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G. Lanson : Bossuet, p

LE PREvSTIGE DE BOSSUET 411

les défenseurs de Fénelon doivent s'expliquer une aine fois.

Que Bossuetait consenti de propos délibéré au sens II' plus odieux de cette phrase équivoque, pour ma jiart, je ne le crois pas. Mais je suis encore plus certain que d'autres ont exploité joyeusement cette con- 'ision perfide. Oh! leur bassesse est prudente! Ils clament à pleine bouche contre les abominations (luiétistes, mais ils baissent la voix, ils soupirent, dès (juils parlent delà liaison, de la fameuse liaison dont les actes authentiques et contresignés par le lieutenant (le police, doivent suffire, disent-ils, à trancher la controverse. Qui ne sent ce qu'ils veulent? S'ils ne voient pas et s'ils ne font pas voir quelque différence itre l'amitié de Fénelon pour M'"'' Guyon, et celle de int François de Sales pour sainte Jeanne de Chantai, el espoir fondent-ils sur la révélation d'un secret si aste? Qu'y a-t-il là qui puisse départager les théolons qui, cinq contre cinq, n'arriveront jamais, iiUQs dit-on encore, sans quelque renfort imprévu, ! se mettre d'accord sur les hérésies de Fénelon? yons clairs. Cette liaison qui les passionne, ils 11 ont chance de l'utiliser qu'en la salissant. Ils ne • uleront pas devant cette manœuvre. Ils n'ont pas preuve, et pour cause. Qu'en ont-ils besoin? De eu, plus que suspect, qu'ils ont obtenu du Père La mbe — et qui d'ailleurs ne dit absolument rien sur le compte de Fénelon — ils rapprocheront har- <liment la fameuse lettre de ce dernier à madame de Maintenon — lettre tellement innocente, loyale et Ix'lle que nous ne comprenons pas aujourd'hui qu'un li'jmme de sens ait eu — je ne dis pas l'impudence,

mais l'imprudence d'en faire état. Mais quoi, dari> cette lettre, Fénelon a dit que M'"*' Guyon était son « amie ». Le malheureux! En voilà assez pour le perdre. Bossuet a arraché cette maîtresse pièce des mains de M""^ de Maintenon, en la menaçant des foudres divines, et il l'a passée à ses agents, tout en se réservant d'en tirer parti lui-même. Que ne peut le génie de l'oncle et la perfidie du neveu*? Rappelezvous le passage de Phélipeaux qu'on vient de citer et qui nous montre les cardinaux attentifs à la lecture de ces deux documents : les aveux du Père La Combe, la lettre de Fénelon. Les deux pièces ainsi juxtaposées s'éclairent l'une l'autre, la première explique les réticences de la seconde. M. de Cambrai parle de son amie. Le père La Combe dénonce sa complice. Il s'agit d'une seule et même femme. En latin comme et plus qu'en français, arnica signifie maîtresse, ce Voilà les arguments dont nous avons le plus besoin ».

Eclate maintenant la Relation sur le quiétisme — la Priscille et le Montan, Présentée par un vieillarj qui se trouve à cette heure le plus admiré et le ph autorisé desévêques, l'infernale équivoque fera le toi de Funivers catholique et s'il est d'aventure quelque bonnes âmes pour ne pas comprendre, nos agenl de Rome et de Versailles sauront bien les déniaiseï

1. Un triste procès — de mœurs plus que de doctrine — se jugeait en France à cette heure, le procès du curé de Seure. Les informations sur les crimes vrais ou prétendus de ce prêtre, furent versées, au dossier de Fénelon en cour de Rome le lundi 22 septembre 1690, « l'abbé Bossuet porta au cardinal Spada les informations contre La Combe... l'arrêt du Parlement de Dijon contre Robert curé de Seure. Le pape chargea l'assesseur d*en faire part aux cardinaux. » Phélipeaux, Relation II, p. 142.

A mots couverts, s'entend, mais depuis le temps des ial)liaux, l'esprit français n'a pas besoin qu'on le stimule beaucoup sur ces matières. Quand il s'agit d'une liaison entre un prêtre et une femme, on court spontanément à l'interprétation la plus maligne. Le gémissement que Dieu sait », le « Montan et la riscille », en faut-il davantage pour calmer les scrupules des blasonneurs? Ou le monde n'est plus monde, ou il tranchera Féquivoque dans le sens que vous savez. Quid plura? Parce qu'un noble génie s égare, nous faudra-il reculer devant les évidences les plus limpides? De deux choses l'une, ou Bossuet a voulu cette équivoque, ou il ne l'a pas voulue; s'il la voulue, oii est sa justice; s'il ne Ta pas voulue, 011 est son bon sens?

DK l/ AUTORITÉ IMPRESCRIPTIBLE DE B0S8UET

Si maintenant je consacre les dernières pages de ce chapitre à définir de mon mieux l'autorité imprescriptible de Bossuet, je sais bien que les bossuétistes me prendront pour un jongleur et ne me croiront pas sincère. Entre eux qui façonnent le monde au gro de leur fantaisie simplifiante et nous qui nous résignons à la complexité des choses, l'opposition est irréductible. Qui leur justifierait, qui leur ferait goûter et pratiquer cettesubtilité dont les défenseurs de Bossuet ont pourtant beaucoup plus besoin que les défenseurs de Fénelon^? Aucune àme n'est facile à lire, mais lorsqu'on les aborde tous deux sans trop de prévention, combien Fénelon ne paraît-il pas plus limpid que son rival! Tout se tient chez lui, ses lettr

1. Cf. Brunetière « Si Bossuet a mérité, dans l'affaire M* Guyon, toutes les duretés dont M Guerrier lui est prodigu il n'a pas droit aux grands mots d'éloge emphatique dont M. Guerrier l'accable à la page 486 de son livre. » {Etudes critiques 2° série, p. 33.) Voyons cette page 486. « Tels sont les grands hommes, il leur reste des faiblesses... la gloire ne couvre pas leurs fautes, mais aussi, ce serait une impardonnable injustice que de s'attacher trop aux défaillances, et de fermer les yeux sur leurs services et sur leur génie.. Ils ont encore les pieds sur la terre, n'oublions pas qu'ils ont la tète au [ciel... C'est jusqu'à saint Augustin qu'il faut aller... On est à se demander combien de siècles encore il faudra à l'Eglise de France pour produire un second Bossuet. » La comparaison avec saint Augustin est outrée, mais le reste n'est que mil écrit.

LE PRKSTKiE DR BOSSUET AU)

Intimes s'accordent avec ses écrits publics, sa vie éalise et confirme sa doctrine. S'il n'est pas le Féneion que nous aimons, il faut voir en lui le prince des fourbes, le génie même de l'hypocrisie. Je ne crois pas être plus naïf que le commun des critiques, je pais dire pourtant que de tous les demi-saints de mon ealendrier, aucun ne m'inspire une plus invincible confiance que Féneion. Que mon âme soit avec la sienne aux siècles des siècles ! Bossuet gêne bien autrement ceux qui l'aiment. Mais qui ne l'aime chez nous! En présence de telle de ses lettres, de tel de ses gestes, on est obligé, si je puis ainsi parler, de se cramponner à sa gloire et de se répéter à soi-même que, pour rien au monde^ on ne doutera de lui. Ceux qui ne me comprennent pas n'ontlu de lui que ce qu'il leur a plu d'en lire. Ils n'ont pas contemplé le Bossuet de Mignard. Ils n'ont pas écouté le témoignage des contemporains, je dis, des moins prévenus et de ceux même de son parti. « Il manque d'os », — affirme Tun. — « Il y a un verumtamen », soutient l'autre. Insensiblement, la légende de Bossuet a oublié ce verumtamen du grand Arnauld. Les fautes de Féneion sont d'un gentilhomme. Ou les mots n'ont plus aucun sens, ou il est impossible de parler de la parfaite noblesse de Bossuet. Sa famille et les commensaux de son choix, le jovial Antoine, le lamentable neveu, le fielleux Phélipeaux, le mesquin et bavard Ledieu, a-t-il souffert de cette atmosphère de vulgarité dans laquelle il a vécu, a-t-il repoussé avec le dégoût que nous voudrions les familiarités du neveu et l'encens du secrétaire ? Il plie devant les puissants et souvent il se raidit et s'acharne contre les faibles, une femme

persécutée, un prélat disgracié, des moines impuissants \ C'était son devoir. J'en doute, mais il nous laisse trop croire que c'était aussi son plaisir. Romain, dès qu'il prend la plume, ce i)ourgeois bourguignon, quand le voyons-nous

parcere subjectis et debellare superbos ?

Je le vois au contraire et plus d'une fois piétiner sur les vaincus. Fénelon condamné par Innocent XII, Bossuet ajoutera de son mieux aux humiliations de la défaite : il encourageï*a l'attitude odieuse de l'évêque de Saint-Omer; il rédigera lui-même, à l'assemblée du clergé, les actes de son propre triomphe. « J'ai vu ce matin M. Tévéque de Meaux, bien convaincu qu'il faut laisser M™^ Guyon en prison ». C'est M"'° de Maintenon qui parle, et à la date du 21 mai 1701, c'est-à-dire deux ans après la condamnation des 3Iaxi?nes. Cette femme, si peu généreuse envers les amis qu'elle a abandonnés, ferait grâce peut-être à la prisonnière. Bossuet ne pardonne pas. On ne met en question ni la pureté.du prêtre, ni le zèle de l'cvêque. On demande simplement en quoi il égale l'héroïsme de Nicolas Pavillon, en quoi il dépasse les vertus évangéliques de l'admirable Fléchier. On demande non pas une page de ses écrits — elles le sont presque toutes, — mais une page de sa vie qui soit vraiment grande, et on défie la simpli-

1. Dès la première année de la controverse, il reproche à Noailles d'avoir mis dans un écrit contre Fénelon, quelques paroles courtoises à l'égard de l'adversaire. « J'ôterais ces mots : le ménagement gui est dû au me'rite et au caractère de fauteur. » L., XXIX, p. 201. Noailles, malgré tout, était gentilhomme, il n'accepta pas les corrections proposées par Bossuet.

rite des bossuétistes de nous apporter cette page, on les défie de résoudre sans quelque subtilité le prol)lème douloureux que présente ce contraste entre un style héroïque et une vie ordinaire. Ce qu'ils ne peuvent pas faire avec leurs méthodes, essayons-le avec les nôtres, nous qui ne serions pas dignes de défendre Fénelon si nous abandonnions Bossuet.

Sur quoi repose donc l'autorité indiscutée d'un si -rand homme, quelle est l'exacte nature, quels sont les titres authentiques et les limites de ce privilège? Le lecteur veut-il bien se rappeler une mince fissure ([ue j'ai laissée à dessein dans la première ébauche de mes analyses? Nous disions tantôt que l'infusion du Ivrisme le plus magnifique ne suffisait pas à soulever la science d'un théologien de second plan jusqu'à la hauteur des Pères et des Docteurs de l'Eglise. Cela reste vrai pour tout ce qui concerne l'ensemble .'L le détail des controverses proprement théologiques. S'il s'agit de la doctrine de la grâce, Bossuet n'est pas un Molina; duquiétisme, il n*est pas un François le Sales. Mais le lyrisme, à un certain degré de [)lendeur et de profondeur, brouille tous les ordres, révèle le plus auguste secret d'une âme qui, vue du dehors, semblerait commune, drape d'un manteau royal la médiocrité d'un docteur de Sorbonne, brûle les scories des œuvres de colère et confère au théologien poète, non pas en théologie, mais dans ce qu'on peut appeler le domaine de la penséechrétienne, une sorte d'infaillibilité.

Contre ses pairs, Fénelon, Simon et les autres, en quelque matière que ce soit, mystique, exégèse, théologie dogmatique, l'autorité de Bossuet est contes-

table. 11 vaut ce que valent ses arguments ou ses recherches érudites. Son ipse dixit ne tranche aucune controverse. Mais quoi qu'il écrive, et même lorsque manifestement il se trompe, il reste le croyant par excellence, l'écrivain possédé de l'esprit chrétien ' le plus pur, le héraut de la tradition, et dans un sens i très vrai, pourvu qu'on ne l'outre point, le « catholicisme fait homme » ; je dis : même lorsqu'il se trompe, car alors, il exprime mal sa pensée profonde et s'em- J3arrasse dans des complications qui ne conviennent pas à son admirable, mais simple génie.

Laissez les complications, oubliez si vous le pouvez, l'éloquence; l'analyse des écrits de Bossuetvous ramènera toujours à quelques idées positives très simples, lesquelles ne sont autre chose que les vérités essentielles du christianisme. D'autres, plus curieux, souples à tous les vents de l'esprit, ont à faire effort, soit pour éliminer de leur pensée, soit pour plier à la synthèse chrétienne les richesses que des maîtres étrangers leur ont léguées ou que leurs propres spéculations ont découvertes. Bossuet n'a pas cette peine. En son fond le plus intime, cette merveilleus( intelligence vit de la foi et elle ne vit que de la foiJ

Reprenez votre analyse : appliquez-la maintenanl à découvrir les sources de cette éloquence. Que trou* verez-vous encore? Exactement les mêmes vérités foncières, unique ferment du lyrisme de Bossuet. Cei dogmes dans la contemplation desquels s'absorbi Fintelligence de ce croyant, forment aussi l'uniqui aliment de cet orateur. Bossuet lyrique vit de la foi et il ne vit que de la foi. Pleine soumission de Tes* prit aux vérités du christianisme, exaltation habituels

LE PRESTKiK DK lîOSSUE'l Hi)

(le l'imagination et du cœur en face de ces vérités, (Miand la meilleure activité d'un glorieux génie se

sume en ces deux choses, si celui-ci ne compte

MHt parmi ceux qui gagnent à la foi de nou- N ^ lies terres, il mérite pourtant de siéger à jamais [larmilesdocteurs moins originaux, moinsstimulants, ïnais non moins précieux, en qui l'on entend parler, (Il tel lieu, à telle date, toute l'Église.

Ceci revient à dire que ces vérités simples, claires et fondamentales ne sont pas pour Bossuet des abstractions, des formules vaines — unreal rvords^ dirait Newman — mais au contraire autant de réalités positives, mais la seule réalité, pour ce poète que nous avons vu se mouvoir parmi les réalités inférieures, le monde et la cour, comme dans un rêve. Les saints d'une part, les lyriques chrétiens de l'autre, réaUsent le dogme chacun à leur manière, les uns dans leur vie, les autres dans leurs chants, et cette unique réalité est tout à la fois si belle et si nourrissante que les saints la traduisent spontanément en vrais poètes, et qu'à force de la célébrer dignement les poètes approchent de la sainteté. La vertu de Bossuet ne présente rien d'héroïque; je crois pourtant que son lyrisme ne fut pas seulement chez lui admiration platonique, mais règle de vie.

Retenez ce caractère de réalité, ce je ne sais quoi de concret et de positif que revêt la pensée chrétienne dans l'âme de tout poète chrétien et de Bossuet entre ous. Là est en effet le moyen de discernement que DUS cherchons et qui permettra de ne pas confondre l'autorité presque infaillible de ce docteur avec les sortilèges de ce magicien. Plus en effet il embar-

rasse la simplicité de sa foi dans les complications de la métaphysique ou de la science, et plus nous avons le devoir de discuter le prestige impérieux de sa parole. Dès que ce héraut de la tradition commune franchit les frontières de son empire, redevenu simple docteur de Sorbonne, il n'a pas plus de droit que le grand Arnauld, que Nicole ou que le P. Daniel nous imposer ses décisions. A la vérité, oii qu'il porte, il garde son grand air, et même quand il sul tilise, il écrit royalement. Ainsi le Moyse d'Alfre de Vigny, sublime malgré lui, ainsi Jeanne d'Arc^ toujours héroïque, même quand elle ne suit plus ses voix. Mais il faut se débattre contre cette séduction accablante, il faut regarder sans peur ce prophète qui vaticine encore, appuyé sur ses cahiers de Navarre ou sur les mémoires de ses théologiens, et qui maintenant n'est plus qu'un homme. « Nous sommes mis en sentinelle sur la maison d'Israël pour sonner delà trompette* .» Oui, Monseigneur, mais ce n'est pas au son de la trompette qu'on éclaire, qu'on précise et qu'on résout une question de théologie ou d'exégèse.

Lyrique toujours ou en puissance de lyrisme, et puisque nous avons vu à quels autels sacrés cette flamme s'allume, toujours dans la vérité, oui encore, mais sachons ramener cette flamme aux éléments essentiels d'où lui viennent sa chaleur et sa véhémence. Qui dit : lyrisme, dit : passion, et qui dit : passion, dit : adhésion ardente à quelque objet positif, réel et concret. Un poète aftirme toujours,

1. Instruction sur le Nouveau Testament de R. Simon. G., V, p. 5.

même quand il semble nier; il construit en pensant détruire ; ses anathômes ne sont que le revers d'un acte de foi et d'amour. Ainsi, une àme de vérité inspire immanquablement toutes les polémiques de Bossuet, couve dans ses outrances et dans ses colères. Contre Simon, il veut, il croit défendre la tradition et les Pères ^ contre Fénelon, l'activité de la prière chrétienne. Il s'égare âans doute en leur prêtant à tous deux des absurdités ou des perfidies ; il s'égare dans le détail des explications et des preuves, mais, dans les deux cas, le thème, le noyau, le ferment de son lyrisme est une vérité révélée.

Aussi voyez avec quelle allégresse impétueuse il se rejette sur les grands lieux communs de la pensée chrétienne. Dans la Défense de la tradition et des Pères, dans V Instruction sur les états d'oraison, que de belles pages, longues, mais jamais trop longues, sur l'excellence de la prière ! Le Pater Noster est sa droite balle, si l'on peut dire. Il y revient constamment. Il s'en promet tous les triomphes. Il ne prend pas garde à une petite remarque, pourtant bien simple, c'est que Simon, Molina et Fénelon récitent le Pater tout comme lui. Il triomphe aisément, mais contre qui? Est-il admissible qu'un théologien raisonnable se soit abusé au point de nier sans façon la nécessité ou l'efficacité de la prière? Si l'opposition que Bossuet dénonce en termes dominateurs sautait aux yeux, et Simon, et Molina et Fénelon s'en seraient douté. Que leurs théories à tous trois contiennent quelque germe d'erreur capitale, c'est possible, mais qu'il suffise d'un tel argument pour les réfuter, Bossuet a beau le dire, par-

sonne ne le croira. S'il veut convaincre des espril aussi subtils, et d'ailleurs aussi religieusement soumis à l'Église, il lui faudra bien, coûte que coùte,j avoir recours aux subtilités de la discussion scientifique, descendre du Sinaï, venir en Sorbonne.

Mais en retour, dès qu'une controverse peut se ramener légitimement à quelques points très simples, dès que la foi de ce poète et la poésie de ce croyant peuvent se donner un libre cours, Bossuet parait invincible. Ecoutez-le contre les protestants.

Tout consiste à bien concevoir, six lignes de l'Evangik où Jésus-Christ a promis en termes simples, précis et aussi clairs que le soleil, d'être tous les jours avec les pasteurs de son Eglise jusqu'à la fin des siècles. Il n'y a point la. d'examen

PÉNIBLE A l'esprit HUMAIN : ON n'a BESOIN QUE d'ÉGOUTER, DS PESER, DE GOUTER PAROLE A PAROLE LES PROMESSES DU SAUVEUR DU MONDE 1.

ou encore :

0 vérité de la chair mangée, je vous crois, comme je crws la vérité de la chair prise par le Fils de Dieu ^.

En effet, il n'y a pas à raffiner sur un texte clair, appuyé sur une tradition constante et dont la doc« trine est fondamentale.

Je me perds dans l'égarement des hommes et dans la perversité de leurs voies : parce que je vois qu'ils aiment mieux raffiner sur vos paroles pour en éluder la force, que d'y croi simplement et de vivre ^.

En de tels cas, la simplicité est de précepte. Qui subtilise montre qu'il veut éluder une vérité gênante. Subtilité, fille de i'amour-propre et de l'orgueil, l'intel-

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