Réponse aux remarques^ III, Lio, oG
2 Fénelon l'a redit cent fois. « Le texte du livre n'est pas changé par la Relation de M. de Meaux : ce qui était catholique ovant cette relation ne l'est pas moins aujourd'hui. On pourrait (i; tout au plus qu'il ^La Chaise) a connu, par cette lielation, i i > mauvaises intentions; mais mes intentions, quelque mauv.i- qu'elles fussent, ne rendraient pas mon rire hérétique. » F,, !X, p. 499.
LK PRESTKÎE DK BOSSUET 403
( t c'est une des raisons pour lesquelles la justice — luimaine et divine — nous défend de juger nos frères. Il n'y a qu'à se taire et qua laisser passer l'injure. I.crconfiance de nos vrais amis, — la seule, après tout, qui nous importe — nous console et nous venge. Ils ne nous aimeraient pas si nous étions ce qu'on dit. Kn dépit de Hossuet, personne de ceux à l'estime (lesquels ils devaient tous deux tenir, n'a trahi ni 1 énelon ni Richard Simon. Encore une fois, n'allez pas vous représenter ce dernier comme une sorte de renégat cauteleux, vivant en marge de l'Eglise, prudemment inféodé aux libertins ou aux hérétiques. ('.lier à Malebranche, en relation suivies avec plusieurs évêques et autres personnages très orthodoxes, les protestants le tiennent pour un champion de la tradition au moins aussi redoutable que Bossuet, les
itholiques pour un bon prêtre, un peu maniaque et j eut-ètre imprudent, au demeurant tout à fait soumis a l Eglise. Je ne vois à l'abominer cordialement que i^rt-Royal et M. de Meaux, lequel d'ailleurs, dans le privé, ne lui fait pas aussi grise mine que ses livres le laisseraient croire. A la lin, les plus défiants se lassèrent de suspecter cet honnête homme. On connaît cette navrante histoire, l'isolement, l'humiliation -uprôme de l'aigle de Meaux; plusieurs docteurs,
■commandés par lui, se permettant d'approuver un livre de Simon; Bossuet les sommant de rétracter It'ur impriînatur ; les censeurs répondant, avec beaueoup de respect et un peu d'ironie, qu'ils n'agiront pas contre leur conscience; le chancelier défendant à M. de Meaux d'imprimer quoi que ce soit contre un privilège donné dans les formes ; le vieil évèque
fatiguant le roi de ses plaintes et de ses placets,
finissant par accepter un compromis sur une matière
oii il y allait pourtant, comme toujours, de toute
l'Eglise, Bossuet mourant enfin dans l'amertume de
cette défaite, sans penser que le génie prend tôt ou
tard sa revanche, sans deviner que, longtemps encore
grâce à lui, le monde catholique ne prononcera pai
sans quelque terreur le nom de Richard Simon. Il
eu sur Fénelon la même revanche posthume. D'abor
séduits par l'éloquence de Bossuet, les contemporai
qui connaissaient Fénelon n'ont bientôt vu dans L
Relation et autres écrits du même genre que Tou
trance impuissante d'un vieillard aux abois. Mai
quoi? Fénelon mort, le venin du sortilège se réveille
J'ai montré avec quel sans-façon un obscur profes
seur a pu traiter ce grand archevêque. Est-il bie
sûr qu'en France, à cette heure, il n'y ait plus per
sonne à ricaner sur l'amitié de M"^ Guyon et d
Fénelon?
J'ai déjà cité plus de textes qu'il n'en faut po
montrer que je n'exagère rien. En voici quelque
autres et d'abord cette merveille d'insinuation désho
norante :
Nous avons encore à découvrir un autre mystère du livre d( M. Simon ; c'est Tépanchement et, si je puis dire, la secrète exaltation de son cœur lorsqu'il parle des sociniens ^
On a vu plus haut les preuves de cette ivresse socinienne.
Il ne faut pas regarder dans ces superbes manières un orgueil commun, mais apprendre à y remarquer un dessein secret de saper le fondement de la foi 2.