quelqu'un ignore les intérêts, les engagements, les espérances qui ont commencé cette affaire [les

1. Inslruction, éàition 1697, p. III. Je n'ai pas besoin de rappeler que ce livre n'est pas écrit directement contre Fénelon ; mais qui ne voit qu'il le vise déjà?

pcrances d'un homme qui résiste à madame de Maintenant) y et l. s ressources qu'on attend encore pour la rétablir... Il veut mettre pour lui la pitié : je suis sew/, dit-il ; c'est ce que ne dit jaiuais un évêque, défenseur delà vérité catholique, et l'Ecri- ' ire lui répond : Vœ soli! Malheur à celui qui est seul, car st le caractère de la partialité et de l'erreur. M. de Meaux ( lilié du roi) est en état de se faire craindre. Puisqu'il m'y force, |i' lui dirai aux yeux de toute la France, sans crainte d'être ' menti, qu'il peut plus avec un parti si zélé, que iM. de Meaux upé à défendre la vérité par la doctrine et que personne lii' craint K

En deux mots :

BossuET. — Vous remuez contre moi le monde et l'enfer. FÉNELON. — Je suis seul.

BossuET. — Vse soli !

Nous avions déjà vu cela dans la fable du Loup et l'Agneau. Encore le lecteur ingénu n'aura-t-il pas remarqué le jeu redoublé qu'implique ce Vœ soli.

Abusant de mes paroles, répond Fénelon, pour me faire dire que je suis seul dans ma doctrine lorsque je dis seulement que je suis sans cabale.

Mais ici, malgré la consigne que je me suis imposée, voulant me donner l'honneur et la joie de le défendre avec mes seules armes, je ne puis me retenir de citer la réplique de Fénelon.

A vous entendre parler, on peut encore moins résister aux puissants ressorts que je remue dans toutes les nations qu'aux prestiges de mon éloquence. Si peu que cette affaire dure, vous me dépeindrez bientôt comme le plus redoutable de tous les hommes... Oii en êtes-vous, si vous êtes réduit à prétendre sérieusement, pour vous justifier, que j'ai dans le monde plus de crédit que vousl Qui vous croira « le plus simple de tous les hommes » quand vous ne craignez point de dire que

1, Remarques sur la réponse, L , XX, p. 292.

j'ai « une cabale qui se fait sentir par toute la terre?... «J^ n'ai pas besoin de répondre. La France entière répon( pour moi. Il ne me reste qu'à souhaiter que le lecteur ne vous croie pas davantage sur mes erreurs prétendues qu'il vous croira sur mon grand pouvoir dans le monde. C'est ainsj qu'en me reprochant d'être subtil, vous poussez la subtilil jusqu'à l'excès absurde de vouloir prouver au monde qu< c'est moi qui suis le plus accrédité de nous deux. Que n( prouverez-vous pas si vous prouvez ce fait contre la notoriété publique'?

g) Gémissements, insinuations et anathèmes

SUR LES personnes.

Ce qu'il y a do dur dans Uossutt.

c'est sa logique.

(Lan.son, Recueil de U'iie^ du XVII' si'ccle, p. 394.)

Nouvelle classe de sortilèges purement oratoires, médisance ou calomnie, l'injure n'étant pas un argument^. Sortilèges, et d'autant plus efficaces que le nombre de ceux qui n'aiment pas à croire le mal est petit. D'ailleurs comment relever le gant! Prêtre, évoque même, comment vous défendrez-vous contre les accusations éclatantes d'un Bossuet? S'il plaît à cet aigle de lire au fond de vos cœurs, de prononcer publiquement sur vos intentions secrètes, à quel tribunal demanderez-vous réparation de cette injure? On ne prouve pas la pureté de ses propres sentiments

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