Revue des Deux Mondes, 15 oct. 1909, p
2. 11 faudrait un gros volume pour développer ce paragraphe ui peu pédantesque. Ainsi, par exemple, le peu que je viens de dire amplifié comme il faudrait, nous expliquerait pourquoi Port-Roj'i semble avoir en France une sorte de monopole religieux. Ces pour la même raison qu'on nous croit moins naturellement pieui que telle nation protestante. On ne dira jamais à quel point Fént Ion est un homme de chez nous. Et puis, on devrait aller plui loin, mettre en pleine lumière — mais il faudrait l'érudition et U génie de Petau — l'opposition irréductible où se révèle l'extrèu importance du débat si chétif en apparence auquel nous venonj d'assister. Il s'agit toujours de choisir entre deux conceptions également orthodoxes — du dogme chrétien, je ne dis pas entre credo mais entre la philosophie plus profonde de saint Jean ChryJ sostome et de saint Augustin. Il s'agit de s'entendre sur la fameus
avec le Père de Caussade, que même dans ses écrits de
controverse anti-quiétiste, il admettait « confusément
ot par morceaux détachés », la doctrine qu'il trouve
malfaisante et absurde sous la plume de son rival.
Vous conveniez du pur amour, lui écrivit un jour Fénelon r\\ lui rappelant leurs entretiens d'avant la brouille, et vous le poussiez aussi loin que moi dans les épreuves, avec des termes que j'aurais voulu adoucir '.'
Gela est vrai, je le crois du moins, mais nous avons déjà vu que pour connaître la vraie pensée de Bosquet, il fallait négliger les écrits polémiques et spé-
ilatifs et se renfermer dans la lecture de ses Méditations et de ses lettres spirituelles. Il ressemble, sur ce point, aux Pères de l'Eglise, du moins tels qu'il nous les présente lui-même.
Dans la plupart des discours des Pères, comme ils disputent contre quelqu'un qui n'est attentif qu'à prendre ses avantages, ils craignent de dire trop ou trop peu ; mais, dans la prière, ou publique ou particulière, chacun est entre Dieu et soi. On épanche son cœur devant lui et sans craindre que quelque hérétique abuse de son discours on dit simplement à Dieu ce que son esprit fait sentir^.
blessure de l'homme tombé. C'est une théorie particulière de la chute que Bossuet défend contre les subtilités de R. Simon et Simon de son côté, sans se l'avouer peut-être, c'est une autre théorie de la chute qui l'anime dans son travail critique sur les Pères. Et moimême, si l'on veut bien me permettre de parler de moi, quand je me demande pourquoi cette vieille histoire me passionne, pourquoi je me suis voué à Fénelon, je trouve aisément mille raisons de surface : colère contre l'injustice de plusieurs; séduction d'un talent et d'une âme ; peur de l'éloquence ; refus de plier les genoux avant de bien savoir ce que j'adore ; goût naturel pour la dissection des sortilèges, etc., etc. mais la dernière raison c'est que je me raidis de toutes mes forces contre une certaine conception de raugustinisme.cellede Janseniusqui, les cinq propositions xcepté me paraît être celle de M. de Meaux.