‹ Apologie pour FénelonChapitre 22 sur 250 · MADAME GUYON · texte numérisé non relu

MADAME GUYON

un démon incarné, je ne pourrais dire en avoir su que ce qui m'en a paru dans le temps. Ce serait une lâcheté horrible que de parler ambigûment là-dessus pour me tirer d'oppression. Je n'ai plus rien à ménager pour elle : la vérité seule me retient».

Tel est ce qu'on appelle depuis Bossuet le « prodigieux entêtement » de Fénelon. Chaque bossuetiste ou s'en amuse ou s'en indigne, suivant son humeur chagrine ou plaisante. Ce faisant, ils se calomnient eux-mêmes et montrent qu'ils n'entendent pas ce qu'ils disent. C'est par respect pour eux que je parle ainsi.

J'ai choisi à dessein ce dernier texte, parce qu'il fixe d'un mot — « fût-elle un démon » — l'attitude que Fénelon s'est prescrite depuis l'origine du conflit et qu'il a gardée jusqu'au bout. Le suprême argument de Bossuet est de répéter sans cesse le nom de M'"® Guyon. Fénelon n'a écrit les Maximes que pour défendre cette femme ; pour elle encore il tient tête à toute l'Église. Confusion souverainement dangereuse que Fénelon ne se lasse pas de dénoncer. Ses sentiments intimes envers son amie, cela ne regarde que lui. Mais son propre procès et celui de M'"'' Guyon, cela fait deux. Il n'est pas, ne veut pas et ne doit pas être le chevalier d'une femme, comme le souhaiterait peut-être aujourd'hui quelque lecteur romanesque. Ni de sa foi, ni de ses mœurs, il n'est juge, et elle ne Ta pas pris pour avocat^. Que les deux tribunaux compétents décident. Intervenir de sa personne dans le débat — un journaliste du XYiii" ou du XIX® siècle, Voltaire, par exemple,

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