G., XI, p
Je vous répète vos paroles : je ne sais point distinguer le goût de Dieu de Dieu même : il me semble que le goût de Dieu que j'éprouve n'est qu'un amour de Dieu qui unit à lui et qui le fait posséder.
« Union » et donc « possession », il n'y a pas d'amour sans cela, mais il y a une possession de Dieu sans goût, et même accompagnée de ce goût, Fénelon dirait que ce goût n'est pas la fin suprême de l'acte d'amour.
Et ce n'est, ce me semble, que parce que je l'aluie que je prends du plaisir à l'aimer.
Après ce débat naïf et touchant, où il subtilise tout comme M. de Cambrai, il se rend sans plus de réserve.
Et enfin ce n'est point le plaisir que je veux, je veux seulement aimer '.
Combien cette hésitation n'est-elle pas plus sûre que les tranchantes affirmations du polémiste? D'ailleurs, grâce àronclion qui le pénètre, nous le voyons souvent qui n'hésite plus.
11 fiiudrait ici — ceci est dans le sermon pour la profes-
ion de madame de La Vallière, — vousdécouvrir la dernière , erfection de l'amour de Dieu; il faudrait vous montrer cette Irae détachée encore des chastes douceurs qui l'ont attirée à Dieu, et possédée seulement de ce qu'elle découvre en Dieu même, c'est-à-dire, de ses perfections infinies -.
« Possédée », mais sans en jouir et donc sans
même savoir qu'elle est possédée, et donc sans cher-
her cette possession pour elle-même; cela était si
clair en 1673; Fénelon aurait-il perverti ces belles
idées en les adoptant?
1 G., XI, p., 431. La lettre est de 1693. donc Irès antérieure aux Maximes.