‹ Apologie pour FénelonChapitre 216 sur 250 · L., XXIX, p · texte numérisé non relu

L., XXIX, p

La relation était déjà chez l'imprimeur que Phélipeaux écrivait encore (méditez ce texte ; il est capital) :

On lut dans la congrégation la déclaration du père La Combe {où il avoue son « crime » avec Af™^ Guyon) et la lettre de M. de Cambrai (où il parle de M^" Guyon comme de son amie). Ces deux pièces feront plus d'impression que vingt démonstrations théologiques ou dogmatiques. Voilà les arguments dont nous avons le plus besoin (27 mai 1698) *.

Vous êtes servi, docteur. Le 2 juin 1698, Bossuet écrit à l'abbé :

Ma relation est à la Cour : elle sera foudroyante 2.

Foudroyante, oh! je le crois bien, elle eût ruiné, même trois fois innocent, tout autre que Fénelon. Après tant et tant de pages sur son dévouement aux idées et à la personne d'une femme, est-il rien de plus mortel, pour un évêque, que de s'entendre appeler solennellement, àla face de l'Eglise, et par Bossuet, le nouveau Montan de cette nouvelle Priscille ? Citons-le sans peur. 11 a bien droit qu'on l'entende.

Cette comparaison vous paraît juste et modérée : vous la justifiez en disant qu'il ne s'agissait entre Montan et Priscille que d'un commerce d'illusions. Mais vos comparaisons tirées de l'histoire réussissent mal... Ce fanatique avait détaché de leurs maris deux femmes qui le suivaient. Il les livra à une fausse inspiration qui était une véritable possession de l'esprit malin et qu'il appelait l'esprit de prophétie. Il était possédé lui-même aussi bien que ces femmes et ce fut dans un transport de la fureur diabolique, qui l'avait saisi avec Maximille, qu'ils s'étranglèrent tous deux. Tel est cet homme, l'horreur de tous les siècles, avec lequel vous comparez votre confrère, ce cher ami de toute la vie que vous portez dans vos

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