‹ Apologie pour FénelonChapitre 24 sur 250 · Fénelon inédit (Griselle). Etudes, 20 oct · texte numérisé non relu

Fénelon inédit (Griselle). Etudes, 20 oct

3i APOLOGIE POUR FKNELON

couiiaiBsauoe des hommes et — ce qui ne gâte rien — que d'esprit* 1

Après tout, (ju'a-t-elle voulu ? Mettre au service (le Dieu la séduction extraordinaire qu'elle exerçait presque infailliblement sur tout le monde.

Lorsque ces dames étaient dans le monde, qu'elles portaient des mouches, qu'elles mettaient du rouge, que quelques-unes d'entre elles ruinaient leur famille par le jeu et la dépense des habits, on n'y trouvait point à redire. Dès qu'elles ont quitté tout cela, on a crié comme si je les eusse perdues. Si je leur avais fait quitter la piété pour le luxe, on ne ferait pas tant de bruit'-'.

C'est bien là, en effet, non pas la cause principale, mais une des causes de ses malheurs. Elle voit juste, et de cela encore, on la punira. Elle connaît le secret de ceux qui la persécutent, et elle le dit tout haut sans plus de façon que d'amertume.

1. Je ne puis me tenir de citer au moins une lettre d'elle qui montre ce mélange charmant d'enjouement et de ferveur. Elle écrit au duc de Ghevreuse (4 janvier 1694) :

« 11 ïdul pour vous réjouir que je vous apprenne ce qui se dit dans le monde, moi qui ne suis pas du monde... Les uns disent que je suis condamnée au pain et à l'eau, et à une prison perpétuelle; d'autres disent qu'on me tranchera la tête; mais la plus commune opinion est qu'on me fera faire amende honorable devant Notre-Dame, qu'on me coupera le poignet, qu'ensuite on me tranchera la tête ; puis qu'on brûlera mon corps et qu'on en jettera la cendre au vent. Voilà ce qui est le plus de mon goût et qui m'a régalé un jour entier; car enfin, si cela arrivait, je serais véritablement un holocauste à mon cher maître et il ne resterait plus rien de moi... si cela arrivait, je voudrais que tous mes enf'ints fussent de la fête... Si la volonté est réputée pour le fait, chez moi, de l'heure qu'il est, ma cendre vole. Damel Cela serait bien joli, mais je ne mérite pas une si grande faveur. » (F., VII, 17.)

H Ma cendre vole ï>. Ne voyez-vous pas combien cette lettre ressemble à la fameuse lettre du jeune abbé de Fénelon? La Grèce entière, etc.

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