F. IX
Du reste, pour bien connaître su pensée profonde, lui-môme il s'en rapportait volontiers à ses propres lettres spirituelles.
Gardez cette lettre, écrivait-il à madame d'Albert, dont il faudra peut-être un jour m'envoyer copie, aussi bien que de la précédente. Quelquefois on me consulte en général sur Toraison et je sens que je ne réponds jamais mieux que lorsque je parle à celles à qui Dieu me rend redevable. Car alors c'est son onction qui m'instruit '.
Un admirable passage nous rend sensible cette transposition du problème métaphysique dans l'ordre de la pratique pieuse. Accablé par une difficulté qu'il n'arrive pas à résoudre, le pliilosophe dispute encore sur et contre le pur amour au moment môme où le chrétien en produit les actes.
Vous avez tout dit, ma fille, par ces mots : ce n'est pas le plaisir d'aimer, c'est aimer que je veux.
Sur quoi, je vous prie déjà de remarquer deux choses, la première qu'ici, comme très souvent, il est mis en branle par une pensée étrangère, la seconde que, pour la circonstance, cette pensée est toute fénélonienne.
Tout consiste à pénétrer cette vérité qu'il faut aller à Dieu] pour ainsi parler en droiture, et s'en remplir tellement qu' n'y ait plus de retour sur nous.
11 accorde donc tout ce que Fénelon demande. Il ne va pas se dédire et cependant il tâchera, dans ce qui suit, d'harmoniser son système particulier sui le goût de Dieu, sur le désir constant et nécessaire de la délectation pieuse, avec le système de Fénelon,